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Coaching gagnant

le 09 mai 2017 - Dossier réalisé par Stéphanie Borg, Stéphanie Polette, Séverine Renard, Jacques Donnay, Julien Thibert - Dossiers

Coaching gagnant

Pas toujours facile de se (re)lancer professionnellement, de trouver la bonne formation pour évoluer dans son métier ou tout simplement maintenir le cap de son entreprise ou même encore de se refaire une santé… Apparu au début des années 80 pour une élite, le coaching s'est progressivement démocratisé pour atteindre la middle-class. Le processus du coaching est contractualisé et répond à une volonté d'atteindre ses objectifs fixés initialement. Alors qui sont ces coaches ? A quoi servent-ils réellement ? Pour quels résultats ?

« Une aventure humaine extraordinaire » 

Depuis les années 1980, le coaching dans les organisations suscite un intérêt croissant. Michaël Pichat, responsable du DU Coaching en entreprise de l’IAE de Lyon, évoque les atouts de cet outil de développement. 

Quelles sont les motivations  pour avoir recours au coaching ?

Un individu, dans son cadre professionnel ou privé, peut faire appel à un coach pour résoudre un problème ou pour atteindre une finalité. Et l’entreprise ou l’organisation, pour l’un de ses collaborateurs en difficulté ou qui a des objectifs importants, nouveaux ou complexes à atteindre, peut également être à l’origine d’un coaching. Les demandes typiques concernent la gestion de la charge de travail, du stress, des conflits et la prise de nouvelles responsabilités.

Comment mesure-t-on les effets réels du coaching ?

Des études scientifiques font des évaluations avant et après le coaching et montrent son utilité vis-à-vis d’une série de caractéristiques. Et d’autre part, avant de commencer le coaching, le coach identifie, avec la personne coachée et l’entreprise cliente, des critères et des objectifs qui seront évalués à la fin. Des gains sont observés sous différents aspects, notamment psychologiques et relatifs au bien-être au travail à la gestion du stress, des difficultés et des conflits. Les études révèlent que le coaching apporte aussi la satisfaction en entreprise et l’efficacité professionnelle.

Que faut-il pour être un bon coach ?

Un bon coach est un coach qui se décentre et ne clame pas ses opinions ou son point de vue. Il doit savoir questionner, écouter et comprendre, avoir de l’empathie et orienter vers des solutions pragmatiques.

Le coaching peut-il déstabiliser ?

Le coaching est une aventure humaine extraordinaire. Il peut avoir des effets inattendus. C’est une déstabilisation positive, c’est un travail sur soi, comme lors d’une psychothérapie. C’est une remise en cause des modes de fonctionnement. C’est un vrai challenge qui permet de bouger et d’avancer.     

Les techniques théâtrales au service du coaching  

Artis Coaching propose aux entreprises d'utiliser le théâtre pour coacher leurs collaborateurs dans les domaines de la communication, du commercial et du management. 

« Le théâtre permet d’expérimenter des situations avec le corps et de ressentir les émotions », résume Anne Angebault, coach et gérante d’Artis Coaching. Diplômée de l’Ecole supérieure du spectacle de Paris et de l’Institut d’études théâtrales de la Sorbonne, mais aussi de Sciences Po Paris, Anne Angebault a créé Artis Coaching il y a 5 ans pour aborder les problématiques d’entreprise par l’approche théâtrale. « J’ai beaucoup évolué dans le secteur bancaire et j’ai pu constater les dysfonctionnements de l’entreprise : mauvais management, manque de reconnaissance, conflits… », affirme la coach.


Le coaching traditionnel donne des outils pour gérer des situations et s’adresse au cerveau. « Avec le théâtre, les collaborateurs vivent et incorporent les situations », compare Anne Angebault. Lors de sessions de « théâtre forum », l’experte propose aux collaborateurs de rejouer des scènes réelles comme une dispute dans un service ou un problème de communication lors d’un entretien. Les participants sont invités à suggérer des changements pour permettre des améliorations et jouer un nouveau scénario. « Ce type d’approche parle à l’intelligence émotionnelle et à l’intelligence collective.

