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Cinéma/Villeurbanne : Le court français régénéré par l'étranger

le 13 novembre 2015 - Eric Séveyrat - Cinéma / Livres - article lu 82 fois

Cinéma/Villeurbanne : Le court français régénéré par l'étranger
DR - Photo tirée de Aquabike, film de Jean-Baptiste Saurel, tourné en grande partie Villeurbanne

Pas facile aujourd'hui d'attirer 6000 personnes sur 10 jours dans une salle de cinéma, pour voir des courts-métrages. C'est pourtant le petit miracle accompli chaque année à Villeurbanne par le Festival du film court (13-22nov.).

« Il y a encore dix ans, on atteignait des scores de plus de 10000 spectateurs, admet Laurent Hugues, directeur du Festival et du cinéma Le Zola, principal lieu de projection.  A l’heure des youtubers, des blagounettes en série de la télé, et autres pastilles Internet, où seul compte le nombre de vues, pour le court, c’est difficile. Et pourtant, c’est là qu’on y voit le cinéma long métrage de demain. Le numérique a démocratisé le cinéma, mais pas le talent. C’est une généralité pour l’ensemble des festivals en France. Villeurbanne est dans le top 3 des plus anciens, avec Grenoble le plus vieux, et avant Clermont, notre « Cannes » du court. Créé en 79 à Lyon, le festival s’est très vite implanté à Villeurbanne lorsque son fondateur Alain Liatard a pris les rênes du Zola. Il faut avouer par ailleurs que le festival Lumière (auquel le Zola participe) a capté des spectateurs qui, faute de budget ou de temps, ne viendront pas sur le festival courts ajoute encore Laurent Hugues. »


Pour la première année, le festival va collaborer avec le pôle Pixel de Villeurbanne et Rhône-Alpes Studio. Une journée professionnelle master class avec le critique Thierry Jousse, aura lieu sur le site en lien avec le bureau des auteurs. Un prix du pôle Pixel bien doté, sera décerné (10000 € HT en moyens techniques pour comparaison, le grand prix est doté de 4000 € offerts par la ville).

Côté budget

« On se maintient autour de 120 000 €, confie Laurent Hugues, mais on n’a plus aucune marge de manœuvre, la subvention conseil général (3000€) a disparu avec lui, la nouvelle Métropole se concentre sur les très gros évènements, restent la ville de Villeurbanne évidemment (environ 30%), la Région (environ 20%), la DRAC (5000€), l’autofinancement et les partenaires privés font le reste. Certaines municipalités ont essayé de lancer un festival du court en pensant que cela ne coûtait rien, et qu’elles allaient se donner une caution culturelle à bon compte…Erreur, si sur Internet tout semble gratuit, la plupart des films courts ne sont pas en ligne, il faut les voir en salle, payer la location des copies, héberger les auteurs, les acteurs, les producteurs, se doter des bonnes conditions de projection etc. »  A Villeurbanne, le centre culturel et de la vie associative qui servait de salle de projection il y a 7 ou 8 ans, a été abandonné. Trop mauvaises conditions, se souvient Laurent Hugues : " Les gradins ne sont pas adaptés, le film est projeté en plongée, dès que vous avez des sous-titres, si vous avez un grand devant vous, il est impossible de lire …"

La programmation est un travail de stakhanoviste du visionnage, auquel se livrent Laurent Hugues et son équipe : 800 films français, 500 films étrangers, sont visionnés entre avril et fin septembre, pour n’en garder que 73 au final pour les deux compétitions court français et court européen hors France (13 pays) avec un rééquilibrage France-étranger ; et 35 films pour la compétition Images virtuelles (animation et numérique) : « Heureusement la tendance lourde du film social est derrière nous et les auteurs recommencent à prendre des risques, même si la comédie reste rare dans le court. Le film social était uniformisé par tout le système des aides à la production. L’ouverture vers l’étranger (européens hors France) a fait beaucoup de bien au court métrage français, qui a vu que chez les voisins on osait tout type de sujets, et qu’on allait sans hésiter vers les films de genre en comédie, fantastique etc. » Le festival 2015 participe de ce mouvement, on devrait assister à un bon cru.

Eric Séveyrat

 

Une association, trois compétitions, trois festivals


L’Association pour le Cinéma de Villeurbanne majoritairement financée par la ville emploie 8 personnes (6,5 équivalent temps plein) et monte trois festivals, avec Le Zola comme point d’ancrage : Courts métrages (novembre), Ciné O’Clock, cinéma britannique et irlandais (février), et Reflets du cinéma ibérique et latino-américain (mars). Le festival du court présente trois compétitions : films français, films européens hors France, et Images virtuelles. Le jury : Christine Gendre, Unifrance ; Paul-Jean Tavernier, Panavision Rhône-Alpes ; Yorick Kalbache, directeur de production ; Sophie Tavert, réalisatrice ; Vanessa Lhoste, directrice artistique de festival, réalisatrice. Le jury Images Virtuelles : Antoine Allègre (journaliste - Rockyrama) ; Arthus Kau¬eisen (réalisateur) ; Jean-Charles Mbotti Malolo (réalisateur).
http://www.festcourt-villeurbanne.com

 



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