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Marvin Jouno, l'héritier de la pop lettrée

le 03 décembre 2016 - Charlotte ROBERT - Musique

Son nom ne vous dit rien ? Plus pour longtemps. Auteur d'un premier album bluffant de maturité, cet ex-décorateur de cinéma esquisse les lignes de sa nouvelle carrière, celle d'un futur grand parolier.

Obscure clarté que celle distillée par Intérieur nuit, premier album studio du petit nouveau Marvin Jouno. À 32 ans, ce Breton d'origine (Parisien d’adoption) livre un opus extrêmement personnel à l’ambiance nocturne et cosy, où il se dévoile entre pudeur et prises de risque. « J’ai finalement compris que le seul sujet que je pouvais véritablement maîtriser, c'était moi. Le seul où je pouvais être le plus sincère, le plus profond. »

Biberonné très tôt à Bashung et Daho, adorateur inconditionnel de Björk et Radiohead, le jeune chanteur s’émancipe rapidement de son panthéon personnel pour tracer son propre chemin : une pop française étudiée mais accessible, où chaque mot est mûrement pensé avant d’être couché sur le papier. Jouer sur les sonorités, distiller moult références et sens cachés, travailler la matière des textes à la recherche d’une musique « intelligente, mais ouverte ». Pour le chanteur, l’écriture, c’est sacré. « J'attends de ressentir l'émotion exacte avant de composer. »

Et l’émotion, Marvin aime la véhiculer à travers le 7e art. Logique pour celui qui, le temps d’une décennie, a été décorateur de cinéma. « Dès que j'aborde l'écriture des textes, j'ai des images qui affluent. Malgré moi, chaque chanson est un petit film. » De la nouvelle vague française avec Antoine de 7 à 9, suite imaginaire de Cléo de 5 à 7 d’Agnès Varda, aux jeux de « miroir » tarkovskien pour Est-ce l’est, l’album est une suite de plans-séquences aux décors, lumières et ambiances propres. Des morceaux où il est question de spleen et d’amours déçus, d’exil et de rapt nord-coréen… Le tout magnifié par des arrangements qui se baladent du piano-voix (Panorama) au final tech-house de Larme blanche. On pense à Biolay. Erreur. C’est du Marvin Jouno.

Marché-gare, 7 décembre



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