C’est adapté au coaching dans les domaines de la communication, du commercial, du management avec des groupes ne dépassant pas une quinzaine de personnes », précise la coach qui peut être amenée à gérer des débordements. Autres bénéfices de la pédagogie théâtrale : apprendre à se tenir droit et à être ancré, placer sa respiration, savoir interagir avec son environnement…


Rayonnant sur le quart Sud-Est de la France, Artis Coaching a déjà travaillé pour La Poste, Axa, Apave, Securitas, Elior, Cartier… « L’offre s’adresse à des entreprises de taille conséquente et qui sont ouvertes aux approches innovantes de coaching », constate Anne Angebault dont la prestation est facturée 1 600 € HT/journée.

Le coaching sportif s’«uberise»

Besoin d’une remise à niveau, d’intensifier sa préparation sportive en vue d’une course, ou tout simplement de pratiquer une nouvelle discipline, selon vos horaires, le tout coaché par un professionnel ? Lancée en septembre 2016, la plateforme internet BeMySport permet à son utilisateur de choisir le jour, l’heure, le lieu et le type de discipline sur le périmètre de la métropole de Lyon.

La séance est facturée à l’heure (54 €) quel que soit le sport souhaité, avec la possibilité de réserver un créneau pour 4 personnes maximum jusqu’à deux heures avant le début de la séance. Une quinzaine de sports, avec autant de coaches associés est proposée : course à pied (circuit training, footing, …), fitness, yoga, boxe ou encore tennis et vélo (créneau de 2 heures pour ces deux disciplines). Il est possible aussi de préciser son niveau sportif. Votre rendez-vous booké, reste à chausser vos baskets et partir à la rencontre de votre coach du jour pour une séance sur-mesure.


« L’idée est de répondre à une demande et non l’inverse. Trop souvent c’est le client qui doit s’adapter aux horaires et aux lieux, et voir quel coach est disponible. Avec notre application, c’est le contraire, l’idée étant de consommer le sport autrement » explique Nicolas Depelchin, l’un des quatre associés fondateurs de BeMySport, lancé en septembre dernier. Tous férus de sport et pratiquants de haut niveau, ces quatre entrepreneurs ont opté pour une approche pédagogique privilégiant le bien-être et la convivialité. « Quel que soit le niveau de nos clients, nous nous adaptons en maintenant la même qualité de cours à chaque séance grâce à notre quinzaine de coaches disponibles (NDRL : tous diplômés d’Etat) et qui sont à l’écoute. Nous voulons tous vivre notre vie de manière intense, que ce soit en famille, entre amis, lors de nos loisirs ou pendant nos activités sportives. En même temps, nous voulons pouvoir pratiquer une activité physique au gré de nos envies et de nos passions, pour accéder plus rapidement au plaisir, au bien -être et au mieux-vivre », poursuit Sébastien Dos Santos, autre associé et coach professionnel. Actuellement disponible par Internet, BeMySport sera bientôt accessible sur tablette et smartphones.

Trois questions à Carine Jacquier

Selon cette spécialiste de l'équicoaching, associée et intervenante à l'Académie du changement en organisation (ACO), fondatrice de Qilincoaching, « l'équicoaching est un accélérateur de résultats ».

 

Sur quels principes repose l'équicoaching ?

L'équicoaching s'inspire de l'équithérapie, une méthode éprouvée par le monde médical qui fait intervenir le cheval dans le traitement de troubles psychologiques.
Je m'appuie sur mes 25 ans de carrière de cavalière pour introduire le cheval dans ma pratique. Elle s'inscrit dans l'analyse transactionnelle qui vise à ne pas se focaliser sur un seul problème mais à prendre en compte l'ensemble du système pour dresser un diagnostic au plus juste.

J'utilise l'effet miroir du cheval : instinctif et direct, il réagit immédiatement et sans détour face à la personne qui se présente à lui. Mon rôle consiste à mettre des mots sur ce que dit le cheval. Je m'attache évidemment à faire lien avec le monde de l'entreprise : mise en relation, rapport à l'autre, leadership et confiance en soi, par exemple.

Comment se déroule une séance ?

En premier lieu, on ne monte pas à cheval. Il n'est donc pas nécessaire de savoir le faire. L'ensemble des exercices se fait à pied. Les séances sont variables, de 2 heures, si on travaille en séance individuelle à 2 jours, ponctués d'ateliers théoriques, si l'on fait partie d'un groupe. Je préconise néanmoins de prévoir 2 séances. Il est important de se revoir pour constater les évolutions, faire les petits ajustements nécessaires et consolider les acquis. Les séances sont intenses. Il ne s'agit pas de se mettre au vert mais bien de faire agir et parler la personne en exercice.

Quels bénéfices en tirer ?

