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Eric Giorgi:« L'offre hôtelière lyonnaise monte en gamme! »

le 02 mai 2017 - Propos recueillis par Julien Thibert - Grand témoin

Eric Giorgi:« L'offre hôtelière lyonnaise monte en gamme! »
© Celine Vautey - Eric Giorgi

Le groupe Arteloge inaugurait récemment le dernier né de ses établissements à Vaise, le ParkSaône. Une occasion pour échanger avec Eric Giorgi, le PDG d'un groupe hôtelier indépendant devenu au fil des années, incontournable à Lyon. Animé par une culture entrepreneuriale familialeindéfectible et viscéralement attaché à sa ville, Eric Giorgi ne s'interdit rien dans le développement de son groupe tout en gardant une certaine rigueur dans sa stratégie d'entreprise.

Quel a été le déclic pour engager un tel programme hôtelier que celui du ParkSaône ?

Les dirigeants de Sud Architectes et de la Villa Créatis sont venus nous voir pour nous proposer de construire, en lieu et place du parking de la Villa Créatis, un hôtel 3 étoiles et des bureaux à louer, ayant vu ce que l’on avait fait à l’Hôtel Lyon Ouest qui se trouve à proximité. C’est un véritable partenariat.

L’idée du lieu vous a-t-elle plu instantanément ?

Le site est excellemment bien placé car dans un quartier en plein essor. Notre hôtel Lyon Ouest à proximité fonctionne déjà bien et l’opportunité de construire un deuxième établissement dans la zone, avec l’hôtel Métropole qui se trouve sur la rive en face, avait du sens.

Pourquoi un 3 étoiles ?

C’est un bon produit pour la région lyonnaise. Lyon est une ville qui au niveau du prix moyen n’est pas très chère, par rapport à des tailles de villes similaires. Le trois étoiles correspondant bien au standing que les entreprises et leurs dirigeant recherchent sur Lyon. Sachant aussi que nous avons pour principe de réaliser des établissements de ce calibre à haute valeur ajoutée, c’est un peu la marque de fabrique du groupe. De plus, avec Lyon Ouest qui est aussi un trois étoiles, nous ne voulions pas trop dénaturer le produit trois étoiles pour avoir in fine deux établissements compémentaires, avec une seule directrice qui va gérer, avec deux adjoints dédiés, chaque établissement.
On trouvait que finalement, multiplier par deux le nombre de chambres tout en restant trois étoiles avec deux produits de restauration différents, était une démarche logique pour le quartier.

Un 3 étoiles chez Arteloge, c’est quoi ?

Cela se caractérise par une qualité des matériaux utilisés à la fois pour l’aménagement intérieur (mobilier, décoration, …) mais aussi pour la construction (isolation des murs, climatisation, chauffage). On a un surcoût, il est vrai, au niveau de la construction et de sa fabrication mais on s’y retrouve : d’abord parce que les clients apprécient ce niveau de finition et de plus, l’hôtel vieillit mieux, ce qui nous permet de reculer l’échéance des travaux de rénovation. Au niveau de la décoration intérieure, nous avons travaillé avec Nicole Dubois.

Comment se porte l’activité de l’hôtellerie indépendante à Lyon et en France ?

Elle se porte bien mais nécessite des efforts constants de gestion, au niveau commercial, mais je crois que c’est aussi la marque des indépendants. C’est un métier difficile, soumis à une concurrence, notamment celle des grands groupes qui communiquent à grande échelle. En revanche, nous avons une carte à jouer à l’échelle locale dans le sens où l’on est peut-être plus proches de nos équipes et de nos clients. Et je crois que l’on parvient à mieux fidéliser les salariés. C’est ce qui fait la différence entre l’hôtellerie indépendante et les grandes chaînes… Ces relations sur le long terme.

Que vous inspire alors l’ouverture prochaine de l’InterContinental à l’Hôtel-Dieu ?

Je trouve que c’est formidable. Le fait qu’InterContinental ait choisi Lyon, c’est la preuve que la ville attire et se développe fortement. C’est une belle opportunité pour Lyon que d’avoir aussi des Mariott, ou des Radisson … Cela va engendrer une augmentation du prix moyen et apporter une offre différente, très qualitative qui entraînera toute la ville vers le haut.

Y’a t-il un effet d’aspiration entre groupes hôteliers justement ?

C’est une locomotive car progressivement ce type d’établissement de luxe amène des clients nouveaux dans la ville, qui font confiance à la chaîne, qui découvrent une région, qui font vivre les commerces et la restauration et peut-être demain d’autres hôteliers, selon les affinités, et toujours dans leur gamme, ils pourront investir Lyon et sa région.

Comment se fixe le prix d’une chambre d’un hôtel, en l’occurrence le ParkSaône ?

Il se fixe d’abord par rapport au coût de construction du bâtiment. Avec la règle du millième, qui fonctionne bien dans notre secteur. Ensuite il y a la concurrence sur laquelle on essaye de se caler en proposant un juste prix. 90-120 € c’est la fourchette de prix pour nos chambres.

