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Métropole de Lyon : gouvernance territoriale par l'open data

le 29 août 2017 - Julien THIBERT - Collectivités

Métropole de Lyon : gouvernance territoriale par l'open data
DR - Nathalie Vernus-Prost, première « data chief officer » de France

La transformation numérique ne touche pas seulement les entreprises mais également les collectivités territoriales. Symbole de cette révolution digitale, la création du poste d'administrateur général des données de plus en plus répandu dans le service public. Rencontre avec Nathalie Vernus-Prost, première « data chief officer » de France, en poste à la métropole de Lyon, et qui a en charge de diffuser de manière pertinente près d'un millier de jeux de donnée.

En quoi la gestion de la donnée ouverte (open data) elle un enjeu pour les collectivités ?
La donnée est indispensable au développement de nouveaux services à destination des usagers. (NDLR : Vélo’v, Onlymoov, …). Plus cette donnée sera précise plus elle sera utilisable et pertinente pour le plus grand nombre. Connaître en temps réel le nombre de places disponibles dans les parkings de Lyon, permettre aux non-voyants d'obtenir leur localisation exacte ainsi que les principaux points d'intérêt à proximité grâce à une commande vocale ou le nombre de défibrillateurs et leur implantation dans une commune sont des applications qui résultent d’une collecte, d’une gestion puis d’une diffusion à forte valeur ajoutée. La bonne gestion des données participe aussi au développement économique.

Quel être votre rôle à travers ce processus de collecte puis de diffusion de la donnée ?
L’objectif est d’abord d’encourager l’ensemble des services de la métropole à ouvrir leurs fichiers de données jusqu’alors sous-exploités. Il faut pouvoir argumenter sur un sujet, celui de l’open data qui ne parle pas forcément à tout le monde. Il faut donc pouvoir parler de la donnée, la décrire et montrer comment elle peut être utilisable et pertinente. Notre service travaille en étroite collaboration avec l’écosystème des entreprises locales pour développer des solutions utiles aux usagers de la ville.

Un exemple ?
Nous avons dernièrement optimisé l’ensemble des données relatives aux Maisons de la Métropole initialement dispersées dans chaque service. Au-delà d’une simple liste avec les adresses associées, nous avons intégré les horaires d’ouverture ainsi que la géolocalisation pour chacune d’entre elles. Des informations disponibles en ligne sur notre plate-forme Open Data (NDLR : https://data.grandlyon.com). Cela paraît simple mais encore faut-il mobiliser les services associés, collecter les données puis les traiter de manière à ce qu’elles puissent être utilisables par les usagers. Certaines postures doivent évoluer par rapport à la donnée. Le but étant in fine de proposer une vision territoriale de la donnée.

Où en sont vos discussions avec Google à propos de vos licences ?
La qualité des données produites sur la mobilité à l’échelon du territoire métropolitain intéresse effectivement Google et aussi Waze qui nous ont sollicité pour pouvoir les utiliser dans leurs applications GPS. Pour l’instant nous n’avons pas donné suite car nous souhaitons que nos politiques publiques soient respectées. Par exemple en matière de voierie, la métropole hiérarchise certaines voies en proposant aux automobilistes des parcours qui évitent des zones « protégées », avec par exemple des écoles. Nous ne souhaitons pas que ces zones voient leur trafic densifié par des applications GPS qui optimiseraient à outrance les temps de trajets en ville. Par là nous souhaitons également protéger et promouvoir le savoir-faire local des entreprises qui ont développé avec nos solutions de mobilité.



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