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Edito : (Demi-)surprise !

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Edito : (Demi-)surprise !

Quel ravissement de voir l'être humain être constamment surpris par les éléments qui l'entourent, par les événements qui l'animent et par les gens qu'ils côtoient !

Récente preuve de cette propension à perpétuellement s’émerveiller : l’attribution à Paris des Jeux olympiques 2024 au cours de la 131e session du Comité international olympique à Lima. Par un vote à main levée, cent ans après, pour la troisième fois de son histoire (précédemment en 1900 et 1924) et après trois échecs douloureux (notamment en 2005 face à Londres), la capitale française renoue avec son destin olympique ! Les larmes d’Anne Hidalgo, maire de Paris. L’émotion d’Eric Garcetti, son homologue de Los Angeles, assénant un « Je ne peux pas y croire ! » après l’obtention des JO 2028. Les scènes de liesse dans la Ville Lumière. Les démonstrations de joie des athlètes, extatiques suite à l’annonce du CIO. Il faut dire que le suspense était insoutenable… En effet, depuis le vote de juillet approuvant le principe de l’attribution conjointe des JO 2024 et 2028 et validant l’accord scellé avec Los Angeles pour laisser le champ libre à la mégalopole américaine quatre ans après « ses » Jeux, il ne faisait plus guère de mystère que Paris soit désignée ville-hôte de l’événement planétaire pour 2024. Même le premier édile lyonnais avait prévu le coup. Georges Képénékian a communiqué par anticipation, laissant filtrer une satisfaction non feinte sur cette issue favorable, fruit d’une « mobilisation collective sans précédent ». Et d’insister sur le potentiel économique généré par l’accueil des JO, qui « constituent un levier pour les forces vives des territoires ». A l’instar de plusieurs villes de l’Hexagone, notamment Saint-Etienne pour la région Auvergne Rhône-Alpes, Lyon abritera des épreuves de football.


En attendant ces festivités, Lyon a connu des heurts violents au cours des manifestations mises sur pied contre les ordonnances dans le cadre de la réforme du code du travail. Là encore, aucune surprise ! L’affrontement était inévitable entre les forces de l’ordre, sous pression pour maintenir la sécurité dans la ville du ministre de l’Intérieur, et les participants, en majorité pacifistes, mais comprenant dans leurs rangs des électrons libres désireux d’en découdre comme en attestent les couteaux retrouvés lors de fouilles sur certains d’entre eux. Les foucades et autres sorties verbales sur les « fainéants » ont servi de carburant à la riposte de la rue. Même le Lyonnais Bernard Pivot, président de l’Académie Goncourt, s’est fendu d’un tweet, jugeant le vocable « trop fort. Macron n’aurait pas choqué s’il avait employé le mot paresseux, indolent, clampin ou oisif. Et glandeur ? » Se sentant visés, les fonctionnaires sont également montés au créneau, rappelant qu’Emmanuel Macron ne bénéficiait pas d’un blanc seing. Mais là encore, foin de surprise ! Le chef de l’Etat poursuit sa vaste entreprise de nettoyage des écuries d’Augias de l’administration française. Et tant pis si il choque. Comme à Saint-Barth ou à Saint-Martin où, fustigé pour « la mise en scène indécente de son déplacement » et attaqué sur « la mauvaise gestion de la situation faute d’anticipation », il a tenu à mouiller la chemise auprès des sinistrés de l’ouragan Irma. Face aux catastrophes, les polémiques sont inévitables.
A force de tout faire pour éviter les mauvaises surprises, on finit par rater les bonnes… Alors réjouissons-nous de la victoire de Paris pour 2024…




Laurent ODOUARD
Journaliste

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