Fermer la publicité

Musées : Entre liberté et contraintes budgétaires

le 04 février 2016 - Stephanie Borg - Les musées dans tous leurs états

Musées : Entre liberté et contraintes budgétaires
© : DR - Le musée Tony Garnier accueille jusqu'en décembre 2016 l'exposition "Sacré béton, de la haine à l'amour"

La collectivité publique soutient certains musées associatifs. D'autres qui n'ont pas cette chance, souffrent de ne pas bénéficier d'un support constant, malgré l'intérêt de leurs collections.

Depuis 25 ans, l'association du Musée urbain Tony Garnier gère ce "musée" atypique, constitué des peintures murales sur les logements construits par Tony Garnier dans le quartier des Etats-Unis à Lyon et d'une salle d'exposition temporaire. L'association, trois salariés, deux jeunes en service civique et « un conseil d'administration et scientifique très actif », souligne Catherine Chambon, directrice du Musée Tony Garnier, accueille en moyenne 30 000 visiteurs par an.
Avec un budget (non communiqué) fluctuant, le musée fonctionne grâce aux recettes (55 % de son budget) et aux subventions publiques (Ville de Lyon, Région Rhône-Alpes, Ministère de la culture et de Grand Lyon Habitat – par ailleurs propriétaire d'une partie de ces logements). Pour financer ses expositions temporaires, le musée fait appel au mécénat. « Le modèle associatif est un modèle souple : nous sommes plus rapides, réactifs et arrivons plus facilement à convaincre des mécènes. Néanmoins, nous restons fragiles, soumis aux aléas du financement en général », soulève Catherine Chambon.

Même problématique du côté du Musée africain, géré par l'association éponyme qui emploie deux salariés. "Petit" musée accueillant 10 000 visiteurs par, il fonctionne grâce aux entrées, aux dons et à la subvention de la société des missions africaines (SMA) pour un budget annuel de 100 000 €. L'association ne reçoit pas de subventions publiques régulières, excepté pour certaines expositions temporaires. Une situation financière tendue « ne permettant pas de rivaliser avec les musées publics, nous devons sans cesse trouver des financements », souligne Merja Laukia, directrice du Musée africain. D'autant que la SMA, principal donateur, s'essouffle et voudrait diminuer considérablement sa contribution au budget. Une position qui met en péril ce musée doté d'un fond inaliénable et assez unique en France de 8 000 pièces originaires d'Afrique de l'Ouest. Pour attirer l'attention, le musée a lancé une campagne de financement participatif, malheureusement démarrée le 13 novembre 2015, jour des attentats de Paris. Malgré tout, le musée a réussi à susciter quelques dons. De quoi au moins tenir quelques mois en 2016, jusqu'à la prochaine échéance.



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide