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« Paul Delvaux, Maître du rêve » à Evian

le 11 septembre 2017 - Brigitte ROUSSEY - Exposition

« Paul Delvaux, Maître du rêve » à Evian
" Le Divan " (1934), encre et aquarelle sur papier

Le Palais Lumière rend actuellement hommage à Paul Delvaux (1897-1994), l'un des plus grands peintres belges surréalistes du XXe siècle. Son univers singulier et mystérieux peuplé de femmes silencieuses, de couples ambigus, de trains fantomatiques, de squelettes et de temples antiques, envoûte les spectateurs par son appel au rêve et au départ pour des cités imaginaires. Paul Delvaux rêve ! Il rêve d'une femme sensuelle qu'il voit et décrit dans ses relations amoureuses et ses jeux de séduction.

L’histoire personnelle de Paul Delvaux est compliquée. Fils de bonne famille, sa personnalité fragile et ombrageuse a du mal à s’épanouir sous l’emprise d’une mère trop autoritaire. De plus, un amour perdu et un mariage raté ne facilitent pas ses relations avec les femmes et expliquent sans doute son obsession à les représenter.

L’exposition réunit 80 œuvres : des dessins, des études et des peintures des années  1920 à 1970 environ. Elles proviennent essentiellement d’une collection particulière belge complétée par quelques pièces importantes du musée de Bruxelles. Son parcours se divise en sept séquences qui reprennent les thèmes chers à l’artiste comme le rêve, la théâtralité, la féminité, la solitude ou le voyage.

Dès les années 30, Delvaux s’intéresse aux mécanismes de l’inconscient prônés par les surréalistes, sans toutefois adhérer totalement à leur manifeste qu’il juge automatique et  trop répétitif. Il préfère l’approche du surnaturel et l’évasion de l’esprit par l’absurde (Le Rêve, 1935 ; Le Palais en ruine, 1935). Parallèlement à ses recherches, il concentre son travail sur la représentation de la femme sensuelle et sur sa nudité. Pour lui, elle ne peut être que mystérieuse, érotique et inaccessible. Toutes ses muses se ressemblant, elles définissent sans doute son idéal féminin (Couple et enfant dans la forêt, 1928-29 ; Les Deux Amies, 1930-31).

L’année 1934 est importante pour Paul Delvaux car il découvre les travaux des peintres surréalistes Giorgio de Chirico et Magritte. C’est pour lui un choc ! Son style évolue avec l’introduction dans ses tableaux de décors de théâtre et de mises en scène nouvelles. Ses femmes, devenues solitaires, prennent des poses apprêtées dans des architectures irréelles (Trois Femmes dans un décor surréaliste, 1935).

Très tôt Delvaux est captivé par l’activité ferroviaire. Il aimera peindre des trains et des tramways pour leur modernité mais surtout pour leur appel au rêve et au voyage dans des contrées lointaines. Enfin la séquence difficile des squelettes interpelle les visiteurs par les sujets macabres, étonnants dans l’œuvre du peintre. Toutefois on note avec surprise que ces squelettes sont présentés dans des décors familiers (Les squelettes, 1944), ce qui les rend presque sympathiques !

Paul Delvaux, peintre poète, « maître du rêve », invite le public à découvrir les messages qu’il lui transmet à travers ses œuvres, afin  qu’il puisse pénêtrer dans son monde onirique, imaginaire et silencieux. Une exposition remarquable qui ne laisse personne indifférent.

Palais Lumière Evian (quai Albert-Besson)-Ouvert tous les jours de 10h à 19h (lundi 14h-19h) jusqu'au 1er octobre.



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