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Insertion sur le marché de l'emploi : vers de nouvelles approches

le 08 décembre 2016 - Dossier réalisé par Agnès Giraud-Passot - Dossiers - article lu 60 fois

Insertion sur le marché de l'emploi : vers de nouvelles approches
© : DR

A l'heure où le CV ne fait plus l'unanimité pour trouver un emploi, de nombreuses initiatives voient le jour pour tenter de rapprocher les recruteurs et les candidats dans un souci de parfaite corrélation.

Le recrutement est un facteur de réussite de l’entreprise. Trouver le bon collaborateur, l’intégrer efficacement, le fidéliser, le faire évoluer et lui apporter un sentiment de bien-être professionnel dans un contexte économique en pleine mutation est un parcours de plus en plus difficile pour l’entreprise. En face d’elle, le candidat doit affronter autant d’obstacles avant de parvenir à s’insérer dans le marché du travail. L’inadéquation entre l’offre et la demande questionne les recruteurs traditionnels dont les méthodes marquent le pas. Aujourd’hui 470 000 postes ne sont pas pourvus. Un chiffre qui pourrait grimper jusqu’à deux millions en 2020 si rien n’est fait d’ici là.

Pour trouver le bon profil, il faut se lancer à la conquête des compétences en identifiant les talents et en réalisant une prospection ciblée. La place du digital dans le recrutement s’intensifie jusqu’à devenir bientôt exclusive. L’incontournable présence sur les réseaux sociaux se transforme progressivement en plate-forme de recrutement. Les salons pour l’emploi s’installent en ligne et permettent de fixer des rendez-vous à toute heure et en tout lieu. Les outils numériques permettent de réaliser des entretiens vidéo sans rencontre physique.

Des méthodes innovantes apparaissent, basées sur d’autres atouts que le CV, la lettre de motivation et le diplôme. Elles s’ouvrent sur les compétences, le savoir-être et le savoir-faire et permettent désormais d’aller chercher des profils inattendus. Tous les acteurs de l’emploi proposent des solutions permettant de mettre en lien des candidats et des recruteurs destinés à travailler ensemble et à envisager une collaboration pérenne. Pour trouver les profils concordants, les démarches se personnalisent et introduisent le concept du sur-mesure.

 

Le recrutement en CDI intérimaire, une solution sereine

Entré en vigueur, en application de l’accord sur la sécurisation des parcours professionnels des intérimaires, le CDI intérimaire réduit la précarité et facilite l’accès à l’emploi.

En mars 2014, Adecco signe le premier CDI intérimaire en France. Fin octobre 2016, 12 000 contrats de ce modèle, dont 4 000 proposés par Adecco, sont conclus entre les entreprises de travail temporaire et les salariés. « Après une série de tests, d’évaluations et d’entretiens, le collaborateur est engagé par un CDI de droit commun sur trois qualifications qui garantissent la meilleure employabilité et lui imposent d’accepter un emploi concordant », explique Alexandre Gauthier, directeur de zone Adecco Rhône qui emploie 100 CDI intérimaires.
Le CDI intérimaire est plébiscité par les secteurs de l’industrie, de la logistique et du transport (70 %), mais intéresse également le BTP, les services et les commerces. Sa durée maximale pour un même poste est de 36 mois sans délai de carence, au lieu de 18 mois pour un contrat de travail temporaire classique. « Chez Adecco, nous essayons d’établir des contrats pour une période minimale de six mois. Pour nos clients qui ont une politique RSE et qui ont recours au travail temporaire, ce moyen leur permet de faire évoluer leurs méthodes et leurs pratiques. Quant aux candidats, ils bénéficient d’une sécurité de l’emploi, d’une garantie de rémunération, de droits à la formation et d’avantages sociaux qui diminuent la précarité. Le CDI intérimaire est vraiment un dispositif d’avenir. »

Décrypter les compétences

Acteur engagé auprès des opérateurs de l’emploi, des établissements de formation et des entreprises, Skilvioo est un facilitateur de la démarche compétence.

« Si tous les individus faisaient leur profil de compétences, on pourrait fluidifier le marché du travail », affirme Christophe Allois, cofondateur de Skilvioo, entreprise à vocation sociétale qui encourage le développement de la démarche compétence. Convaincu que ce changement de paradigme pourrait avoir un véritable impact sur l’emploi, il a créé sa société en 2012 et, après deux années de R&D, il propose des actions innovantes auprès des opérateurs de l’emploi, des associations et des entreprises.