Pouvez-vous nous décrire le ParkSaône ?

Notre établissement compte 100 chambres, un restaurant de 120 places assises avec une terrasse de 80 places. Nous avons investi particulièrement dans les salles de bain, avec une surface augmentée par rapport aux standards des trois étoiles, avec certaines chambres disposant d’une douche et d’une baignoire, ce qui est assez rare pour ce type de gamme d’hôtel. Et nous possédons 130 places de parking que l’on partage avec l’entreprise Babolat, voisine de notre établissement.

Aviez-vous prédit un tel essor de l’offre hôtelière lyonnaise ?

Non, absolument pas. Nous avons bénéficié d’opportunités, d’offres qu’on nous a faites sur des terrains où se situe par exemple
Lyon Ouest. A l’hôtel ParkEst, c’était un terrain que l’on avait dans le groupe, et un jour on a eu l’idée d'y développer un hôtel. Pour la Villa Florentine, mon père avait trouvé cette petite pépite au coeur de Lyon. Rien ne s’est fait de manière très définie, à la base, les choses sont venues comme cela. Et puis, il y a 12 ans, nous avons décidé de ne plus être affilié à des grandes chaînes, de devenir indépendant. Nous avons notre propre service de communication, de réservation, notre propre revenu manager. Nous sommes organisés aujourd’hui comme un grand groupe.

C’est un choix de liberté ?

Un peu… Nous étions par exemple « Concorde » à l’hôtel Métropole et mis à part le label Relais & Châteaux (Villa Florentine), nous ne sentions pas de leur part une réelle implication. C’est pour cela que l’on a choisi délibérément de devenir indépendants. Cela nous a permis de mieux nous organiser et de réaliser nous-même notre développement, nos réservations notamment sur Internet avec l'arrivée massive des tour opérateurs qui nous a vraiment décidé à prendre notre indépendance » C’est l’explosion du web avec l’arrivée massive des tour opérateurs qui nous a vraiment décidés à prendre notre indépendance. Le référencement en ligne est un gros poste de dépense. Les chaînes vous prennent entre 5 et 8 % selon votre chiffre d’affaires. On a préféré mettre cet argent dans du développement, du référencement web, dans la communication et le commercial.

Comment commercialise-t-on un hôtel ?

Nous avons un directeur commercial et trois commerciaux externes avec 10 salariés qui s ‘occupent de la partie réservation et un revenu manager. On a aussi une responsable de la partie informatique et deux personnes à la communication.

Le nombre d’établissements vous satisfait-il ou vous ambitionnez de futures ouvertures ?

Nous avons actuellement 6 hôtels (Villa Florentine, Hôtel des Congrès, ParkSaône, Lyon Ouest, ParkEst, Hôtel des Congrès). Ce n’est pas une question de grossir, l’idée est de consolider la partie financière du groupe en remboursant nos dettes et de pouvoir ensuite réfléchir à l’avenir. Nous allons rénover entièrement l’Hôtel des Congrès et poursuivre la rénovation de la Villa Florentine qui reste le fleuron du groupe. Avec Relais & Châteaux nous avons lancé une rénovation sur les 5-6 ans à venir. Parce que la clientèle d’aujourd’hui n’est pas la même qu’il y a 20 ans. Les clients sont différents, sont plus jeunes, ont des enfants, ils attachent moins d’importance à la restauration. Les clients souhaitent plus d’ambiance, veulent qu’on s’occupe d’eux d’une manière plus personnelle et précise qu’avant. Ils souhaitent des chambres mieux équipées… C’est en cela que la concurrence est saine, l’arrivée de grandes enseignes, comme Intercontinental, nous pousse à nous remettre en question !

Vous bichonnez à juste titre la Villa Florentine, mais en matière de communication quelle est la stratégie globale pour Arteloge ?

De n’oublier aucun établissement ! C’est pour cela que l’on rénove l’Hôtel des Congrès qui est le plus gros contributeur du groupe, et dont l’emplacement est idéal. On travaille avec une décoratrice pour que l’hôtel redevienne une place forte dans ce quartier, avec la proximité des axes autoroutiers et de la gare de la Part-Dieu.

Le Grand Stade est-il un élément structurant pour votre activité ?

Bien sûr mais pas seulement. Il structure aussi le territoire au niveau de Décines et de Genas. Toutes les entreprises qui s’y rassemblent. Arteloge est présent avec l’hôtel ParkEst. C’est un peu tôt pour savoir si ce seul établissement suffira à répondre à la demande. C’est une zone attractive autant pour les entreprises que pour les hôteliers, et je note d’ailleurs la présence du groupe Lavorel. Ce qui est sûr, c’est que Confluence, Vaise, et l’Est lyonnais (où il y a encore du foncier disponible) sont aussi des zones d’avenir

SES DATES CLÉS

2015

Création de la marque Arteloge  pour fédérer tous les établissements du groupe

2012

Ouverture de Hôtel Lyon-Ouest

1995

La Villa Florentine devient membre de l’association Relais & Châteaux

1994

Obtention de l’étoile Michelin au restaurant de la Villa Florentine





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