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Ann Veronica Janssens, un univers en soi

le 25 avril 2017 - Gallia VALETTE-PILENKO - Exposition

Ann Veronica Janssens, un univers en soi
Blaise Adilon - exposition Mars d'Ann Veronica Janssens

Une exposition dans l'univers de Ann Veronica Janssens est un voyage. Voyage dans les perceptions certes mais également voyage dans ses réflexions intimes. Et c'est bien ce que propose l'exposition monographique de l'IAC (Institut d'art contemporain) de Villeurbanne consacrée à l'artiste britannique installée en Belgique.

Collaboratrice de longue date du musée puisqu'elle est à l'origine, avec la directrice du lieu, Nathalie Ergino, du « laboratoire Espace Cerveau », elle déploie ici pleinement son œuvre, constituée à la fois de pièces anciennes qui ont fait date comme Mukha, créée à Anvers en 1997, une pièce vide remplie d'un brouillard blanc éclatant qui fait perdre ses repères spaciaux et génère un étrange trouble de la vision que de créations in situ. Elle développe pleinement sa démarche expérimentale autour de la lumière avec une série d'installations disposées en spirale qu'il faudra refaire à l'envers pour sortir. Elle donne également à voir le processus artistique en cours avec une salle nommée « cabinet en croissance », qui présente des prototypes réalisés dans le cadre de différents projets.

La déambulation commence avec l'image d'une traînée céleste, des poussières d'étoiles en forme de paillettes bleu turquoise étalées sur le sol qui prennent la lumière et la renvoient en fonction de la place dans la salle et des sources lumineuses. Elle se poursuit dans un rideau de brume évanescente qui tombe en douche sur le visiteur avant qu'il n'accède à la salle suivante, sorte de pivot central du bâtiment matérialisé ici par une poutrelle en acier polie sur un côté. La salle suivante présente une collaboration entre Ann Veronica Janssens et Michel François (également invité à l'IAC en 2009, année de lancement du laboratoire Espace Cerveau) datant de 2015 qui tranche avec le reste de l'exposition, par son entaille dans le mur et la brutalité qui s'y rapporte.

Elle voisine avec une lamelle de PVC transparente enroulée sur elle-même jusqu'à devenir bleu profond et un « auvent » doré en tôle ondulée. Ainsi chaque œuvre ouvre l'imagination et déroute les perceptions. De salle en salle, on s'émerveille sur les textures visuelles, les effets de matière induits par la lumière, les effets sonores telles ces détonations qui retentissent à intervalles réguliers tout au long du parcours sans qu'on puisse en discerner exactement la provenance. Chacun peut se laisser aller à la contemplation, s'abîmer dans un reflet déformé de soi-même ou dans des pensées fugitives échappées d'un cerveau au repos, ou en ébullition, selon l'humeur du moment. Et revenir, re-parcourir ce chemin qui commence par une traînée de paillettes bleues et se termine par une traînée de paillettes blanches irisées qui deviennent tour à tour jaune, rosées, vertes selon l'angle de vue sous lequel nous les regardons. Le miroitement des paillettes dialogue avec un petit prisme discrètement posé sur une des fenêtres qui ouvrent sur le jardin telle une métaphore de l'escapade qui attend au dehors.

IAC, jusqu'au 7 mai, www.i-ac.eu



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