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« La Percée est et doit rester un événement populaire »

le - - LA 20e percée du vin jaune du Jura

« La Percée est et doit rester un événement populaire »
© : DR

Fondateur de la Percée du vin jaune, aujourd'hui âgé de 73 ans, Bernard Badoz fait partie de ceux qui connaissent le mieux un événement qui réunit chaque année entre 30 et 40 000 personnes. Retour sur les raisons d'un succès.

Comment est née la Percée du vin jaune ?


Lors d’une réunion professionnelle, assise à mes côtés, une journaliste viticole ne faisait pas la différence entre le vin de paille et le vin jaune. J’ai pris en pleine figure le déficit de communication de notre appellation. Dès le lendemain, lors d’une réunion du comité des fêtes de Poligny j’ai proposé la création d’une fête du vin jaune. Nous étions en 1995. Encore fallait-il trouver le concept.

A quel événement fait référence ce concept ?


Je me suis souvenu des mots de ma mère, lorsque mon père procédait à la mise en bouteille du vin jaune : « on va être riche toute l’année ». Il faut se souvenir qu’à une époque où nous ne possédions pas les techniques de vinification à notre disposition aujourd’hui, réussir un vin jaune relevait de la loterie. J’ai pensé à la percée, ce moment où en février on dévoile le jaune vieilli pendant six ans sous voile.

 

Votre proposition a-t-elle eu un écho favorable de la profession ?


Elle n’a guère convaincu. « Tu n’y arriveras pas », me disais mes confrères. Mais comme tour Comtois, je suis têtu. J’ai obtenu le soutien du directeur départemental du Progrès, Jean-Louis Lemarchal  qui m’a aidé à faire la communication. Nous avons organisé des conférences de presse à Lyon, Dijon et Chalon-sur-Saône. Les premiers journalistes nous ont suivi. Vous connaissez la suite.

Pourquoi avez-vous choisi la date du premier week-end de février ?


D’abord parce que, après 6 ans et 3 mois, les vignerons peuvent mettre le vin jaune en perce. Ensuite par ce qu’un vieux diction dit : « à la chandeleur, le froid s’arrête ou on prend de la vigueur ». Cette fenêtre de tir coïncide avec un temps généralement clément. Sur 19 éditions, nous n’avons connu que trois percées pluvieuses et une percée glaciale.

Vous souvenez-vous des premières éditions ?


La première édition de 1997 s’est déroulée à Poligny, la seconde à Arbois, la 3ème à Voiteur où il fallu faire appel aux tracteurs pour sortir les voitures des champs embourbés où elles stationnaient. Je me souviens que très vite la percée s’est enrichie de manifestation annexes, comme la vente aux enchères de vieux millésimes ou le concours des vins jaunes, le fameux clavelinage, qui tient son nom du clavelin, la bouteille de 62 cl dans laquelle est vendu ce vin. Depuis le format n’a pas évolué. Et le succès au rendez-vous. Un succès qu’expliquent des mesures de sécurité draconienne, que nous nous imposons pour éviter les débordements, et des parkings reliés gratuitement par navette avec le lieu de la Percée.

L’année prochaine, il n’y aura pas de Percée. Les organisateurs s’accordent un répit pour réfléchir à son avenir. Qu’en pensez-vous ?


Le concept initial ne changera pas. En revanche, nous réfléchissons à une place plus importante accordée aux animations et à la place des sommeliers. En revanche, je me battrais contre une augmentation du droit d’entrée. La Percée est et doit rester un événement populaire.

 





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