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Emma Lavigne de Pompidou-Metz à la Biennale de Lyon

le 17 avril 2017 - Gallia VALETTE-PILENKO - Exposition

Emma Lavigne de Pompidou-Metz à la Biennale de Lyon
Ph.Manuel Braun - Emma Lavigne

Pour sa 14è édition, la Biennale d'art contemporain a choisi Emma Lavigne pour plancher sur le mot "moderne" après Ralph Rugoff il y a deux ans. Portrait d'une jeune commissaire qui aime les « mondes flottants ».

Emma Lavigne est la commissaire choisie par Thierry Raspail, directeur du MAC de Lyon, pour la prochaine édition de la Biennale d'art contemporain en septembre 2017.

Nommée en 2014 à la direction du centre Pompidou-Metz, elle a la réputation d'être une érudite humaniste et du devoir impérieux de transmission des savoirs et d'accessibilité à la culture pour tous. Ainsi pour ce deuxième tome consacré au mot moderne choisi par le directeur de la Biennale et du musée d'art contemporain (qui va bientôt prendre une retraite bien méritée), Emma Lavigne répond Mondes flottants en référence au poète Charles Baudelaire qui envisage le moderne comme « le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’art dont l’autre moitié est l’éternel et l’immobile », ce qui reste en suspens.

« Je voudrais interroger l'ouverture de l'oeuvre d'art parce que l'art essaie de capter un infini, la complexité du monde » explique la petite fille d'instituteurs. Dans un monde en état d'incertitude, comment l'art vient générer des œuvres qui s'ouvrent au monde, à l'autre, comment des paysages peuvent se développer ».

Sans doute pour toutes ces raisons que Emma Lavigne tient tout particulièrement à « partir du contexte, de l'identité de la ville, la Saône et le Rhône, s'imprégner de sa topographie et puiser dans ce qu'elle génère pour créer des œuvres spécifiques et qu'elle arpente régulièrement le territoire avec les artistes qu'elle invite.

D'autant qu'elle a suivi l'histoire de la Biennale, tout particulièrement au MAC ouvert sur le parc de la Tête-d'Or et dans la Sucrière qu'elle imagine comme une sorte de vaisseau fantôme où la « malléabilité des espaces offre une très grande liberté ». L'idée est que le site lui-même devienne médium pour accueillir à la fois des œuvres « historiques », que permet la célébration du 40è anniversaire du Centre Pompidou qui prête, pour fêter l'événement, des chefs d'œuvre de ses collections, telle La Partition aléatoire de formes suspendues dans l’espace de Calder, ou les peintures de Fontana ouvrant sur des cosmogonies infinies, et des œuvres d'aujourd'hui.

L'idée est aussi que l'oeuvre mène vers autre chose, qu'elle est « elle-même un monde en soi, pas seulement un tableau, une sculpture » mais aussi un imaginaire, et comment la porosité des formes permet le dialogue d'une œuvre à l'autre. D'ouvrir des horizons et donner des clés pour que le réel soit sans arrêt en dialogue avec l'imaginaire, à l'image des cerfs-volants de When The Sky was the Sea de Shimabuku qui flotteront dans l'azur lyonnais (à priori dans le parc de Miribel-Jonage) ou de la voile blanche White Wide Flow de Hans Haacke. Un cinquantaine d'artistes invités devraient répondre à cette thématique qui réunit poésie et engagement, questionnements et hypothèses dans un élan commun.

G.V.P.
Biennale d'art contemporain, 20 septembre 2017 au 7 janvier 2018.



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