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Edito / Ecrire l'histoire…

le 08 juillet 2017 - Laurent ODOUARD - Editos-Billets

Edito / Ecrire l'histoire…

Au gré de ses interventions publiques, Jean-Paul Mauduy, l'ancien président de la Chambre de commerce et d'industrie de région, dans un phrasé inimitable, s'enorgueillissait d'être autodidacte, opposant à des litanies de diplômes, sa volonté entrepreneuriale et la défense de ceux qui créent.

Cet amoureux des mots n’aurait point renié Pierre Desproges, provocateur lorsqu’il scandait : « Vous avez du talent ? Ne vous emmerdez pas à passer le bac ! » De nombreuses personnalités ont réussi sans le précieux sésame. Des artistes, mais aussi des politiques. Sans omettre des chefs d’entreprise, tels François Pinault ou Jean-Claude Decaux, dont la réussite est un camouflet cinglant à l’endroit des apparatchiks d’une Education nationale désuète.

A l’heure où le monde s’apparente à une sphère des possibles, où les têtes bien faites bousculent les têtes bien pleines, réussir sans le bac, c’est possible ! Certes, mais l’avoir en poche permet de maîtriser son histoire et son futur professionnel ! A l’instar de l’immense majorité des 700 000 candidats – dont 33 501 terminales pour la seule académie de Lyon, bien que cette année, le taux de réussite soit en recul : 78,6 % à l’issue du premier groupe au plan national (- 1 point) et 80,7 % pour l’académie de Lyon (- 2 points). Mais décrocher la mention, c’est encore mieux ! Lui affole les compteurs. Elève en filière ES au lycée La Pléiade à Pont-de-Chéruy (Isère), Titouan a obtenu un 20,81 sur 20. De quoi ouvrir les portes des grandes écoles… Moins en verve, certains iront au rattrapage. Un oral sous tension !

A l’instar de celui d’Edouard Philippe qui, drapé de son costume de Premier ministre, a délivré, dans un style direct et précis, un discours de politique générale pragmatique, « concret, réaliste et clair » diront certains, ne cherchant nullement à minimiser les difficultés, ni à pateliner. La forme ne doit cependant pas évincer le fond. Confirmant une réforme du bac pour 2021 et prônant une synergie vigoureuse entre le lycée professionnel et le monde de l’entreprise, Edouard Philippe a rappelé l’impérieuse nécessité de ne pas franchir la barre des 3 % du produit intérieur brut pour le déficit public.

Pour y parvenir, pas de recette miracle, mais une réduction de la dépense publique sur l’ensemble du quinquennat. Dans la feuille de route, la suppression des charges salariales en contrepartie d’une hausse de la CSG, qui impactera frontalement le pouvoir d’achat des retraités. Mais aussi le report de la réforme de l’ISF et une mise en œuvre – tardive – de la baisse de la taxe d’habitation. Sans oublier des mesures sanitaires : vaccins obligatoires, augmentation à 10 € du paquet de cigarettes, amélioration des prises en charge sur les lunettes, les soins dentaires ou les aides auditives.

Nul doute que Simone Veil, ancienne ministre de la Santé, aurait été sensible à ces mesures ciblant les plus fragiles. La première présidente du Parlement européen, l’Immortelle, sera « panthéonisée ». Elle, la rescapée d’Auschwitz, retrouvera dans la nécropole des Grands, Jean Moulin et quatre autres femmes : des « amies de l’enfer », l’ethnologue Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz, toutes deux déportées à Ravensbrück, mais aussi la scientifique Sophie Berthelot et Marie Curie, prix Nobel de physique en 1903 et de chimie huit ans plus tard. Des femmes qui ont fait l’histoire…



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