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Aménagement du territoire : la métropole de Lyon, un fait urbain unique

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Aménagement du territoire :  la métropole de Lyon, un fait urbain unique

Les vagues successives de planification urbaine dans l'agglomération lyonnaise n'ont pas toutes facilité la tâche de l'actuel exécutif métropolitain pour parvenir à faire de ce cette nouvelle métropole, un territoire facile d'accès et à vivre. Les grands chantiers et projets structurants qui animent pourtant la métropole de Lyon – quartiers Part-Dieu, Confluence, extension du métro, réseau autoroutier… – sont pourtant de nature à nourrir beaucoup d'espoir dans la reconquête d'une vie exemplaire de la cité.

Depuis, les années 60 et les premiers soubresauts intercommunaux, la Courly puis le Grand Lyon ont fait leur œuvre pour accompagner l’émergence d’une nouvelle entité administrative, unique en France. Parvenir à une métropole d’équilibre, tel a été le but recherché par les élus lyonnais au fil des ans, qui ont su très tôt trouver un consensus durable autour de la politique territoriale intercommunale. Ce nouvel échelon de gouvernance inscrit le fait urbain dans une nouvelle dimension mâtiné de polarité et de rayonnement… Un paradoxe ? Plutôt un challenge pour formaliser une aire de vie attractive grâce à un aménagement du territoire qui tend toujours vers un équilibre fin entre centre et périphérie.

Michel Le Faou
« Rayonner au-delà de la métropole »

Tandis que la révision du plan local d’urbanisme et de l’habitat sera mise en délibération lors de la prochaine séance du conseil métropolitain le 11 septembre, Michel le Faou, vice-président en charge de l’urbanisme, dévoile les grands enjeux associés à cet outil de gouvernance, structurant pour l’ensemble du territoire.

Les métropoles ont été pensées pour un développement depuis les villes-centre vers la périphérie. Ce modèle est-il pertinent pour un équilibre des territoires et qu’en est-il sur la Lyon ?

Le centre de notre métropole, c’est à dire Lyon et Villeurbanne, concentre effectivement des projets importants. Toutefois, ceux-ci participent à l’équilibre du territoire. La logique est plutôt respectée si l’on retient le développement de la ZAC de l’est lyonnais (Vaulx-en-Velin, Chassieu, Décines Saint-Priest) et le grand projet tertiaire du Puy d’Or à Limonest avec notamment l’installation du nouveau siège de Blédina. Je précise par ailleurs que le plan pluriannuel des investissements acte l’intérêt de 59 communes de la métropole. Le renouvellement du quartier de la Part Dieu n’est pas seulement pensé pour les Lyonnais.
L’intercommunalité est une notion qui n’est pas récente chez les élus lyonnais. Celle-ci s’est développée au début des années 60 autour des compétences eau et assainissement. Ensuite la mise en place de la communauté urbaine de Lyon a montré ses effets positifs pour l’ensemble de territoire métropolitain actuel. Nous avons aussi été précurseurs en matière de Plan d’occupation des sols avec un POS intercommunal acté en 1994 avant le PLU intercommunal. Cette base est un élément primordial à la constitution d’un territoire cohérent.

Le PLU justement est l’un des gros dossiers de la rentrée ?
Tout a fait, il contribue à promouvoir et a accompagné le développement économique de la métropole par la réserve de foncier et permet aux industries de maintenir localement leur activité. 18% du PIB de la métropole est généré par l’activité industrielle. C’est aussi un outil solidaire en faveur d’une offre d’habitat diversifiée et accessible pout développer le modèle de métropole inclusive. Le troisième défi du PLU vise la préservation de l’environnement, des espaces verts et des paysages.

Dans cette démarche, le plan de déplacement urbain est également un enjeu de taille ?
Effectivement, le PDU sert à coordonner les besoins en matière de déplacement au sein de la métropole. En cela, le réseau de transports en commun reste une priorité. La création de la ligne de tramway T6 (depuis le terminus du T1 à Debourg jusqu’à Mermoz-Pinel) ou l’aménagement s’un site propre pour le bus C3 (du Pont Lafayette à Laurent Bonnevay) répondent à ces enjeux de mobilité.
Côté métro, le prolongement de la ligne D au-delà de Vaise.
Au niveau du réseau routier, l’anneau des Sciences, qui doit boucler le périphérique est prévu pour 2030. D’ici là le déclassement de l’actuel tronçon autoroutier entre Limonest et Pierre-Bénite aura été un chantier important et sera effectif.

