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Le Pop Art s'invite à Paris

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Le Pop Art s'invite à Paris
Allan D'Arcangelo : Madonna and child 1963

L'art américain est à l'honneur actuellement au Musée Maillol avec la présentation d'un bel ensemble d'œuvres Pop du début des années 1960 à la fin des années 70. Toutes proviennent d'un prêt exceptionnel du Whitney Museum of American Art de New-York. Soixante cinq peintures, sculptures, lithographies et sérigraphies regroupées en six sections dévoilent les caractéristiques du Pop Art : son américanisme, sa vision au-delà des apparences, sa cohérence, et l'image ambivalente qu'il livre du « rêve américain ». Chaque artiste a réalisé des œuvres très personnelles, ce qui explique que l'Art Pop n'a jamais formé un mouvement unifié.

Le Pop Art n'est ni un mouvement ni une école. Il a été créé par une génération d'artistes qui a voulu lutter contre l'expressionnisme abstrait qui occupait toute la scène artistique de l'époque, en inventant un art résolument nouveau. On reconnaît les œuvres Pop Arts à leurs couleurs pures et flamboyantes posées en aplats, à leur réalisme souvent teinté d'humour grinçant, à leur gaîté, à leur diversité et à leur immédiateté. Elles mettent en scène des objets modestes issus de la vie quotidienne, en reprenant les codes et les techniques de la publicité et de la bande dessinée ainsi que les modes de la production industrielle. Parmi les artistes les plus connus citons Roy Lichtenstein, Andy Warhol, Jasper Johns, Oldenburg, Ramos, Rosenquist, Jim Dine, Wesley… Tous ont animé ce courant artistique réactionnaire pendant une décennie où le contexte économique florissant encourageait une surconsommation par les ménages des biens abondants de consommation.

Roy Lichtenstein : Girl in window 1963

Trois œuvres de Roy Lichtenstein accueillent les visiteurs dont Girl in window 1963 et Explosion 1967. Sa technique picturale particulière imite ici la trame en pointillé de l'impression. Un peu plus loin Rauschenberg travaille sur la lithographie : Landsmark 1968, quant à Jasper Johns, il encourage les spectateurs à fixer ses cibles pour modifier leur vision. Allan D'Arcangelo peint à l'acrylique, sans gestuel ni modulation de couleur : Madonna and child 1963, est l'image plate et figée de Jacky Kennedy avec sa fille, qu'il assimile ici à un simple objet de culte ! Stevens et Jim Dine se rapprochent des encarts publicitaires et John Wesley infantilise l'ordre militaire : Panoplie 1971.

Les artistes pop participent à leur manière, à la révolution sexuelle des années 60 (« Faites l'amour et pas la guerre »). Ils montrent dans leurs œuvres la soumission de la femme face à la domination et aux exigences masculines comme si cette dernière n'était qu'une marchandise : Tobacco Rhoda 1965, de Mel Ramos. Les « tableaux urbains » de James Rosenquist revisitent les quartiers industriels désaffectés de New-York et Edward Ruscha parodie la culture hollywoodienne. Au centre de la dernière salle de l'exposition deux gigantesques sculptures/installations d'Oldenburg interpellent le public par leur banalité : French Fries and Ketchup 1963.

Ce panorama varié de l'esthétique pop en Amérique montre une image floue de la société américaine pendant ces années 1960-1970. Le monde observé par les artistes pop n'est ni bon ni mauvais, juste différent et il n'est « que la promesse publicitaire d'un bonheur consommé ».

Musée Maillol, Paris-Jusqu'au 21 janvier 2018




Brigitte ROUSSEY
Journaliste

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