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Autoroute A 45 : vers la fin d'un serpent de mer vieux de plus de 20 ans

le 18 mars 2016 - Jacques DONNAY - Collectivités

Autoroute A 45 : vers la fin d'un serpent de mer vieux de plus de 20 ans
Photo DR - Avec des pointes à 110 000 véhicules par jour, la liaison A47 entre Lyon et Saint-Etienne est saturée

Alors que les premières études de faisabilité dateront bientôt d'un quart de siècle, la perspective de voir enfin lancés les travaux de réalisation de l'autoroute A45, devant relier Lyon et Saint-Etienne, refait surface une fois de plus. Lassé par les multiples reports et tergiversations, le monde de l'entreprise a décidé de parler d'une seule voix pour engager les élus à ne plus attendre.

Jean-Paul Mauduy, président de la CCI de région Rhône-Alpes, résume en une phrase les atermoiements qui entourent le projet d’autoroute A45, chaînon manquant dans la liaison Lyon / Saint-Etienne : « Les élus ont passé leur temps à calculer ce que coûterait la réalisation de cette infrastructure, alors qu’il aurait été plus judicieux de calculer ce que coûte le report de sa réalisation. » Derrière les mots, il y a des chiffres. Selon une étude réalisé par les services de l’Etat, les pertes imputables à l’absence de cet outil structurant seraient de l’ordre de 500 M€ par an. « L’équivalent d’une autoroute A45 tous les deux ans, analyse François Turcas, le président de la CGPME Rhône-Alpes. Je rappelle par ailleurs que ce chantier représente un investissement de l’ordre de 1,2 Md€ et quelque 1 700 emplois. Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes, à l’heure où notre économie peine à redémarrer. »


Derrière les chiffres se cache une réalité lourde de conséquences. Pénalisés par les difficultés de liaison sur cet axe Est – Ouest, près d’un quart des chefs d’entreprises interrogés sur les bassins de Lyon, Saint-Etienne et le Puy affirment avoir reporté des investissements de développement. Mieux encore, près de 20 % envisagent de délocaliser leur activité, si aucune solution n’est proposée rapidement. La décision du Conseil régional, qui vient d’annoncer le déblocage d’une enveloppe de 100 M€ pour ce projet, a cependant fait naître un espoir chez les représentants du monde de l’entreprise. Réunis, jeudi 10 mars, à la CCI Lyon Métropole, ils ont décidé d’appeler d’une seule voix l’Etat et l’ensemble des collectivités concernées à s’engager sans attendre en faveur de ce chantier majeur. Une mobilisation dans l’urgence, puisque l’Etat, mais aussi Saint-Etienne Métropole et le Département de la Loire doivent se prononcer avant la fin du mois d’avril sur leur participation au financement de cette infrastructure.


« C’est un projet vital, tant en termes d’emplois, que de dynamisme économique et d’attractivité territoriale », souligne Philippe Valentin, président de la délégation de Lyon de la CCI Lyon Métropole. Un constat repris avec vigueur par André Mounier, président de la délégation CCI à Saint-Etienne, et par Jocelyne Duplain, présidente de la CCI de Haute-Loire. « Cette liaison a non seulement du sens pour les 130 000 TPE et PME de la Loire et de la Haute-Loire, mais elle a aussi du sens en termes plus généraux d’aménagement du territoire », affirme le premier.


Véritable serpent de mer, cette autoroute A45 pénalise les entreprises de l’axe Lyon / Saint-Etienne mais également l’ensemble du territoire régional. Une dimension que rappelle Jean-Paul Mauduy. « Il est impensable que Saint-Etienne soit la seule grande ville de notre région à ne pas être reliée à Lyon par une autoroute. Mais l’urgence va bien au-delà de cet aspect purement régional. Car cette liaison doit être replacée dans un contexte global de gestion des flux entre l’Europe du Nord, l’Europe de l’Est et l’Europe du Sud. » Reste maintenant à savoir si, 8 ans après la signature du décret d’utilité publique, marquant la décision formelle de l’Etat de réaliser l’A45 et d’en fixer le tracé, les arguments du monde économique pèseront suffisamment lourd face aux protestations orchestrées depuis plus de 20 ans par les communes des Monts du Lyonnais.

Le projet A45 en chiffres

48 kilomètres de liaison autoroutière en 2 fois 3 voies entre Brignais et La Fouillouse
1 700 emplois et 1,2 Md€ de travaux
430 M€ qui devraient être financés par l’Etat
432 M€ qui devraient être financés par Saint-Etienne Métropole, le Département de la Loire et le Conseil régional
400 M€ de financement amenés par le futur concessionnaire
30 à 35 000 véhicules par jour attendus
110 000 véhicules par jour en période de pointe sur la liaison A47 actuelle, dont la capacité est estimée à 55 000 véhicules par jour
500 M€ de pertes cumulées chaque année en raison de la mauvaise liaison entre Lyon et Saint-Etienne
30 à 40 minutes, soit le temps prévu pour assurer la liaison entre Brignais et La Fouillouse une fois l’A45 en service



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