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Chantiers archéologiques : un passé à creuser

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Chantiers archéologiques : un passé à creuser
Photo : Michel GODET - Le site de l'hôtel-Dieu : 5 ans de travail pour les archéologues

L'hôtel-Dieu, le quai Saint-Antoine et la montée de Choulans : des sites lyonnais en pleine mutation faisant l'objet de travaux importants… Et, vu la richesse historique de la ville, de fouilles archéologiques d'envergure. Visite de chantiers.

Les villes se sont renouvelées en s’édifiant sur leurs propres ruines. Les fouilles archéologiques dévoilent les occupations successives de l’Antiquité au XXe siècle, autant de strates à mettre au jour. La découverte d’indices très variés permet de restituer le plan d’un quartier depuis sa création jusqu’à l’époque actuelle.

La reconversion de l’hôtel-Dieu, site emblématique de la Presqu’île lyonnaise, constitue un vaste projet décliné en plusieurs étapes au cours desquelles l’archéologie préventive accompagne le maître d’ouvrage, Eiffage, pour expertiser le potentiel archéologique des sous-sols, fouiller les vestiges repérés et écrire son histoire avant la construction du bâtiment imaginé par Soufflot au milieu du XVIIIe siècle.

Après trois diagnostics, la première fouille commence en juillet 2011. Elle est conduite par le service d’archéologie de la ville de Lyon sous l’autorité de l’Etat. Depuis quatre ans, entre quatre et dix-huit membres de l’équipe de fouilles travaillent en permanence sur deux cours de l’hôtel-Dieu. Anne Pariente, qui dirige le service d’archéologie, est transportée par la beauté de ce bâtiment au sein duquel tous les siècles se superposent. Elle participe chaque semaine aux réunions de chantiers et aborde ces découvertes avec l’émotion d’une historienne.

« Dans toute la partie sud jusqu’à la chapelle, on retrouve les vestiges des maisons qui constituaient le bourg Chanin, installé depuis le XIIIe siècle et démoli en 1843, grignoté progressivement par la construction de l’hôpital. Dans la cour de de la Chaufferie, on a retrouvé deux sépultures datant du VIIIe ou IXe siècle après Jésus-Christ. Il s’agit de tombes d’enfants probablement morts du scorbut. D’une phase d’occupation peu connue jusque-là sur la Presqu’île avec quelques traces retrouvées lors de la fouille du parking des Célestins, nous avons découvert des traces assez ténues dans la cour du Midi. Sous les couches médiévales qui ont enseveli ces deux enfants, nous atteignons les niveaux antiques. Là, des restes très intéressants attestent d’une occupation avec de belles maisons comportant des mosaïques et des enduits peints. Nous en avons extrait 150 caisses de la cour de la Chaufferie et en avons réalisé une reconstitution. Ce sont les plus anciens niveaux que l’on ait identifiés sur le site de l’Hôtel-Dieu.

Nous connaissions déjà l’existence de ces niveaux antiques dans la Presqu’île, grâce à des fouilles précédentes qui nous avaient permis de les identifier. Ils ont été assainis par les Romains dès le Ier siècle après J.-C. et occupés très vite par de riches habitations, appartenant sans doute à des commerçants. Nous avons retrouvé une autre partie de  mosaïque place Ampère lors d’une fouille menée en 2014 à l’occasion de la construction de l’ascenseur de la station de métro par le Sytral. »

 

Des fouilles au rythme des travaux

 

A l’heure actuelle, dans la cour du Magasin, une fouille funéraire est en cours. Elle révèle des ossements humains provenant du cimetière de l’hôpital et du cimetière protestant. Dès le Moyen-Age, un cimetière aurait été installé ici. Toute la partie nord de l’Hôtel-Dieu peut receler des restes humains. Mais aujourd’hui, l’Etat impose une discrétion absolue sur ces découvertes.

Les investigations se poursuivent quotidiennement aux quatre coins de la parcelle de l’Hôtel-Dieu. Actuellement à mi-parcours, elles se calent sur le phasage des travaux. Il en est de même sur d’autres grands chantiers. C’est notamment le cas du futur parc Saint-Antoine, réalisé par Lyon Parc Auto. Là encore, grâce à des opérations de fouilles, le service archéologique de la ville de Lyon a permis de reconstituer le passé de ce secteur.

Place d’Albon, les vestiges d’une occupation humaine remontant à l’Antiquité ont été découverts. Sur le quai Saint-Antoine, ceux d’habitations datant du XVIe siècle et du mobilier céramique laissent supposer que le quai servait de zone d’épandage ou d’échouage. « Il ne s’agit pour l’instant que d’interventions ponctuelles préalables, en attente de la paroi moulée du parking. La grande partie de nos travaux sera réalisée en fin d’année 2016 », précise Luc Françoise dit Miret, ingénieur d’études en charge du territoire de la Métropole pour le service archéologique de la Drac (Direction régionale des affaires culturelles).

En 2014, place Abbé-Larue, le projet de construction d’une résidence universitaire par le Crous a conduit l’Etat à prescrire un diagnostic pour déterminer le potentiel archéologique du terrain. Les fouilles ont mis au jour les vestiges d’enceintes gauloise, romaine, médiévale et du XIXe siècle, à la grande satisfaction de la Drac, qui a financé ces fouilles à hauteur de 90 %.

Depuis juin 2015, des équipes de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) travaillent sur le site de la montée de Choulans. L’Inrap et le service archéologique de la ville de Lyon viennent d’ailleurs de signer une convention de collaboration.

 

 




Fabien RIVIER
Journaliste

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