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Immortel Rodin !

le 05 juillet 2017 - Brigitte ROUSSEY - Exposition

Immortel Rodin !
DR - Les Trois Ombres (1885-1889), plâtre, Musée des Beaux-Arts de Quimper

Le centenaire de la mort de Rodin (1840-1917) est l'occasion de célébrer le sculpteur immense qui, par son esthétique révolutionnaire, a fait entrer la sculpture dans la modernité. La grande exposition présentée actuellement à Paris, au Grand Palais, retrace magistralement le parcours d'un artiste aux multiples facettes, qui a dominé son époque. Parallèlement le Musée Rodin présente l'exposition comparative « Kiefer Rodin » et plusieurs musées français et étrangers exposent ses sculptures et ses œuvres graphiques issues de leurs collections.

A quarante ans, Auguste Rodin accède enfin à la notoriété avec une commande de l’Etat pour l’entrée du futur musée des Arts décoratifs à Paris : ce sera la Porte de l’Enfer. La réalisation de cette sculpture monumentale inspirée par la Divine Comédie de Dante l’obsédera pendant plus de vingt ans sans pour autant l’achever. Il en isolera plusieurs figures comme Le Baiser, Ugolin, Les Trois Ombres, le Penseur… tous des chefs-d’œuvre.

Rodin a modelé l’argile, a moulé le plâtre, a taillé le marbre, aidé par des praticiens de talent, et a fait couler en bronze de son vivant de nombreuses œuvres. Toutefois, le plâtre, par sa blancheur, est resté son matériau préféré. Sculpteur inlassable du corps humain, il l’a représenté avec un tel réalisme qu’on l’accusa d’avoir moulé certains de ses modèles. A partir des années 90, il s’est consacré au dessin.

Le parcours chronologique de l’exposition réunit plus de 200 œuvres du maître ainsi que de nombreuses sculptures d’artistes influencés d’une manière ou d’une autre par son travail, comme Camille Claudel, Giacometti, Brancusi, Picasso, Matisse, Henri Moore, Willem de Kooning, Maillol ou Bourdelle…Le dialogue qui s’établit entre les sculptures est étonnant. Nous ne citons malheureusement ici que quelques-unes de ses œuvres les plus marquantes : le magnifique bronze l’Age d’Airain dans la première salle ainsi que le groupe monumental en plâtre des Bourgeois de Calais. Un peu plus loin, le Penseur, une grande version en plâtre patiné, le buste en bronze de Victor Hugo à la superbe patine verte, et le très sensuel Baiser. Comparer le groupe des  Trois Ombres  avec la Fontaine aux agenouillés (1927) de Georges Minne, ainsi que le puissant Homme qui marche de Rodin et celui, squelettique, de Giacometti…

Une salle regroupe les Dessins noirs, de petites techniques mixtes étonnement modernes. A l’étage supérieur trône le monumental Balzac, et surtout le magnifique marbre la Cathédrale, dont les deux mains jointes semblent prier le ciel. La dernière salle de l’exposition met en scène une sélection de sculptures d’artistes sensibles à l’esthétique du maître.

Une œuvre exceptionnelle, expressive et révolutionnaire par l’utilisation de la sculpture inachevée, de l’accident intégré à l’œuvre, des figures fragmentaires recomposées, et surtout par la place essentielle qu’a donné Rodin à la lumière et à l’espace dans son travail. Une exposition remarquable qui encourage ses visiteurs à renouveler leur vision de l’œuvre dans son ensemble de ce « géant de la sculpture ».

 

Grand Palais à Paris, jusqu’au 31 juillet



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