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Balasko, une sacrée femme rompue

le - - Spectacle vivant

Balasko, une sacrée femme rompue
Pascal Victor - Josiane Balasko dans La Femme rompue

On attend toujours Josiane Balasko dans le registre comique où elle excelle. Dans le Monologue de La femme rompue, elle joue sur un tout autre tableau. Celui de la femme rongée de haine et de culpabilité.

Écrit en 1968 et publié dans le recueil La femme rompue, ce texte est sans l'un des plus âpres de celle que Jean-Paul Sartre avait affectueusement surnommée Le Castor. Le langage est cru et le texte une brillante démonstration de la mauvaise foi d'un personnage qui accuse le monde entier de son propre malheur. Tout en profitant de l'occasion pour régler quelques comptes avec une société bruyamment patriarcale. Pas étonnant qu'il ait interpellé Hélène Fillières puis Josiane Balasko quand l'actrice-réalisatrice lui a proposé d'incarner Murielle. En effet, Balasko n'avait jamais incarné au théâtre de personnage tragique, alors que les cinéphiles savent combien elle est convaincante dans des registres dramatiques.
Créée en décembre dernier au théâtre des Bouffes du Nord à Paris, La femme rompue met en scène une femme en noir, échouée sur un canapé jaune-orangé, qui pourrait être son radeau sur un océan de rancoeurs. Jamais, elle ne se mettra debout, tantôt assise, parfois dos au public, tantôt couchée sur le dos, les yeux au plafond, elle déballera son flot de rage, de colère, de haine pour le genre humain. Parce que comme l'écrit Hélène Fillières dans sa note d'intention : « Ce texte me bouleverse. Il est l’expression parfaite de la rage. De ma rage. De la rage de la femme. Cette femme, c’est moi. C’est toutes les femmes.  (…) C’est la parole donnée à une femme qui, anéantie et déchirée, se venge par le Monologue. » C'est la parole de Josiane Balasko, incarnant cette femme rompue, « cette petite bonne femme qui dit ce qu’elle pense qui ne triche pas ». Juste et sobre, sans jamais forcer le trait dans un sens ou l'autre. Une sacrée performance d'actrice !
Gallia Valette-Pilenko
Théâtre de la Croix-Rousse, 28 mars au 1er avril, www.croix-rousse.com




Gallia VALETTE-PILENKO
Journaliste

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