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Poisons à haute dose au Musée des Confluences

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Poisons à haute dose au Musée des Confluences
Chevalière à chaton mobile, destinée à cacher une pilule de cyanure

« Venenum, un monde empoisonné » : une exposition passionnante présentée actuellement au Musée des Confluences. Elle montre la place importante qu'ont tenu les poisons dans la vie des hommes depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours. Elle insiste sur les rôles qu'ils ont joué dans « l'histoire et la culture, les sciences et les croyances et aussi en médecine et en criminologie », les poisons ayant toujours effrayé et fasciné l'homme !

La scénographie remarquable de cette présentation partage le parcours en trois séquences qui expliquent l’histoire, le rôle et parfois l’intérêt des poisons dans notre monde d’aujourd’hui.

La première partie de la visite débute dans une magnifique salle circulaire qui réunit une série de peintures décrivant les différents usages que l’homme a pu faire des poisons tout au long de son histoire. La mythologie grecque est riche en empoisonnements : Socrate condamné à boire de la ciguë ou Cléopâtre mordu par un serpent… Le Moyen Âge l’utilise peu, car, pendant cette période, on l’assimile le plus souvent à la sorcellerie.

Importé d’Italie, c’est au cours de la Renaissance que le poison connaît son âge d’or. Les grandes familles italiennes, les Médicis ou les Borgia, l’utilisaient largement pour se débarrasser discrètement de leurs rivaux comme des membres encombrants de leurs familles ! Dès de début du XVIIe siècle, nos rois s’inquiètent de ce fléau. Louis XIV décide alors d’en limiter la commercialisation dans les apothicaireries. L’époque moderne est marquée par l’apparition des poisons de guerre et l’activité florissante des grandes empoisonneuses, comme Marie Besnard au début du XXe siècle.

Les visiteurs pénètrent ensuite dans le monde des poisons présents dans la nature : des mygales, serpents, scorpions, et autres poissons dangereux, heureusement naturalisés, sont remarquablement mis en scène dans des vitrines et, un peu plus loin, une série de grenouilles multicolores d’Amazonie, terriblement vénéneuses. Le règne végétal est aussi bien illustré par de nombreuses espèces de plantes et de champignons, ainsi que des minéraux très toxiques et dangereux (arsenic, antimoine, plomb ou mercure).

La dernière séquence explique comment l’homme utilise le poison comme arme de guerre,  dans certains produits de beauté (radium), pour éliminer les nuisibles dans les maisons (arsenic) et comme stupéfiants ou hallucinogènes (opium).  Malheureusement notre monde utilise depuis de nombreuses années des substances toxiques qui empoisonnent nos  paysages ruraux (pesticides) et urbains (amiante). Heureusement ils entrent parfois dans la composition de remèdes, et, selon leurs dosages, les poisons  peuvent guérir ou le plus souvent tuer !

Une exposition très réussie et remarquablement documentée qui témoigne du rôle capital des sciences pour comprendre notre monde contemporain. A voir absolument, en n’hésitant pas à venir accompagné de ses enfants.

 Jusqu’au 7 janvier 2018, au Musée des Confluences, à Lyon 2e, www.museedesconfluences.fr




Brigitte ROUSSEY
Journaliste

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