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Petits-déjeuners du Tout-Lyon-Affiches: L'innovation… Une question d'audace

le 17 décembre 2015 - La Rédaction - L'innovation… Une question d'audace

Petits-déjeuners du Tout-Lyon-Affiches: L'innovation… Une question d'audace
photo M.Godet

Dans le cadre de ses petits-déjeuners thématiques, le Tout Lyon Affiches, en partenariat avec la Caisse d'Epargne Rhône-Alpes, a réuni des acteurs locaux autour de la question de l'innovation. Source de performance, d'attractivité pour les talents, de différenciation commerciale, l'innovation est à la portée de tous... les dirigeants audacieux.

Comment définir l’innovation ?

Christian Micollet : « L’innovation se traduit dans la rupture par rapport aux schémas convenus des concurrents. »

Christian Micollet

Pierre-Alain Gagne : « C’est quand une entreprise fait différemment dans la façon d’apporter son innovation au marché. Elle peut aussi faire moins, épurer, enlever plutôt qu’ajouter et pratiquer le flatdesign. »

Pierre-Alain Gagne

Maxime Nory : « Selon l’évolution du marché d’une entreprise, l’innovation réside dans sa capacité à se poser des question sur ce que veulent ses clients et à repenser son modèle pour l’adapter aux usagers. »

Maxime Nory

Brice Chambard : « Même en rupture, l’innovation doit être concrète et non un concept ». Pierre-Gilles Maignaud : « L’innovation découle d’une bonne connaissance de ses marchés et de ses produits, de compétences internes particulières afin d’adapter un produit ou un service à une utilisation nouvelle. »

Brice Chambard

Marc Jeune : « Si l’on prend la définition du dictionnaire, l’innovation consiste simplement à apporter quelque chose de nouveau. Donc, on peut mettre l’innovation partout et tout le monde peut innover sous différentes formes. Il suffit de savoir quels objectifs une entreprise souhaite poursuivre. »

Marc Jeune

Caroline Hanriot-Sauveur : « L’innovation se caractérise par l’expérimentation pour aboutir à un produit qui trouve son marché. »

Caroline Hanriot-Sauveur

Quels facteurs favorisent l’innovation ?

Brice Chambard : « La feuille blanche favorise l’innovation. Sans pression, il n’y a pas de freins internes. Pour innover, il faut être libre : libre de proposer, libre dans les moyens financiers à accorder à l’innovation pour laisser libre court à sa pensée et, au final, créer. L’entreprise doit intégrer le droit à l’échec. Se tromper, c’est expérimenter pour arriver à adapter un modèle.Pour cela, il faut un courage managérial. L’entrepreneur innovant se positionne sur un niveau d’écoute différent de celui du marché, un marché très dur où la comparaison est aujourd’hui facile et sur lequel personne ne nous attend. Le dirigeant prend la décision d’innover, d’y accorder un financement, de mesurer l’impact sur l’humain et de déterminer un temps, car on sait que l’innovation prend du temps. »

Christian Micollet : « Même les idées les plus saugrenues doivent pouvoir s’exprimer. La liberté à tous les étages dans l’entreprise favorise l’innovation. On doit laisser dire, noter, lister pour retenir les bonnes idées. Beaucoup ne sortent pas ou ne sont pas évoquées par peur du ridicule. La taille d’une entreprise joue un rôle. Les grands groupes peuvent avoir plus peur d’innover qu’une PME. Chaque fois que nous nous sommes dits : on imagine un beau produit pour se faire plaisir, ça a marché ! Cet état d’esprit guide l’ensemble de notre entreprise. »

Fabrice Poncet : « Quand une PME-TPE décide de dévier à droite, toute la structure suivra, contrairement au grands groupes où les échanges peuvent être plus difficiles. Les PME ne sont pas guidées par des objectifs économiques mais par l’épanouissement.
Les principaux freins sont psychologiques.

