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Bérard veut se préserver des aléas de la sous-traitance

le - - Entreprise de la semaine

Bérard veut se préserver des aléas de la sous-traitance

Spécialisée dans la tôlerie industrielle, l'entreprise lyonnaise Bérard veut initier une nouvelle dynamique de croissance en s'appuyant sur une gamme de produits propres.

Plus d’un demi-siècle après sa création à Sainte-Foy-lès-Lyon, en 1953, dans un premier temps sur le créneau de la serrurerie artisanale, la société Bérard a pris son envol sur le marché de la tôlerie industrielle. Installée à Brignais depuis 1973, elle s’est progressivement imposée dans la transformation du métal, comme sous-traitant pour les industries du poids lourd, du textile et de l’équipement.
« Nous avons été portés par une forte dynamique de croissance jusqu’en 2008, avant d’être rattrapés par la crise qui a frappé les économies occidentales », explique Didier Suc, directeur général depuis 2000 et représentant la 3ème génération à la tête de cette entreprise familiale. Un brusque coup d’arrêt, que Bérard a pu surmonter avec l’appui de la holding industrielle israélienne qui contrôle aujourd’hui la majorité du capital.
Didier Suc refuse cependant de se satisfaire de ce retour de la croissance. Conscient que son statut de sous-traitant le rend fragile, car dépendant de ses donneurs d’ordre, alors qu’il est obligé de réaliser de gros investissements pour rester compétitif, le directeur général de l’entreprise a décidé de se doter d’une gamme de produits propres. Une stratégie mise en place progressivement, qui vient d’aboutir après deux années de mise au point.
« Le produit en question n’est pas nouveau en tant que tel, puisqu’il s’agit de containers métalliques dédiés à l’apport volontaire de déchets. Mais il repose sur un nouveau design et une nouvelle conception, ce qui permet de nous différencier de la concurrence, précise-t-il. La commercialisation a débuté cette année et plus de 300 produits ont déjà été vendus. Il nous en reste près de 500 à livrer avant la fin de l’année. Nous devrions être aux environs de 1 000 l’année prochaine. »
Pour mener à bien ce projet 100 % français, Bérard s’est associé avec Bonna Sabla, le spécialiste du béton. La gamme qu’ils ont co-créée comprend une solution enterrée, une solution semi-enterrée et une solution externe. « Notre produit permet de collecter jusqu’à 5 m3 de déchets et nos clients ont le choix des couleurs, des volumes, des systèmes techniques… », ajoute Didier Suc. Installé dans les villes et dans les zones péri-urbaines, ce produit connaît aujourd’hui un fort développement. Actuellement distribué uniquement dans l’Hexagone, il pourrait avoir un avenir à l’international.
« A terme, nous espérons en effet avoir un rayonnement européen, car ce produit correspond à un besoin commun à tous les pays. Mais si c’est le cas, ce développement se fera soit par licence de fabrication, car c’est un produit volumineux, plein de vide et difficile à transporter, soit sous la forme d’une production en kit, avec un montage local ensuite. Pour l’heure, néanmoins, notre priorité est d’assurer sa montée en puissance en France », conclut-il.

Jacques Donnay

Didier Suc (Directeur général de Bérard) : « Partenaire historique des navettes autonomes Navya »

 

Que pèse la société Bérard aujourd’hui ?

Nous employons une centaine de personnes et nous réalisons un chiffre d’affaires de l’ordre de 12 M€. Actuellement notre gamme de produits propres représente 10 % de l’activité, mais nous espérons atteindre la barre des 30 % dès l’année prochaine. Pour faire face à ce développement, nous avons pris en location un bâtiment de 4 600 m2 en début d’année. Installé à côté de notre site, il porte notre surface à 14 000 m2 couverts.


Qui sont vos clients ?

Beaucoup d’industriels régionaux, car la transformation du métal est très importante autour de Lyon. Certains ont une grosse activité à l’international, par exemple dans le poids-lourds ou le textile… Nous sommes notamment le partenaire historique des navettes autonomes Navya. Nous réalisons toutes les parties métalliques : le châssis intérieur, l’arceau supérieur et les composants métalliques. Pendant deux ans les navettes étaient montées chez nous, mais ils ont pris possession de leurs propres locaux cette année et désormais nous leurs livrons les pièces chez eux.


Le projet Navya représente-t-il la synthèse de votre savoir-faire ?

C’est un projet emblématique sur lequel nous apportons en effet tout notre savoir-faire, mais nous avons bien d’autres expertises à proposer. La BMW 328, que nous habillons depuis 2006 après avoir fait la conception et le prototypage, a été réceptionnée officiellement par le constructeur allemand, en tant que voiture de la marque. Nous avons une concession de licence pour ce produit et c’est une véritable vitrine de notre savoir-faire et de nos capacités de développement.




Jacques DONNAY
Journaliste

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