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Carine Michel : la chimie verte, un enjeu d'avenir

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Carine Michel : la chimie verte, un enjeu d'avenir
D.R. - La médaillée de bronze du CNRS

Suite et fin des quatre portraits des lauréats lyonnais des médailles CNRS 2015. Tout juste âgée de 35 ans, Carine Michel, chimiste théoricienne, cherche à expliquer la chimie et tente de prévoir des résultats sans pour autant en créer de nouveaux. Membre du Laboratoire de chimie , elle est récompensée par la médaille de bronze du CNRS qui salue ses travaux théoriques dans le domaine de la catalyse, plus particulièrement pour la chimie verte. Une distinction à laquelle elle eut du mal à croire.

Originaire d’Annecy, elle débute son parcours universitaire en intégrant une classe préparatoire aux grandes écoles pour une durée de deux ans (1998-2000). La qualité de l’enseignement reçu lui permet de réussir le concours d’admission à l’École Normale Supérieure de Lyon dont elle sera l’élève pendant quatre ans (2000-2004). Au fil de son cursus, elle hésite entre l’enseignement et la recherche, avant de s’orienter vers la seconde voie à la suite d’un master de chimie physique moléculaire et structurale réalisé à l’université Joseph Fourier de Grenoble. S’ensuit une thèse sous la direction d’Anne Milet, ayant pour sujet « Études théoriques de la réactivité chimique : des méthodes statistiques à la metadynamique » qui lui confère le grade de docteur en juin 2007.

C’est durant sa thèse qu’elle découvre les joies de la chimie théorique et de la modélisation en réactivité. La suite de son parcours l’amène jusqu’à Amsterdam (Pays-Bas) où elle collabore avec Evert-Jan Baerends, un spécialiste du domaine. En 2008, elle est de retour à l’ENS de Lyon en tant qu’agrégée préparateur au Laboratoire de chimie1, avant de devenir chargée de recherche CNRS (au sein du même laboratoire) en octobre 2009.

Heureuse lauréate d’une médaille de bronze dont elle ne prit pas conscience immédiatement, elle se pensait (à tort) trop jeune, trop théoricienne pour l’obtenir. Pourtant, ses travaux s’inscrivent dans une démarche résolument tournée vers l’avenir puisqu’ils s’insèrent dans le cadre de la chimie verte. Véritable révolution, cette nouvelle façon de concevoir la chimie est récente et a pour but de réaliser des produits et des procédés chimiques capables de réduire ou d’éradiquer l’utilisation et la synthèse de substances nocives. Le caractère écologique est donc primordial.

Figurant parmi les grands principes de la chimie verte, la catalyse joue un rôle majeur. En effet, son but est d’aboutir à une économie d’énergie, d’atomes et de temps. Grâce à ce procédé, on peut notamment réduire les déchets produits lors d’une réaction ou encore limiter l’utilisation de hautes températures. Ainsi, Carine Michel simule et étudie avec un ordinateur la manière dont un élément choisi (le catalyseur) va pouvoir faciliter une réaction chimique. Ses travaux, ancrés dans le secteur de la chimie verte, visent en particulier à imaginer des catalyseurs permettant de mieux utiliser la biomasse, avec l’objectif final de développer des solutions alternatives au pétrole. Domaine en plein essor, elle aime rappeler « que tout reste à découvrir ». Les horizons de ses études laissent entrevoir un avenir marqué par une place de plus en plus grande pour des procédés chimiques plus durables, écologiques et responsables.

Très occupée par l’ensemble de ces travaux, Carine Michel souhaiterait se concentrer sur l’obtention d’une habilitation à diriger des recherches. Toutefois, elle consacre beaucoup de temps à la vie de son laboratoire pour lequel elle n’hésite pas à multiplier les partenariats à l’échelle internationale avec la Chine, le Canada ou encore la Pologne dans le but d’échanger sur des méthodes de travail. Et ce n’est pas tout : la jeune lauréate trouve encore du temps à consacrer à la diffusion des savoirs. En effet, elle n’hésite pas à intervenir auprès de lycéens pour leur présenter la chimie verte et les perspectives qui en découlent, mais aussi, à accueillir des stagiaires de tous niveaux d’études : du stage de découverte réalisé par les collégiens au stage de recherche mené par des étudiants de master.

 




Fabien RIVIER
Journaliste

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