L’effet polarisant de la métropole peut-il avoir des effets néfastes de concentration urbaine ?
C’est bien tout l’enjeu de notre politique urbaine, à savoir maintenir un certain équilibre de l’influence métropolitaine, en dépassant même ses limites administratives. Je prendrais comme exemple le groupe Excel Industrie qui est venu nous solliciter pour trouver une solution d’implantation sur le territoire métropolitain. Leur demande n’était pas compatible avec notre offre, mais il ne fallait pas les laisser partir dans une autre région. Nous avons échangé avec les élus de Saint-Rambert d’Albon (Drôme) qui ont pu accueillir cette activité industrielle. Même cas de figure pour la création d’un laboratoire du groupe Fresenius à l’Arbresle, site en concurrence avec les Etats-Unis et le Japon. La mobilisation des élus locaux aux côtés des acteurs économiques a permis de maintenir cette activité sur l’aire d’influence métropolitaine.

Aménagement du territoire
Le modèle lyonnais fait référence

Au fil des ans l’agence d’urbanisme  de Lyon devenue celle « de l’aire métropolitaine lyonnaise » s’est forgée une solide réputation en France et en Europe. Son directeur, Damien Caudron, en poste depuis 2012 évoque une audace et une volonté fortes historiques de la part des élus de faire émerger un territoire cohérent, accessible et vivable.

Votre nomination en 2012 coïncide avec l’annonce par Gérard Collomb et de Michel Mercier de la création de la métropole de Lyon. Quel a été votre sentiment sur la création de cet échelon inédit de territoire ?

J’ai trouvé cette annonce d’une audace exceptionnelle et qui prouve d’ailleurs que la loi peut s’adapter aux évolutions des politiques territoriales locales. Cet échelon symbolise la capacité d’innovation des territoires à ne pas s’enclaver et justement à rayonner.

Quels ont été les premiers défis de l’Agence pour accompagner la constitution de cette métropole ?

Il a fallu que nous intégrions à notre niveau, les nouvelles compétences que la métropole elle-même avait hérité du Département, notamment le social. Sans cela, la légitimité même de l’agence d’urbanisme aurait été menacée. Ensuite, il a fallu faire évoluer notre expertise urbaine stricto sensu en interne pour que l’agence devienne un outil d’aménagement du territoire à l’échelon métropolitain et qui rayonne d’ailleurs bien au-delà de ses propres limites administratives.

C’est à dire ?

L’aire d’influence de la métropole s’étend dans un périmètre de 100 kilomètres autour de Lyon et concentre près de 3,3 millions d’habitants. Nous sommes ainsi amenés à collaborer avec des collectivités comme Annonay, Romans-sur-Isère pour lesquelles nous apportons notre expertise d’ingénierie à l’échelon intercommunal. Nous espérons aussi travailler avec les agglomérations de Villefranche-sur-Saône et Bourg-en-Bresse pour consolider notre rôle de tiers de confiance en matière d’aménagement du territoire, en termes technique et non pas politique s’entend.
Cette expertise a justement fait émergé un « modèle lyonnais ».

De quoi parle-t-on exactement ?

Lyon et sa région urbaine possèdent près de 50 ans d’expérience intercommunale. Les relations entre Lyon et son hinterland sont historiques, les élus ayant saisi très tôt les enjeux de mutualisation et donc d’efficacité autour de la constitution d’une vaste aire urbaine qui se matérialise aujourd’hui par la mise en place de la métropole. Le dialogue et la recherche du consensus les ont toujours animés. Au niveau économique, le modèle lyonnais s’appuie d’ailleurs sur sa périphérie et les industries qui y sont implantées à l’instar de Grenoble qui a plutôt concentré ses activités et qui ne possède d’ailleurs pas de pôle métropolitain. Le modèle lyonnais se décline à travers un système multipolaire et non par une hyper concentration. Vienne, Saint-Etienne, le Nord-Isère, Villefranche sont autant de pôles urbains qui donnent un équilibre et donc une cohérence à l’effet métropolitain. Les statistiques montrent ces dernières années que la dynamique de croissance économique et démographique est plus forte en périphérie qu’au centre.

Un mot sur le PLU-H ?

C’est un outil d’aménagement qui doit servir à donner des garanties aux investisseurs, en matière de construction immobilière, de qualité de vie et dynamisme économique. L’ensemble de la sphère publique est pleinement mobilisée pour maintenir une cadence vive notamment en matière de production d’habitat (commercial et résidentiel). L’enjeu pour notre agence est de pouvoir poursuivre la maîtrise des délais dans le traitement des actes d’urbanismes, ce qui nous démarque d’ailleurs d’autres collectivités qui nous consultent régulièrement sur notre expertise en la matière.




Julien THIBERT
Journaliste

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