Fermer la publicité

Destin

le 06 mai 2017 - Laurent ODOUARD - Editos-Billets

Le cinéma est le reflet de son époque. Le miroir aussi de la société, décryptant ses travers, fustigeant ses angoisses, ciselant ses interrogations, peignant ses doutes, égrenant ses espoirs, mesurant ses envies, gratifiant ses progrès…

Couronné du Prix du cinquantième anniversaire du Festival de Cannes, Le Destin, 33e opus du réalisateur égyptien Youssef Chahine, est sorti il y a tout juste vingt ans. Traitant de la double thématique de la tolérance et de l’intégrisme, ce film résonne avec une intensité dramatique dans le contexte chahuté actuel. A l’aune du débat acrimonieux et délétère de l’entre-deux-tours, les salles obscures constitueraient-elle un laboratoire idoine pour mettre en lumière ce que notre monde peut engendrer de meilleur ?
Comme générer du lien, du vivre ensemble et réveiller les consciences. Résolument décalé, ludique et collaboratif, l’événement de mai, « Le Boooom », acte 3, invite tout un chacun à profiter des bienfaits du cinéma, en proposant une programmation éclectique dans diverses salles du Rhône, de l’Isère, de la Loire, de l’Ain ou de la Savoie. De la réflexion, mais pas toujours. Du bon goût, mais pas toujours. Du rire, mais pas toujours. Un maelstrom d’émotions. A partager…
Mais également susciter l’innovation, décupler les forces créatives. La très prochaine exposition du Musée des Confluences, intitulée « Lumière ! Le cinéma inventé », évoquera les diverses prouesses techniques, à l’instar du cinématographe, et plongera le visiteur au cœur de la créativité de la famille Lumière et de ses deux pionniers de génie, Auguste et Louis, diffusant leur héritage (soit 1 422 films), via un mur magistral d’images. Un fil entre passé et présent, et finalement, un pont entre deux mondes.
Ces rendez-vous en région, à l’endroit des cinéphiles, seront temporairement éclipsés par l’omnipotent festival cannois, dont on célèbre cette année la 70e édition (du 17 au 28 mai). Le jury, présidé par Pedro Almodóvar, n’aura encore pas la tâche aisée pour décerner la célébrissime Palme d’or, objet de toutes les convoitises. Mais Cannes, ce n’est pas que cela. C’est, à en croire son délégué général Thierry Frémaux, par ailleurs directeur de l’Institut Lumière, « un tremplin à la création. Le festival cherche à découvrir des talents émergents, à dénicher des réalisateurs prometteurs ». Pour mieux esquisser l’avenir…
Lui incarne aujourd’hui le passé. Victor Lanoux, disparu cette semaine, attachant personnage de Louis La Brocante, série télévisée populaire créée par le scénariste roannais Jacques Rouzet, a connu un destin atypique. Ouvrier chez le constructeur automobile Simca, il est devenu acteur, s’illustrant notamment dans le diptyque Un éléphant, ça trompe énormément et Nous irons tous au paradis. Son parcours témoigne en tous cas qu’à force de volonté et de travail, on peut forcer le destin. Avec une once de chance en sus. Et l’on sait que « nul n’est plus chanceux que celui qui croit à sa chance »…





Le Tout Lyon

Hebdomadaire régional

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
Abonnement Le Tout Lyon› Abonnez-vous ‹

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide