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Le vent tourne...

le 22 juillet 2017 - Laurent ODOUARD - Editos-Billets

Aucune surprise. Comme une évidence, la succession de Gérard Collomb à la mairie de Lyon échoit à Georges Képénékian. Un fidèle parmi les fidèles.

Ne cherchez pas auprès de l’édile de quoi vilipender son prédécesseur, ni une once de dénigrement. C’est peine perdue. Les mots prononcés lors de sa prise de fonction témoignent du profond respect et de la grande admiration de l’ex-premier adjoint pour celui qu’il désigne comme « sa référence. Je vais succéder à Gérard Collomb, non le remplacer ». Tout est dit. Avec cet événement majeur pour la capitale des Gaules, que l’on ne qualifiera pas d’acte népotique toujours enclin à vicier le jeu politique, une page se tourne. Même si l’acteur décisif du développement récent de la ville, à la tête de la cité seize années durant, conservera son siège de conseiller municipal et par voie de conséquence, l’oreille de Georges Képénékian, médecin, désormais aux petits soins pour une ville qui l’a vu naître et grandir dans le quartier Grand Trou-Moulin à Vent du 8e arrondissement. Pas de vent de nouveauté donc, avec une logique poursuite de l’action engagée. La feuille de route est tracée, illustrée par le plan pluriannuel d’investissements d’ores et déjà voté. Plutôt un souffle positif, certifié par le premier magistrat qui promet « de l’énergie et de la pugnacité ». Gérard Collomb lui adresse un « Bon vent ! », idoine à l’heure où le capitaine Képénékian, à la barre du navire, doit mener Lyon pour trois ans.
Du vent, ou plus précisément un avis de tempête sur l’Elysée. Emmanuel Macron a senti le vent du boulet avec la démission, au mitan de la semaine, du général Pierre de Villiers. Auteur de propos vindicatifs, le chef d’état-major des armées a exprimé son désaccord avec les coupes sombres opérées dans le budget de la Défense et laissé libre court à son ire. François Lecointre, saint-cyrien de 55 ans, issu de l’infanterie de marine, prend le poste vacant, nanti de faits d’armes notables notamment sur des zones de guerre en Bosnie et en Afrique.
Ce devait être un vent de fraîcheur. L’émergence de députés LREM, novices en politique, devait permettre de régénérer en profondeur une classe sclérosée. L’agacement de la présidente LREM de la commission des lois est révélateur. Fustigeant le peu d’implication de ses homologues, elle assènera même : « On a un groupe qui dort, qui ne sait pas monter au créneau ». A Emmanuel Macron de jouer les pompiers de service pour circonscrire le début d’incendie…
Les soldats du feu sont, eux, sur tous les fronts en Europe. A l’instar de ses voisins, la France a chaud, la France s’enflamme. Les foyers sont légion, attisés par des vents violents. Attestée par le ballet des Canadair, la cote d’alerte est atteinte. La négligence humaine est montrée du doigt. En ce qui concerne la centaine de voitures brûlées en région lyonnaise à l’occasion du 14 juillet, la bêtise a remplacé la négligence. Avec une trentaine d’arrestations à la clé, en particulier de mineurs. Le triste vent de la réalité !



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