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Financement des musées : la nécessaire ouverture au privé

le 04 février 2016 - Stéphanie Polette et Stéphanie Borg - Les musées dans tous leurs états - article lu 257 fois

Financement des musées : la nécessaire ouverture au privé
Sylvain Pretto - Source de revenus supplémentaires, ateliers et visites guidées contribuent à rendre la visite ludique et instructive

Le musée est-il une entreprise comme une autre ? Sa vocation première est de conserver, restaurer, étudier et enrichir les collections pour montrer au plus grand nombre le patrimoine culturel d'une ville, d'une région, d'un domaine… Souvent propriétés de la puissance publique, les collections et les institutions souffrent pourtant d'une restriction budgétaire. La culture se tourne de plus en plus vers les financements privés et adopte le modèle de gestion d'une PME pour continuer à exister, à proposer des expositions temporaires pour animer une cité et la rendre attractive pour le tourisme, un secteur clé en France et à Lyon.

Publics, associatifs, municipaux ou totalement privés, les musées ne vivent aujourd’hui plus uniquement de subventions publiques et de la billetterie. Les dotations de l’Etat et des collectivités ayant tendance à se réduire, ils doivent faire preuve d’imagination pour aller chercher l’argent ailleurs. Cette problématique est d’autant plus vraie pour les « petits musées » qui peuvent avoir du mal à exister face à des mastodontes. Le Musée des Beaux-Arts de Lyon a attiré 350 000 visiteurs en 2014. Le tout nouveau musée des Confluences bat des records. Il misait sur quelque 500 000 visiteurs chaque année en vitesse de croisière. L’objectif a été atteint dès l’été 2015, seulement six mois après son ouverture. Point positif : les musées lyonnais séduisent. Gageons que les visiteurs français et étrangers attirés par les collections de ces gros porteurs se tournent également vers les celles, à connaître, des « musées secondaires ».


Effet moins glamour : ces grosses machines aspirent également davantage les fonds privés. Selon leur organisation, aujourd’hui presque toutes les institutions proposent de louer leurs espaces pour des événements privés. The place to be de 2015 était le Musée des Confluences alors que de nombreux autres musées, accessibles et pratiques, auraient aussi pu accueillir des événements.
Le mécénat fait aujourd’hui partie intégrante du fonctionnement d’un musée, de quelle que façon qu’il soit géré. Un bâtiment mis à disposition gracieusement pour le musée miniature et cinéma, la participation d’entreprises privées à des expositions temporaires pour le Musée de l’Imprimerie et de la création graphique, le don de véhicules pour le Musée de l’Automobile Henri Malartre, le financement participatif pour le Musée Africain.


Malgré une diversification contrainte des sources de financement de ces institutions culturelles, leurs situations restent tendues. Le Musée des Tissus et le Musée des Arts décoratifs sont en mauvaise passe à cause de la diminution des dotations de l’Etat à son gestionnaire la CCI de Lyon. Le Musée Africain craint le retrait de son principal financeur. Et si des solutions ne sont pas trouvées, ces temples de la connaissance et de la transmission pourraient définitivement fermer leurs portes.

Dossier réalisé par Stéphanie Polette et Stéphanie Borg

 



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