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Alexandre Hollander « toutes les entreprises sont concernées par les problématiques de sécurité »

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Alexandre Hollander « toutes les entreprises sont concernées par les problématiques de sécurité »

Alexandre Hollander, président de Amarante International, participe le 5 décembre à Lyon, à une conférence sur la sécurité des entreprises, organisée par l'European American Chamber of Commerce Auvergne Rhône-Alpes. Cet ancien élève de Saint-Louis et de Saint-Marc, diplômé de l'Ecole de Saint-Cyr et titulaire d'un MBA à HEC, sera passé par les Forces spéciales et les Services de renseignements avant de quitter l'institution militaire et poursuivre sa carrière dans le privé. L'homme partage sa vision claire et pragmatique d'un secteur, la sécurité, auparvant méconnu mais qui s'insère aujourd'hui dans les problématiques d'internationalisation des entreprises, précisément les zones à risques.

Selon vous, comment le secteur de la sécurité a-t-il évolué au cours des dernières années ?

Le secteur de la sécurité a connu une nette évolution au cours des dernières années. Longtemps méconnu, c'est aujourd'hui un secteur qui se professionnalise, et a de ce fait sensiblement gagné en visibilité auprès des acteurs privés mais également publics, notamment des institutions internationales. Cantonnés à l'origine à des métiers de niche, essentiellement tournés vers les projets du CAC 40, les prestations délivrées par Amarante vont aujourd'hui de l'analyse de risque et de la formation à la mise en place de procédures de sûreté ; et de l'accompagnement sur le terrain lorsque la situation l'exige jusqu'à la gestion de crise. De fait, cette transformation a très naturellement découlé d'une évolution de la demande des clients, dont le besoin en matière de sécurité se généralise et se diversifie.

Comment expliquez-vous un tel changement ?

Cette évolution de la demande tient principalement à trois raisons. La première est l'accroissement sensible du volume des affaires à l'international – toutes tailles d'entreprises confondues -, conséquence directe du phénomène de mondialisation. Les collaborateurs voyagent plus, vers des destinations de plus en plus nombreuses. Et si certaines de ces destinations sont certes très dynamiques économiquement, nombre d'entre elles présentent également d'importants risques sécuritaires (criminalité en Amérique Latine, instabilité politique en Afrique…), parfois susceptibles d'affecter tout particulièrement les voyageurs étrangers.

La deuxième relève d'un changement dans la perception du risque, favorisé par l'actualité récente. La multiplication des attentats djihadistes tant en Europe qu'à l'étranger (Afrique, Asie…) ou encore des catastrophes naturelles à l'instar de l'ouragan Irma ont contribué à une prise de conscience collective quant à la vulnérabilité des salariés d'entreprises projetés à l'international, et les entreprises n'hésitent plus à solliciter des prestataires de sécurité pour les aider à minimiser leur exposition.

Enfin, les employeurs sont aujourd'hui également soumis à une pression juridique notoire ; de nombreuses jurisprudences (Karachi, Jolo) imposent en effets aux entreprises un devoir de protection des collaborateurs en mobilité très strict et la recherche en responsabilité en cas de problème est devenue systématique. Des sociétés telles qu'Amarante sont ainsi de plus en plus sollicitées pour aider les employeurs à remplir ces obligations légales.

Dans ce contexte, la sécurité demeure-t-elle encore une problématique affectant uniquement les grands groupes ?

Au contraire, les grands Groupes internationaux sont aujourd'hui presque tous bien structurés et disposent en interne de directions de la sûreté souvent composées de professionnels de très bon niveau.

La sécurité des entreprises est aujourd'hui davantage un sujet pour les groupes internationaux du SBF 120, les grosses ETI ou encore les très nombreuses PME qui développent une activité internationale.

Rares sont les dirigeants de ces entreprises qui ont conscience de leurs responsabilités en termes de protection de leurs collaborateurs et de leurs actifs matériel et informationnels.

De plus, les ETI et les PME n'ont souvent pas les moyens de dédier des ressources internes pour travailler sur ces sujets pourtant essentiels, alors qu'il existe désormais des solutions simples pour répondre aux problématiques récurrentes qui se posent aux entreprises.

Quelles sont les problématiques auxquelles ces entreprises sont le plus souvent confrontées ? Quelles solutions existent pour y remédier ?

Parmi les problématiques le plus souvent soulevées par les entreprises que nous accompagnons, figure d'une part la difficulté à évaluer les risques réels liés à une mission donnée. Outre la destination, ces risques peuvent en effet dépendre de nombreux facteurs tels que l'itinéraire, la date et la durée de la mission, voire même la nationalité des collaborateurs. Les entreprises peuvent ainsi faire appel à un expert en amont de la mission pour les aider à mener cette évaluation des risques et être conseillées sur les moyens à mettre en œuvre pour les minimiser.

