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Dossier Orthopédie : SERF s'implante à l'international avec Menix Group

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Dossier Orthopédie : SERF s'implante à l'international avec Menix Group
© : DR - Patrick Rondot :"L'avenir ne nous fait pas peur."

Passée sous le contrôle de Menix Group, qui réunit des sociétés spécialisés dans l'implantologie, la société SERF de Décines a revu ses ambitions à la hausse. Sortant de l'Hexagone, où elle réalisait la quasi totalité de son chiffre d'affaires, elle s'est imposée dans plus de 25 pays.

Depuis maintenant plus de 40 ans, Serf surfe au quotidien sur le lien étroit qui relie l’industrie rhodanienne et le monde de la santé. Créée en 1973, à l’initiative d’un chirurgien-orthopédique, Gilles Bousquet, et d’un ingénieur en mécanique, André Rambert, l’entreprise installée à Décines a surtout capitalisé sur un innovation majeure : la prothèse de hanche à double mobilité. Conçue par ces deux hommes aux savoir-faire complémentaires, elle reste encore aujourd’hui l’atout majeur de SERF. « Tout simplement parce que rien de plus performant n’a été inventé depuis pour pallier la luxation chez les personnes âgées », explique Patrick Rondot, président de Menix Group, sa holding, qui a pris le contrôle de SERF en 2009.


Son arrivée correspond à un nouvel élan pour l’entreprise de la banlieue Est de Lyon. Lorsqu’il s’installe aux commandes de l’entreprise, celle-ci réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires dans l’Hexagone (10 à 12 % à l’export) et son volume d’activités stagne depuis plusieurs années aux alentours de 6,5 M€. « Mais j’avais la conviction qu’il était possible de le faire croître très sérieusement », assure Patrick Rondot. Cette impression s’avère rapidement juste. Après avoir renforcé l’équipe commerciale, le nouvel homme fort de SERF joue ostensiblement la carte de l’international. En six ans, l’entreprise s’implante dans 25 pays (35 à 40 % du chiffre d’affaires), dont la Russie, les Etats-Unis, la Chine... Dans le même temps son chiffre d’affaires bondit à 25 M€, soit une hausse de plus de 160 %.


Et cette dynamique de croissance semble suffisamment forte pour se prolonger. « Tout simplement parce qu’un grand nombre de chirurgiens-orthopédiques n’ont pas encore adopté la révolution de la double mobilité, explique le président de l’entreprise. Par ailleurs, nous avons encore beaucoup de projets en réserve. L’avenir ne nous fait pas peur. » SERF, qui compte aujourd’hui 105 salariés, dont 90 à la production, prévoit notamment de se lancer dans la production de prothèses imprimées en 3D.


Ce nouveau saut technologique devrait être grandement facilité après le rachat de la start-up stéphanoise OneOrtho Médical, au mois de juillet 2015. Cette structure de recherche et développement, pour les technologies d’implants sur mesure, apportera aux trois grandes lignes de produits de Menix Group l’ensemble des outils et solutions numériques permettant la planification chirurgicale, la fabrication sur-mesure d’implants et la conception d’ancillaires jetables. « Cela va étendre notre gamme et nous pourrons ainsi livrer aux chirurgiens-orthopédiques des instrumentations stériles », souligne Patrick Rondot. Avant de conclure : « nous devrions dévoiler dans les prochains mois une gamme de prothèses de genoux. » Une innovation de plus et la promesse d’un nouveau bond en avant.

 

« Des spécialistes de l’implantologie. »

Trois questions à Patrick Rondot

SERF appartient aujourd’hui à Menix Group, une holding spécialisée dans l’implantologie. Que pèse-t-elle exactement aujourd’hui ?

Menix Group, dont le siège est installé à Décines, comme celui de SERF, emploie 300 personnes pour un chiffre d’affaires de 60 M€ en 2015, en progression de 20 %. Nous sommes spécialisés en implantologie, avec des savoir-faire reconnus dans les domaines orthopédique, cranio-maxillo-faciale et dentaire, sous les marques Serf, Dedienne et Global D. L’été dernier, nous avons enrichi notre portefeuille avec le rachat du Stépahnois OneOrtho Médical.

Comment expliquez-vous que la prothèse de hanche à double mobilité n’ait pas encore été adoptée par tous les chirurgiens orthopédiques ?

Cette innovation majeure, protégée par un brevet, a été accueillie avec beaucoup de scepticisme par la communauté scientifique internationale. Son adoption par les chirurgiens orthopédiques a été pendant très longtemps limitée à la France. En médecine, il faut du temps et de multiples publications pour faire la preuve. Comme Gilles Bousquet et André Rambert excellaient davantage dans le savoir-faire que dans le faire-savoir, il a fallu attendre 1995, et le passage du concept dans le domaine public, pour qu’il soit reconnu à sa juste valeur.

Que représente ce concept aujourd’hui sur le marché et quelle part SERF a-t-il conservé ?

La double-mobilité pèse près d’un quart du marché des prothèses de hanche, soit environ 35 000 sur 150 000, dont la moitié réalisée avec des prothèses conçues et fabriquées chez SERF.




Jacques DONNAY
Journaliste

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