Skilvioo réalise un profil de compétences qui permet à l’individu de se préparer à un entretien, d’identifier une VAE ou bien de trouver la formation qui lui correspondra parfaitement. «  En 2030, 60 % des métiers seront différents de ceux d’aujourd’hui. Nous sommes dans une veille de ces futurs métiers et compétences. Nous cherchons à les identifier et à les diffuser sur le marché du travail, et à rendre les formations pertinentes. »

Skilvio a pour objectif de réduire les mauvais recrutements et les formations mal adaptées qui conduisent à une perte de productivité pour l’entreprise et à un échec de la personne. « L’approche par les compétences tout au long de la vie est un système vertueux qui facilite l’insertion professionnelle et valorise l’individu. Il change le regard sur sa propre personne et donne des perspectives d’avenir. » Les étudiants l’ont bien compris. Le diplôme seul ne suffit plus pour être recruté. Valoriser ses compétences est un atout considérable, mais l’identification est souvent un problème.

« Seuls 10 % des étudiants sont capables d’identifier leurs compétences. Il devient urgent de s’interroger sur la démarche à suivre pour intégrer l’approche compétences dans les établissements de formation. » En réponse à ce constat, des établissements d’enseignement supérieur se mobilisent afin de référencer en compétences les contenus de formation et de traduire les diplômes en blocs de compétences. L’utilisation de Skilvioo intéresse également les cabinets de recrutement. Tous les acteurs de l ‘emploi et de la formation semblent aujourd’hui vouloir parler le langage de la compétence.

 

Un facilitateur pour l’entreprise

Le Medef accompagne les entreprises dans leurs démarches de recrutements par le dispositif Mode d’Emploi Rhône.

Face aux difficultés de recrutement auxquelles sont confrontées les entreprises, notamment sur certains métiers en tension, tels que les métiers de bouche, de l’industrie, du numérique ou des services à la personne, le service Mode d’Emploi Rhône du Medef travaille en collaboration avec des partenaires publics et privés et place chaque année plus de cinquante personnes. « Mode d’Emploi Rhône est un service personnalisé d’aide au recrutement qui répond de façon précise, après une analyse complète, aux besoins de l’entreprise en trouvant un candidat qui détient le savoir-être et le savoir-faire requis. Un chargé de mission du Medef effectue une mise en relation entre le candidat potentiel et l’entreprise. Il assure également le suivi du recrutement. Il donne un coup de pouce à l’emploi et à l’insertion économique », explique Bruno Verney, directeur des services aux adhérents du Medef.

Cette démarche vise essentiellement les publics relevant de la politique de la ville, demandeurs d’emploi de longue durée, jeunes sans qualification, séniors, jeunes issus de quartiers défavorisés, femmes isolées, bénéficiaires du RSA et s’adresse à toutes les entreprises du territoire.

Créé en 1991, Mode d’Emploi Rhône se structure aujourd’hui sous forme de club dont le lancement officiel aura lieu jeudi 26 janvier, lors de la matinée « Emploi-insertion : à la découverte des méthodes qui marchent », organisée par le Medef. Ce forum réunira les acteurs locaux de l’emploi et de l’insertion qui osent casser les codes du recrutement avec des méthodes innovantes.


Un site de rencontres pour l’emploi

Sans CV, ni lettre de motivation, les Vitaminés de l’Emploi mettent en relation candidats et recruteurs.

D’un côté des candidats à la recherche d’un job, de l’autre des entreprises en quête de postulants. Mais personne ne se rencontre alors que le taux de chômage explose. Quelle solution ? Pascale Solonna, journaliste de profession, s’interroge et décide d’agir pour que ces deux mondes se rencontrent. « Les personnes éloignées de l’emploi sont également éloignées des outils du web. Pour les accompagner, nous avons lancé les « recrutements vitaminés », avec des candidats sans CV, ni lettre de motivation. Se recentrer sur la personne, ses savoir-faire et ses savoir-être, redonner la confiance et traduire en compétences, provoquer les rencontres, connaître l’entreprise et le marché, sont les objectifs des Vitaminés de l’Emploi, plate-forme digitale de mise en lien. C’est en quelque sorte le Meetic de l’emploi pour les personnes éloignées de l’emploi. »

Petite différence avec un site de rencontres classique, personne ne peut s’inscrire directement sur le site. Auparavant, les candidats doivent participer à un atelier de création de profil qui a lieu chez les partenaires de l’emploi, notamment Pôle Emploi Rhône, le CNAM Auvergne-Rhône-Alpes et la Maison de l’emploi de Lyon. Leur inscription est gratuite. Soutenu par la Région, la Métropole, le Medef et des entreprises locales, le site Les Vitaminés de l’Emploi sera lancé officiellement le 26 janvier 2017. « L’objectif est de mettre en ligne 400 candidats et 400 offres d’emplois par an, » explique la fondatrice.



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