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Ostende sous le pinceau d'Édouard Pignon

le 17 août 2017 - Gallia VALETTE-PILENKO - Exposition

Ostende sous le pinceau d'Édouard Pignon
ADAGP, Bernard Matussière, Paris - Ostende, 1948

Suite à la donation faite par son fils au Musée des Beaux-Arts de Lyon, celui-ci consacre jusqu'à la fin de l'été une exposition-dossier au peintre Édouard Pignon. Un artiste dont on connaît finalement assez peu le travail alors qu'il a été considéré comme l'un des plus grands coloristes de son temps dans les années 40.

C'est par le biais d'Ostende, port flamand, que le musée se penche sur l'oeuvre de Édouard Pignon. Il faut dire que c'est dans cette ville grise et sombre que l'oeuvre de l'artiste prend un tournant. Après un été passé à Collioure à l'invitation de Willy Mucha où il peint des Catalanes et remmailleuses de filets aux lumières saturées, voilà qu'il se frotte aux lumières diaphanes des plages du Nord, après une brève découverte d'Ostende lors d'un séjour à Bruxelles pour l'exposition " La jeune peinture française ".

« Tout contrastait avec Collioure d'une façon violente. C'était l'hiver et la grisaille. Mais le ciel restait quand même lumineux. (…) Il y avait dans ce port une atmosphère délicate qui me plaisait énormément », explique-t-il dans La quête de la réalité, un livre d'entretiens paru en 1966. C'est là qu'il entame une nouvelle étape de son travail en y introduisant des séries qui balancent entre abstraction et figuration. Ces grandes toiles au milieu de la toile ouvrent une fenêtre intérieure tandis que les couleurs claquent toujours comme des oriflammes au vent. L'oeuvre se complexifie et s'émancipe de ses contemporains abstraits, oscillant toujours entre la figure et le motif. Variations sur les couleurs et les formes, ces toiles forment un ensemble complexe qui donne littéralement à voir la recherche de l'artiste creusant sa singularité.

Sans doute, cet ancien mineur et ouvrier chez Citroën a été touché par le labeur des pêcheurs et la luminosité presque irréelle des ciels du Nord, pêcheurs qu'on retrouve très souvent dans ses peintures, comme des présences nécessaires. Une luminosité assez marquante dans L'Olivier noir, peint en 1952, bien après son séjour dans la ville belge, et que l'on retrouve également dans l'aquarelle La voile rose de 1948, alors que L'olivier d'Ostende frappe par sa noirceur limpide. Tout comme l'immense toile Le grand Ostende II que le Centre Pompidou-Musée national d'art moderne a prêté pour cet accrochage, ou la monumentale gouache et huile Le grand Ostende I, liée à un projet de tapisserie, l'une des deux œuvres que lègue Nicolas Pignon, deux toiles mises en miroir dans la première salle. Tandis que la seconde Ostende Blanc s'inscrit dans la série des recherches de l'année 1948, plus claires, moins tourmentées.

À découvrir également, quelques céramiques très singulières, certainement liées à son amitié avec Pablo Picasso qui l'invita à Vallauris. Pour l'artiste, tout est prétexte à peindre et les céramiques offrent  de nombreuses possibilités dans le traitement de la couleur et du motif. Sans oublier des dessins au fusain et au crayon. Une belle occasion de (re)découvrir le travail de cet artiste qui exposa à la Documenta de Cassel en 1959 et travailla avec Jean Vilar à plusieurs décors de pièces de celui-ci.

Musée des Beaux-Arts, jusqu'au 28 août, www.mba-lyon.fr





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