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Braque et Laurens : un dialogue magistral de deux artistes à Saint-Tropez !

le 06 juillet 2017 - Brigitte Roussey - Exposition

Braque et Laurens : un dialogue magistral de deux artistes à Saint-Tropez !
DR - -Braque - Guitare et verre - 1921 Col. Centre Pompidou, Paris

Le beau Musée de l'Annonciade présente pour l'été une exposition remarquable qui raconte à ses visiteurs l'amitié qui a lié pendant plus de quarante ans deux artistes majeurs du XXème siècle français : Le peintre Georges Braque (1882-1963) et le sculpteur Henri Laurens (1885-1954).

C’est à Paris que les deux hommes se rencontrent et qu’ils mettent en commun dès 1911 leurs idées et leur soif d’expérimentation. Le Cubisme bat son plein dans la Capitale, Braque et Picasso en étant les chefs de file, bientôt rejoint par Laurens. Les deux amis veulent renouveler la forme et expérimenter la matière en les simplifiant au maximum pour aboutir au motif le plus pur.

Cependant ils se lassent de la monotonie et des règles répétitives et figées du Cubisme synthétique ; ils se tournent alors vers un art plus équilibré, plus serein, plus proche de la vie, leur nature effacée et modeste les prédisposant à rechercher la simplicité et le naturel dans leur travail.

Laurens -  Le Drapeau – 1939-67
Col. Centre Pompidou, Paris

Une émulation apparaît très vite entre eux, le savoir-faire de Braque formé dans l’entreprise paternelle de peinture complétant l’expérience de sculpteur ornementiste de Laurens.L’exposition réunit 67 œuvres qui dialoguent tout au long du parcours divisé en séquences illustrant les temps forts de leur activité créatrice.

Après quelques années d’initiation au cubisme pour Laurens (Tête de Femme 1917, Laurens et La Guitare 1912 Braque), on note un nouveau style dans leurs œuvres qui s’éloignent du Cubisme synthétique pour instaurer une forme plus classique (Canéphore 1922, Braque), et un retour au figuratif et au nu (Nue à la draperie 1927, Laurens).

Laurens – Femme à l’éventail -1919
Hélène Bailly Gallery. Paris
.

Pendant la décennie suivante des années Trente, on voit le dessin de Braque privilégier les lignes sinueuses et mouvantes (La grande nature morte brune 1930-32) tandis que Laurens adoucit ses formes qu’il rythme d’un jeu souple de creux et de bosses presque joyeux ! (La Mère 1935). La guerre vient assombrir leur travail et stoppe leur élan créateur. La mélancolie, la solitude et les tensions sont visibles dans les peintures de Braque aux tonalités plus  sombres  tandis que les sculptures de Laurens, ouverte sur l’espace, se replient maintenant dans un volume fermé (L’Homme au cheval 1942, Braque et La Nuit 1943 Laurens).

Braque – La Toilette devant la fenêtre -1942
Col. Centre Pompidou, Paris

Leurs dix dernières années actives sont marquées par un retour aux formes « parfaites » (La Lune 1946-67, Laurens). Dans son ultime série des « Ateliers », Braque reprend les  motifs de ses débuts comme les instruments de musique ou les guéridons, en ajoutant celui de l’oiseau, une forme mystérieuse dans un espace clos (l’Atelier VI 1950-51).

Cette exposition très réussie présentée face à la mer dans « le plus beau des petits musées de France », propose un regard nouveau sur le travail de deux artistes qui ont dialogué tout au long de leur vie. Chacun a laissé une œuvre qui marque l’art du XXème siècle.

Même en vacances, n’hésitez pas à entrer dans le musée, vous ne le regretterez pas ! Musée annonciade jusqu’au 8 octobre





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