Fermer la publicité
Journal d'annonces légales et d'informations économiques pour le département du Rhône

Artistes à découvrir dare-dare à l'IAC

le - - Exposition

Artistes à découvrir dare-dare à l'IAC
© Blaise Adilon - Maria Loboda, To Separate the Sacred From the Profane, 2016 [Séparer la sacré du profane]

L'institut d'art contemporain présente deux jeunes artistes pour sa nouvelle exposition, Maria Loboda et Charwei Tsaï. L'occasion de visiter ce lieu totalement transformé par les deux femmes pour servir leur dess(e)in.

Si le lieu n'est jamais très fréquenté il mérite pourtant très souvent le détour pour qui s'intéresse à l'art contemporain. Témoin, ces deux artistes tout à fait intrigantes, Charwei Tsaï dont c'est la première exposition personnelle en France et Maria Loboda qui avait participé en 2015 à l'exposition collective, "Demain dans la bataille pense à moi".

Ce pourrait être une ode à la joie si l'on se fie au titre, "La Fête, La Musique, La Noce". Mais en fait, c'est une référence aux guerres napoléoniennes, chaque mot signifiant la guerre dans l'argot de « La Grande armée ». C'est peu dire que l'artiste née à Cracovie cherche à brouiller les pistes, faire basculer les certitudes et interpeller le visiteur. Dès l'entrée, un immense cercle de joncs et roseaux cerclé de métal accueille le visiteur tel un énigmatique passage pour séparer le sacré du profane (la traduction du titre de l'oeuvre).

Parce qu'ici, tout balance entre le vrai et le faux, comme ces stucs qu'on pourrait croire antiques mais qui se révèlent parsemés de bouteilles plastiques, comme ces espaces qui oscillent entre intérieur bourgeois et chapelle mystique. Foisonnante de signes, de symboles, contradictoires parfois, l'exposition révèle sa profondeur cachée au fur et à mesure qu'on l'observe, mais il faut y revenir, ne pas hésiter à faire demi-tour pour tenter d'éprouver l'énigme d'une œuvre qui se laisse pas apprivoiser facilement, tant elle multiplie les motifs et les signes.

À l'instar de sa consoeur taïwainaise, qui vit entre Taïpei et Paris, Charwei Tsaï. Celle-ci cherche plutôt à laisser entrevoir "l'impermanence" et la vacuité des choses par sa pratique méditative de la calligraphie, sur différents supports. Ou de sa pratique des images, comme la vidéo qui donne son titre à l'accrochage, "Water Moon". Une vidéo où le visiteur voit la pleine lune avant de s'apercevoir que c'est son reflet dans l'eau.

Charwei Tsai, We Came Whirling Out of Nothingness, 2014 © Blaise Adilon

L'illustration concrète : « D'une expression courante dans la littérature bouddhiste qui évoque le fait que ce que nous percevons en tant que réalité est comme le reflet de la lune dans l'eau ». Ainsi Charwei Tsaï a installé d'immenses spirales d'encens se consumant pendant toute la durée de l'exposition, sur lesquelles elle a inscrit le sutra du cœur (qu'elle a appris enfant).

Elle réalise également de grandes aquarelles sur papier de riz, mandalas calligraphiques en forme de spirale où elle répète inlassablement le sutra du cœur comme un mantra. Et comme elle s'insère dans son environnement, elle a écrit aussi ce texte canonique sur le platane installé dans la cour (sans doute à l'époque de la construction de l'école). Réflexion sur la vie, la mort... L'oeuvre de Charwei Tsaï invite à la méditation et au questionnement. Une démarche tout à fait salutaire en ces temps troublés.

IAC, jusqu'au 13 août, www.i-ac.eu




Gallia VALETTE-PILENKO
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Le Tout Lyon Journal d'annonces légales et d'informations économiques pour le département du Rhône

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide