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Sur le pont d'Avignon, on y danse !

le 17 juillet 2017 - Gallia VALETTE-PILENKO - Spectacle vivant

Sur le pont d'Avignon, on y danse !
S. Garcia - Kalakuta Republik de Serge-Aimé Coulibaly

Alors que le festival d'Avignon entame sa dernière semaine, petit tour sur le pont avec la reprise de Kalakuta Republic de Serge-Aimé Coulibaly, dans le cadre du focus Afrique subsaharienne, présentée dans le In et celui du solo de Abdou N'gom, qui cartonne dans le Off.

Finalisée à la Maison de la danse, la dernière pièce du chorégraphe belgo-burkinabé Serge-Aimé Coulibaly est certainement sa pièce la plus personnelle et la plus belle. Elle peut dérouter le spectateur habituel mais elle contient en germe toute la créativité, l'énergie et l'engagement des artistes du continent africain. Et ne ressemble à rien d'autre qu'elle-même. Prenant appui sur le célébrissime musicien-compositeur Fela Kuti qui a inventé l'afro-beat, Serge-Aimé Coulibaly déroule une fresque politique qui permet de ressentir la vitalité et l'inquiétude innervant à la fois la musique de Fela, grand musicien mais aussi homme politique contestataire et la danse du chorégraphe fondateur de la compagnie Faso Danse Théâtre. D'ailleurs le titre de la pièce fait référence au QG de Fela, son domaine, sa maison, mais aussi son studio, sorte d'îlot démocratique et contestataire dans le Nigeria du Général Olusegun Obasanjo. Découpée en deux parties, la première en noir et blanc, la seconde haute en couleurs, Kalakuta Republic distille une danse absolument singulière, très éloignée des clichés de la danse africaine, et très éloignée également des canons occidentaux. Les interprètes, si engagés qu'ils méritent vraiment d'être cités, d'autant qu'ils reflètent une diversité qui ne dépare pas le spectacle s'emparent de l'espace, le transformant tour à tour en tribune, boîte de nuit ou tandis que Serge-Aimé Coulibaly fait figure de chef d'orchestre ou peut-être de démiurge. Un spectacle poétique et politique, ce n'est pas si fréquent !
Gallia Valette-Pilenko
Cloître des Célestins, 24 et 25 juillet, www.festival-avignon.com

Entre (deux) 2.0

Abdou N'gom commence à sortir de l'ombre. Il fait actuellement le buzz en Avignon avec son solo, Entre (deux) 2.0, créé en 2010 mais totalement retravaillé depuis (on s'en doute, le titre lui-même s'est enrichi de 2.0), qui s'inscrit dans le cadre du focus Afrique proposé par le festival d'Avignon. Un solo brut et viril, mais sensible et poétique qui questionne le sujet que le chorégraphe installé à Lyon creuse depuis ses débuts : « la puissance de l’altérité comme source de renouvellement ». Le corps musculeux et athlétique se déploie dans l'espace, flirtant avec une lumière qui le caresse avec sensualité et une ombre qui l'engloutit et le fait disparaître et distillant une gestuelle à la fois fluide et puissante, fragile et coupante.
Théâtre Golovine, jusqu'au 29 juillet les jours impairs, theatre-golovine.com

 



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