Fabrice Poncet

A-t-on envie de changer le monde ? De laisser une trace ? D’entreprendre autrement ? » Pierre-Alain Gagne : « Il faut aimer prendre des risques et avoir de l’audace. »

Maxime Nory : « L’écoute est intéressante après l’innovation, pour améliorer la version 2. On sait que la version 1 ne sera pas bonne, mais elle donnera des éléments de réflexion pour améliorer la suite. L’objectif financier n’est pas le moteur le plus efficace pour une start-up. Prenons l’exemple de BlaBlaCar. Leur motivation première n’était pas sa valorisation à 900 M d’euros mais la transformation du marché. »

Marc Jeune : « L’innovation devient possible dès que l’entreprise se fixe un objectif. Pour avoir toute la latitude pour innover, une entreprise doit faire du résultat. Or, pour générer du résultat, elle doit proposer une offre différente pour éviter un produit standardisé où il faudra se battre sur les prix. Première innovation, l’innovation commerciale dégagera des résultats, puis l’entreprise pourra faire de l’innovation sociale et enfin de l’innovation produit qui demande près de 2 ans de travail. Seule une réelle prise de conscience du dirigeant, qui écoute ses clients, conduit à ce processus. Il faut oser et accepter de se remettre en cause. »

Didier Bruno : « Un projet innovant est incarné par une personne, une personnalité, qui sera la seule, au final, à trancher et à donner le go. »

Didier Bruno

L’innovation est-elle un outil de motivation des ressources humaines ?

Pierre-Alain Gagne : « L’innovation est un réel outil de motivation pour les salariés présents dans l’entreprise mais aussi pour les recrutements. Les collaborateurs ou futurs collaborateurs, intéressés par le projet, sont ultra-motivés et donc davantage moteurs et ambassadeurs de l’entreprise, de la marque et du produit une fois sur le marché. »

Fabrice Poncet : « Les jeunes qui arrivent sur le marché du travail veulent des missions, travailler sur un projet et s’organiser comme ils l’entendent. Ce comportement bouscule les modes de management. Le deal interne s’impose face au mode de fonctionnement pyramidal. »

Maxime Nory : « Il est plus judicieux de se concentrer sur les leaders qui ont envie d’avancer que de perdre du temps à convaincre ceux qui freinent des quatre fers. »

Christian Micollet : « Une entreprise innovante fidélise ses collaborateurs, surtout dans une PME où il y a tous les jours un projet nouveau.»

Marc Jeune : « Tout dépend de la posture du dirigeant face à l’innovation. Tous les collaborateurs, en interne, n’ont pas le même intérêt au changement. Il faut gérer le timing au sein des équipes car l’innovation attire les convoitises et suscite la curiosité mais elle peut aussi faire peur car elle provoque le changement.»

Didier Bruno : « Il faut pouvoir dire aux jeunes collaborateurs que les entreprises traditionnelles sont capables de bifurquer, de prendre le virage de l’internet et d’innover. Les facteurs de motivation changent selon les échelons au sein de l’entreprise. Source de motivation pour les jeunes recrues, l’innovation ou les changements suscitent davantage de questionnement de la part des cadres intermédiaires. Un gros travail de pédagogie est à faire auprès des cadres, en interne, plutôt qu’avec des jeunes qui s’adaptent. »

Caroline Hanriot-Sauveur : « Les start-upeurs fonctionnent beaucoup en réseaux, internes et externes, un élément clé dans le domaine de l’innovation qui intègre complétement le fonctionnement collaboratif. »

 

L’agence de l’innovation

Rhône-Alpes de la Caisse d’Epargne Rhône Alpes Dans la perspective de la création l’agence de l’innovation, la Caisse d’Epargne Rhône Alpes a consulté plus de 80 acteurs (entreprises, pôles de compétitivité, professionnels du chiffre…) en lien avec les start-ups du territoire. « Nos critères d’intervention portent sur des entreprises en rupture de business modèle et qui ont des ambitions de développement en France et à l’international », affirme Caroline Hanriot-Sauveur, directrice de cette agence implantée à Grenoble mais ouverte à toutes les start-ups de Rhône-Alpes. Imaginée avec des processus particuliers pour répondre aux financements des start-ups, encore peu clientes de la banque régionale, cette agence de l’innovation accompagnera une trentaine d’entreprises à potentiel « uniquement disruptives et dirigées par des chefs d’entreprise qui n’ont pas le même rapport au temps, à l’espace, au capital risque et à la banque en général », souligne Didier Bruno, membre du directoire de la Caisse d’Epargne Rhône Alpes. Une vraie innovation pour la banque qui intégrera son nouveau siège à la Tour Incity au premier semestre 2016.

 



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