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Du plancher au plafond

le 29 avril 2017 - Laurent ODOUARD - Editos-Billets

Les records sont faits pour être battus. L'adage est éculé. Mais certains interpellent.

Révélé par le ministère de la Justice, le nombre de détenus – exactement 70 230 au 1er avril – vient d’établir un nouveau record. Les prisons françaises, loin d’être ductiles, explosent. Cette surpopulation, pointée du doigt par les directeurs d’établissements pénitentiaires et par les syndicats de surveillants, inquiets de la menace qu’elle fait peser sur le fonctionnement interne, mais aussi par les associations vigilantes sur les droits des personnes incarcérées, est réelle si l’on considère les capacités d’accueil, évaluées à 58 670 places actuellement. La suppression des peines planchers, mesure emblématique du quinquennat de Nicolas Sarkozy, instaurées pour les personnes en situation de récidive légale, puis pour les auteurs de certains délits de violences aggravées, n’a pas « vidé les prisons », comme redouté par les partisans de l’incarcération fustigeant à l’époque les dérives laxistes de la gauche et les risques de récidive. A l’aune des statistiques, force est d’admettre qu’aucune corrélation n'a jamais été établie entre la durée de la peine et le taux de réitération. En tout état de cause, les promesses de création de places de prison (15 000 pour Macron et 40 000 pour Le Pen) ne permettront pas de gérer l’urgence absolue.
Ici, on ne parle plus de plancher mais bien de plafond. Celui atteint par le chômage. La catégorie A, en forte augmentation au mois de mars, enregistre 43 700 nouveaux inscrits à Pôle Emploi au plan nationa,l selon les derniers chiffres du mandat en cours. Dans le Rhône, la hausse est sensible (+ 3,1 %), avec 97 750 demandeurs d’emploi en catégorie A (sans activité aucune). La région Auvergne-Rhône-Alpes ne fait guère mieux (+ 2,3 %). Lors d’un récent déplacement dans le Lot, François Hollande s’est fendu d’un « Je laisserai à mon successeur un pays en bien meilleur état que celui que j'ai trouvé ». Pari perdu…
Son successeur n’est pas connu, mais la liste des prétendants s’est fortement réduite. Ils ne sont plus que deux à postuler à l’Elysée. Arrivé en tête du premier tour, Emmanuel Macron semble en marche vers la victoire. Soutenu par quelques caciques du PS, l’ex-ministre de l’Economie a plongé le parti dans une défaite cinglante (6,36 % pour Hamon). Un plancher quasi historique. Historique également le score de Marine Le Pen qui recueille plus de 7 670 000 voix. Si la leader frontiste enregistre un 21,3 % loin de ses espoirs et des prédictions des sondages, elle peut s’enorgueillir d’avoir séduit plus d’1,25 million d’électeurs de plus qu’en 2012. « Une nouvelle étape franchie », selon ses dires. Et une première fissure dans le plafond de verre auquel se heurte, à fréquences itératives, le Front National ? Le second tour, puis les législatives devraient apporter leur quota de réponses…





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