De manière similaire, ne disposant pas d'une telle expertise en interne, les employeurs ont du mal à remplir leur devoir d'information envers les salariés envoyés en mission, en amont du départ. Ils peuvent ainsi demander la mise en place de formations à destination des voyageurs, qui permettent non seulement de remplir ce devoir d'information mais également de livrer aux collaborateurs la conduite à tenir en cas d'incident durant leur mission.

Enfin, nous sommes également régulièrement sollicités pour rassurer les salariés, dont la perception du risque peut parfois être faussée par une actualité anxiogène. Leur assurer une hotline téléphonique 24/7 ou mettre à leur disposition, durant toute la durée de leur séjour, des outils d'information en temps réel via une application mobile constitue généralement un élément rassurant pour les salariés comme leur employeur.

C'est l'ensemble de ces outils que nous avons voulu réunir en une seule offre, développée en partenariat avec AXA Assistance. Capitalisant sur nos dix années d'expérience dans l'accompagnement des Grands Groupes à l'international, cette offre, spécifiquement destinée aux PME et ETI, permet la mise à disposition de l'ensemble des expertises d'Amarante, en fonction des besoins particuliers des entreprises.

Quelle était la vocation de votre rapprochement avec SERIS en 2015 ?

Le marché de la sécurité est traditionnellement dominé par les grands Groupes anglo-saxons. Les Français sont arrivés tardivement dans ce métier et souffrent ainsi d'un problème de taille et de crédibilité pour s'imposer sur la scène internationale. Bien que très discret dans sa communication, Seris est le plus important Groupe de sécurité Français. Fort de 18 000 salariés dans le monde et 450M€ de chiffre d'affaire, Seris est une entreprise familiale française, dont l'ADN est très proche de celui d'Amarante. Seris cherchait à prendre pied dans le domaine de l'ingénierie de sûreté et l'international, Amarante cherchait à s'appuyer sur un acteur de taille mondiale pour investir les marchés d'envergure des institutions internationales. Le mariage coulait donc de source.

Amarante a permet à Seris de poursuivre son développement international en identifiant des sociétés de gardiennages à fort potentiel en Afrique, au Moyen-Orient ou en Amérique Latine. Seris permet à Amarante d'être éligible aux appels d'offres relatifs à d'importants contrats de sécurité au profit de l'Union Européenne.

La montée en puissance du secteur privé dans le domaine de la sécurité est-il à même d'empiéter sur la gestion à l'échelon public ; ou finalement, ce vaste mouvement de fond ne caractérise-t-il pas une réalité dans laquelle les Etats seuls, ne sont plus assez forts pour assurer leur sécurité ?

La France est un pays de tradition régalienne et centralisatrice. Le recours au secteur privé pour les fonctions qui touchent à la sécurité a toujours été réalisé lorsque les forces de sécurité n'ont plus été en mesure d'assurer ces missions, ou lorsque la menace rendait indispensable l'appui du secteur privé. Après la privatisation du transport de fonds dans les années 60 et de la sécurité aéroportuaire dans les années 80, il a fallu attendre 2015 pour autoriser le recours à la protection armée des navires français, et 2017 pour que soit définitivement adoptée la loi sur l'armement des agents privés de sécurité.

A l'étranger, le recours au secteur privé est assumé depuis très longtemps. A Bruxelles, les institutions européennes ont recours à des gardes armés pour protéger les bâtiments de la délégation.

Il est en revanche particulièrement important de fixer des règles extrêmement claires sur l'emploi de la force par les agents privés de sécurité. La montée en puissance du Conseil National des Activités Privées de Sécurité (CNPAS) doit s'accompagner de véritables prérogatives coercitives pour tirer ce marché vers le haut compte tenu de la sensibilité de ce sujet.

Quel message global souhaiteriez-vous passer aux dirigeants à propos de la sécurité des entreprises ?

Aujourd'hui, toutes les entreprises sont concernées par les problématiques de sécurité. Au-delà des contraintes légales qui pèsent sur les entreprise et les mandataires sociaux, la responsabilité du chef d'entreprise est de protéger ses actifs humains matériels et immatériels contre un maximum de risques. Contrairement aux idées reçues, il existe des solutions simples et peu onéreuses pour mettre en place des process de sécurité qui protègent réellement une entreprise.




Julien THIBERT
Journaliste

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