Salon des entrepreneurs 2015

Exploitations… médiatiques !

Les terres normandes, théâtre du débarquement d’agriculteurs atrabilaires. L’histoire en prendra acte. Pas une surprise cependant. La Normandie est considérée comme le deuxième bassin laitier de l’Hexagone, avec un sixième du lait français collecté et transformé dans les usines de la région et une proportion similaire du cheptel domestique de vaches laitières qui s’y trouve implantée. Sans omettre l’ubéreuse filière bovine normande, dont le poids dans la production de viande est réel. Aujourd’hui, ces agriculteurs expriment leur ras-le-bol, apparié à une inquiétude persistante sur le devenir de leurs exploitations aux trésoreries exsangues. Les raisons de la colère ? Des prix de la viande et du lait trop faibles, à l’heure où les éleveurs doivent relever le défi de la compétitivité, en modernisant une profession soumise aux diktats de la « méchante » grande distribution et d’industriels viscéralement arcboutés sur leurs marges. Un challenge de taille dans une économie de plus en plus mondialisée, qui met en lumière la cherté des productions de viande françaises en comparaison à celles des voisins européens.

Pour communiquer leur désarroi, quasi un désespoir, les agriculteurs osent des actions coup de poing, d’envergure. Des blocages de villes. Hier, Caen ou Quimper. Désormais, Lyon et Clermont-Ferrand pour Rhône-Alpes, gangrénée par le mouvement. Des sites industriels interdits d’accès, à l’image de celui de Lactalis, l’un des spécialistes de la transformation du lait, sis à Andrézieux-Bouthéon dans la Loire. Ici, on déverse du fumier ou du béton. Ailleurs, on brûle des pneus. Mais partout, l’économie est défavorablement impactée. Lyon bloquée, touristes décontenancés, commerçants désabusés…

Si la colère des agriculteurs trouve un écho auprès du grand public, relayée par la presse dans sa globalité, sollicitée avec force par la FNSEA et ses déclinaisons départementales, qui ont compris l’impérieuse nécessité de la médiatisation de leur mouvement et de l’efficacité de ces relais afin de porter « leur » (bonne ?) parole, leurs actions sont symptomatiques d’un état d’esprit qui peu ou prou s’impose : celui du rapport de force. Je bloque, tu m’écoutes, il agit, nous gagnons, vous cédez, ils paient ! Les routiers avaient ouvert (ou plutôt fermé…) la voie, montrant leur résilience lors du premier trimestre de cette année, avec des opérations escargot et des points de blocage disséminés en un maillage efficient, afin d’alerter sur leurs bas niveaux d’émoluments. Les taxis mobilisés contre UberPop, paralysant les aéroports. Les récurrents débrayages dans les transports ferroviaires et aériens, pour défendre l’emploi ou pour exiger des hausses salariales. Du classique en somme… Devant la colère des agriculteurs, le gouvernement a cultivé l’urgence, dégainant un (énième) plan au contenu hétéroclite : des allègements de charges, une restructuration de la dette des éleveurs en grande difficulté, des aides à l’exportation… Le tout sur fond de patriotisme économique, comme en atteste la mesure phare, la création d’une marque « Viandes de France », garantissant l’origine et la traçabilité des viandes hexagonales. Label affaire ! Il s’agit ni plus ni moins que de réactiver un étiquetage existant, dont l’efficacité a été sérieusement remise en question depuis sa naissance. Au cœur de la tourmente, Stéphane Le Foll a timidement précisé que ce dispositif serait généralisé et développé. Et nonobstant une évidente bonne volonté, l’opacité entoure les souhaits de voir renégocier les contrats de restauration collective dans l’optique de promouvoir l’approvisionnement local ou encore de privilégier les circuits courts. Rien de très clair donc…

Le plan d’urgence constitue une réponse indispensable mais véritablement insuffisante pour un modèle d’agriculture à la française que d’aucuns jugent « structurellement dépassé ». Le divorce entre agriculteurs et le ministre de tutelle n’est pas encore consommé. Ces derniers entendent exercer une vigilance accrue face aux déclarations d’intention, aux forts accents médiatiques, du gouvernement. Ils jugeront sur pièces. Dans un futur immédiat. Une chose est donc certaine : entre eux et leur ministre, l’amour (vache ?) est dans l’après !


L.O

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  • Economie

    - Lundi 27 juillet 2015 à 15h49

    Hervé de Malliard, chef de file des CCEF de Rhône-Alpes

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    Le Pdg de MGA Technologies, à Civrieux-d’Azergues, vient d’être élu président du comité Rhône-Alpes des conseillers du commerce extérieur. Son parcours professionnel international justifie le choix de ses pairs pour succéder à Pascal Nadobny.

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  • Développement Local

    - Lundi 27 juillet 2015 à 15h43

    Le Beaujolais : Un territoire rural au passé industriel

    Illustration actu

    L’Insee publie ce mois-ci une intéressante étude sur le territoire beaujolais, dont voici de larges extraits. Où l’on voit que le territoire est largement placé sous influences démographique et économique de l’aire lyonnaise (Le Beaujolais : un territoire rural marqué par les restructurations industrielles. Insee Analyses Rhône-Alpes n°34 – juillet 2015).

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  • Vie Juridique

    - Lundi 27 juillet 2015 à 15h35

    Université d’été de l’Edara : la fin de vie en question

    Illustration actu

    Au cours de sa récente université d’été, l’Ecole des avocats de Rhône-Alpes (Edara) a connu plusieurs temps forts, dont la venue du président du CNB (Conseil national des barreaux), Me Pascal Eydoux sur le thème « A bâtons rompus avec les avocats », mais aussi la grande conférence de Jean Leonetti sur les problématiques de fin de vie.

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  • Actualités-Loisirs

    - Lundi 27 juillet 2015 à 15h22

    cancérologie : une école rhône-alpes auvergne

    Illustration actu

    Adossé au Cancéropôle Lyon Auvergne Rhône-Alpes (Clara), l’école de cancérologie de Rhône-Alpes Auvergne a commencé à exister le 7 juillet, avec les Oncoriales. Ce rassemblement d’étudiants et de scientifiques, qui vise à dynamiser la recherche contre le cancer, est la manifestation d’une école particulière, « hors les murs ».

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