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Rupture et découverte

le 01 avril 2017 - Laurent ODOUARD - Editos-Billets

Le vocable est sur toutes les lèvres, irrigue toutes les conversations et alimente tous les fantasmes. Véhiculé par les médias qui s'éprennent de sa force sibylline. « Disruption », le mot est lâché…

Il ne s’écoule pas un jour sans que ce terme ne sorte du chapeau. Dernier exemple en date, cette semaine, avec la présentation du Congrès des notaires de France, 113e du nom, qui aura lieu en terre lilloise au mitan de septembre. Les notaires, au quotidien, sont en pointe en matière de disruption, comme le confirme Thierry Thomas, président du 113e Congrès : « Aucun domaine n’est épargné par ce phénomène d’une ampleur qui dépasse largement nos frontières habituelles ». A l’instar d’une société soumise au chaos des mutations permanentes, les hommes du droit appréhendent lesdites mutations à l’aune de trois thématiques majeures : la famille, les solidarités et le numérique. Aujourd’hui, le schéma familial traditionnel a littéralement explosé. Pour preuve, un mariage sur cinq est un remariage. La composition du noyau est désormais protéiforme, pouvant comprendre un ou deux parents, un ou des enfants, issus de parents différents… D’où les conséquences en droit pour les notaires. Même constat pour les solidarités qui, sous l’assaut d’un vieillissement notoire de la population française dans les prochaines décennies, vont devoir se réinventer. Quid des liens intergénérationnels ? Quid des dispositifs des collectivités pour faire face aux obligations envers nos aînés ? Idem pour le numérique qui a bouleversé les codes et changé les paradigmes. Les notaires plancheront notamment sur la préservation des données, surtout celles émanant de la sphère privée.
L’économie nous livre de savoureuses références en termes de disruption, tels le service de transport Uber ou Airbnb, symbole de cette innovation disruptive galopante. Pour Jean-Marie Dru, considéré comme le père même du concept, « l’innovation disruptive est une innovation de rupture, par opposition à celle dite incrémentale, qui se contente d’optimiser l’existant ». Bref, pour lui, le changement, c’est maintenant !
L’expression a été prise au pied de la lettre outre-Manche. Les Britanniques, sous la plume de Theresa May, ont déclenché le Brexit, mercredi 29 mars. Ce processus de sortie de l’Union européenne, considéré par le journal The Times comme « le plus grand bouleversement politique depuis la Seconde Guerre mondiale », a clivé la population anglaise, une frange imprégnée d’une inquiétude inhérente à ce saut dans l’inconnu et une partie gagnée par l’euphorie, devant cette liberté recouvrée. Entre eux, la rupture semble consommée…
Il en est de même sur la scène domestique après l’annonce de Manuel Valls de voter Emmanuel Macron au premier tour. L’ex-Premier ministre tourne le dos à Hamon, déchaînant l’ire des socialistes, empoicrés dans une campagne à l’atmosphère méphitique. Turgide d’orgueil, le leader d’En Marche, compte les ralliements mais distribuera les investitures aux législatives avec acuité. « Point de complaisance », assure-t-il, avec les ralliés. Une rupture donc avec un fonctionnement empirique, illustré par le renoncement de Yannick Jadot, faisant fi d’une primaire EELV il est vrai très confidentielle, puis son rapprochement avec Benoît Hamon. Pour quelques circonscriptions. Et quelques députés. Ou comment s’asseoir sur ses convictions plutôt que sur des sièges !





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