Travailler avec le cheval est un accélérateur de résultats. Si on s'interroge sur sa position de leader, le résultat sera immédiat. Ancrée dans le cerveau émotionnel, l'expérimentation directe permet de basculer immédiatement dans la vie de l'entreprise avec les bonnes postures.
Notre rôle consiste à aider à faire prendre conscience qu'il est possible de faire autrement et de proposer comment le faire.

Thierry Pacaud : « La notion de coaching dépasse le cadre de l’entreprise privée »

Créée il y a 20 ans, la société de coaching Team For Development déploie désormais son savoir-faire aussi bien auprès des collectivités locales que des entreprises privées. Thierry Pacaud, son créateur, revient sur la maturation de cette activité.

Quel est l’objectif du coaching ?

Les enjeux humains et sociaux de l’entreprise ou de l’organisation sont des éléments essentiels de sa performance et ils peuvent faire la différence. Le coaching vise à aider le dirigeant d’entreprise ou le manager à résoudre les problèmes qui apparaissent et à améliorer ses performances et celles de ses équipes. Mais attention, le coaching n’est pas du conseil. Nous accompagnons nos clients, en les stimulant, en les amenant à améliorer leur leadership, jamais en les conseillant sur leur coeur de métier.

Depuis quand les entreprises font elles appel au coaching ?

Il y a très longtemps que cette activité est développée aux Etats-Unis, mais elle a fait son apparition en France depuis une vingtaine d’années. Dans le monde de l’entreprise, dans un premier temps, puis dans celui des collectivités locales, plus récemment. Ces dernières ont désormais parfaitement intégré l’intérêt du coaching, qui est en fait un accompagnement du dirigeant ou du manager. Pour ma part, je décline une offre de coaching, qui permet d’aborder les situations dans leur complexité systémique.

Le coaching n’est-il pas réservé à une clientèle très ciblée, qui serait plutôt celle des grandes entreprises parisiennes ?

Non, pas du tout. Nous sommes aujourd’hui une vingtaine d’associés et nous déclinons notre offre en direction d’une clientèle très large, comprenant aussi bien des entreprises industrielles que des sociétés de services. Et bien que notre entreprise soit née à Paris, nous disposons depuis plusieurs années d’une antenne à Villeurbanne. Ces dernières années, nous intervenons également de façon régulière dans l’Ouest de la France.

Bien qu’il s’agisse d’une activité relativement récente, le coaching va-t-il encore évoluer à l’avenir ?

Oui et nous constatons d’ailleurs l’apparition d’un nouveau phénomène depuis deux ou trois ans, avec le développement du coaching à distance. Le téléphone, la vidéo conférence, sont des outils que nous intégrons de plus en plus fréquemment. Aux Etats-Unis, le coaching à distance totalise déjà plus de 60 % du marché

Demandeur d’emploi : miser sur sa valeur ajoutée

Accompagné dans sa démarche de recherche d’emploi ou pour un travail de développement personnel, le coaching pour un demandeur d’emploi vise surtout à lui redonner confiance.

Subir un licenciement ou décider de partir dans une nouvelle aventure professionnelle sont des situations qui méritent un accompagnement adapté. « La première étape consiste surtout à redonner confiance, avance Nathalie Vigouroux, coach et fondatrice de Paradoxe RH en 2013 à Lyon. Cette phase d’écoute met en valeur les points forts du demandeur d’emploi. L’étape suivante s’attache à proposer un accompagnement sur la communication, pour préparer un entretien d’embauche, s’appuyer sur la valeur ajoutée apportée à l’entreprise qui recrute, appréhender la communication verbale et non-verbale, la gestuelle… »

 

Plus tôt le demandeur d’emploi s’adjoint les compétences d’un coach, plus efficace seront les conseils prodigués. « Et même les personnes pêchues trouvent un intérêt à ce travail. » Un bon accompagnement dure moins de six mois, à raison de sept à huit séances de deux heures. « Tout dépend du profil du demandeur d’emploi. Il faut considérer ce temps comme un investissement pour l’avenir. » Le coût dépend d’une multitude de paramètres : l’état d’esprit du coaché, le nombre d’heures nécessaires, le financeur. « Certaines entreprises prennent en charge la prestation pour des salariés licenciés. » Dans tous les cas, Nathalie Vigouroux conseille « de rencontrer deux ou trois coaches en demandant leurs méthodes, leurs outils et surtout en ressentant un bon feeling. »





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