Fermer la publicité

« Cézanne, le Chant de la terre » à la Fondation Pierre Gianadda à Martigny (Suisse)

le - - Exposition

« Cézanne, le Chant de la terre »  à la Fondation Pierre Gianadda à Martigny (Suisse)

Une exposition époustouflante d'une centaine d'œuvres du grand peintre français Paul Cezanne (1839-1906) est présentée actuellement à la Fondation Pierre Gianadda à Martigny (Suisse).

Toutes sont issues des plus prestigieux musées et collections privées et publiques du monde entier et, dans ce panorama grandiose proposé aux visiteurs, quelques peintures n'ont jamais été montrées au public, d'autres pas vues depuis le début du siècle dernier. Quatre-vingts peintures et une vingtaine d'œuvres sur papier illustrent l'ensemble de la création du « maître d'Aix » depuis les années 1860 jusqu'à sa mort en 1906 : de très nombreux paysages, des natures mortes, des figures et des portraits, dans lesquels on peut admirer la lumière, le style, les formes, la palette, la technique, en un mot tout ce qui fait considérer ce grand amoureux de la nature comme l'un des pères de l'art moderne.

Bouteille de liqueur cr 83 pola museum of art

Après quelques années d'hésitation Cézanne quitte Aix-en-Provence et arrive à Paris en 1862 pour suivre une formation de peintre. Il y rencontre les impressionniste Guillaumin et Pissarro avec lesquels il travaille, en partageant son temps entre Paris et Aix où il réside chez ses parents au Jas-de-Bouffan. En compagnie de Pissarro il peint sur le motif mais sans jamais le dessiner, car il définit ses formes avec la couleur qu'il juxtapose en aplats (La Côte-des-Jalais à Pontoise 1879-81).

Proche de la nature, ses longues promenades dans la campagne lui permettent de s'imprégner des odeurs et des couleurs de la terre, les verts devenant petit à petit dominants dans ses peintures dès 1880. L'année 1890 marque une évolution dans ses recherches sur la lumière qui devient plus rude pour sculpter sa forme recouverte de hachures, rythmant géométriquement ses compositions (l'Allée du Jas-de-Bouffan 1890).

Cézanne aime peindre les arbres et les enchevêtrements de leurs branches ; il s'éloigne de la perspective classique pour remonter la ligne d'horizon en schématisant parfois ses motifs jusqu'à l'abstraction. Au fil des années, la montagne Sainte-Victoire occupe le centre de son travail. Il la représente plus de quatre- vingt fois en variant les points de vue, les tonalités et les lumières.

Le parcours chronologique de l'exposition se partage en séquences qui illustrent les grands thèmes traités par Cézanne. Les peintures sont exposées au premier niveau du bâtiment tandis que les dessins et les aquarelles sont accrochés à l'étage inférieur. Citons quelques tableaux marquants choisis malheureusement trop arbitrairement : La Neige fondue à l'Estaque, Les Toits rouges 1870 ; un peu plus loin Le Village des pêcheurs à l'Estaque 1867-69 – Le Portrait de Madame Cézanne à l'éventail 1878-1888– Les Bords de la Marne 1894 – Les Baigneurs au repos 1876… Puis les vues de la montagne Sainte-Victoire dont La Montagne Sainte-Victoire vue des Lauves 1902-1906. Une petite salle regroupe cinq natures mortes (Nature morte aux oignons 1896-98). Ne pas manquer de voir un paysage ultime et inachevé : Le Cabanon de Jourdan 1906, dont la composition géométrique est adoucie par de beaux bleus et des ocres lumineux. Pour les dessins : L'Amour de Puget vers 1900, crayon et aquarelle, et Tête d'Homme 1866, fusain. Ce superbe hommage rendu à Paul Cezanne est à voir absolument !

Jusqu'au 19 novembre 2017- http://www.gianadda.ch/




Eric SEVEYRAT
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Le Tout Lyon Hebdomadaire régional à dominante économique

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide