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Entrepreneuriat / Plans de carrière

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Entrepreneuriat / Plans de carrière

L'avènement du statut d'auto entrepreneur et la démarche de simplifications administrative, fiscale et sociale ont crée en France une véritable dynamique autour de la création d'entreprises, à tel point que notre pays concentre 20 % de celle-ci à l'échelon européen. Pour autant, cette envie d'entreprendre se frotte au manque d'informations par rapport aux solutions globales d'accompagnement bien souvent peu valorisées ou lisibles. Bien sûr les financements existent mais pêchent par leur manque de fléchage, bien sûr l'entrepreneuriat a bonne presse mais pas forcément le statut même de chef d'entreprise, bien sûr la création de valeur et de richesse est une fin en soi, mais l'échec aussi doit être intégré et reconnu dans le processus entrepreneurial… Si pour l'économiste Schumpeter « l'essence de l'entrepreneuriat correspond à la faculté d'identifier et de faire fructifier une valeur marchande en faisant coïncider une innovation et un besoin », force est d'admettre que d'autres notions enrichissent aussi sa définition : passion, risque, envie… L'entrepreneuriat est un tout, qui procède d'une démarche globale, mais au premier chef, qui résulte d'un choix souvent personnel pour un avenir finalement commun.

L'ENTREPRENEURIAT OUI MAIS BIEN ACCOMPAGNÉ

Une récente étude BNP Paribas/OpinionWay fait la lumière sur le rapport des Français à l'entrepreneuriat. Celui-ci est très bon mais la démarche doit être bien encadrée.

Parmi les grands enseignements de cette étude, on notera la forte appétence des Français pour l'entreprenariat avec 45 % d'entre eux qui se déclarent tentés par l'aventure entrepreneuriale, avançant l'argument d'un contexte plus propice à la création d'entreprise. Pour plus d'un tiers des Français (35 %), le facteur déclencheur reste l'idée innovante, à part égale (34 %) avec le coup de pouce pour financer le lancement de sa nouvelle activité.

Par ailleurs, 60 % des Français considèrent qu'il est plus facile d'entreprendre aujourd'hui qu'auparavant, lorsqu'on est jeune. Quatre qualités majeures sont mises en exergue pour les sondés dans la réussite d'une création d'entreprise : la confiance en soi (28 %), la rigueur (27 %), le sens de l'organisation (27 %) et la créativité (25 %).

L'étude met en lumière l'entrepreneuriat comme un « mode de vie à part entière ». Pour 22 % des Français, posséder sa propre entreprise permet de mieux concilier vie professionnelle et vie privée. Le rêve de créer sa propre entreprise correspond avant tout à l'idéal de pouvoir vivre d'un travail qui corresponde mieux à la personnalité de chacun, qui ait du sens et qui permette de s'affranchir de certaines contraintes.

Troisième prisme qui émerge de cette étude : la banque comme un partenaire indissociable de la réussite entrepreneuriale : deux tiers des Français considèrent les banques comme des partenaires incontournables pour les créateurs d'entreprise, 87 % des Français attendent de leur partenaire bancaire des facilités de paiement et des solutions sur-mesure en matière de financement et 58% des Français souhaitent de la part de leur partenaire bancaire des conseils fiscaux et juridiques.

L'attente des entrepreneurs envers les banques est forte, pas seulement dans le financement de leur projet stricto sensu, mais plus globalement dans la proposition de solutions d'accompagnement adaptées à leur business.

Ils témoignent

Patrick Bertrand, ICMI

« La question est : qu'a-t-on a envie de faire, à quel moment et avec qui. Je l'ai toujours su, mais pas forcément toujours réussi à le mettre en oeuvre car la vie c'est un combat constant entre l'écart-type dont les bornes seraient choisir et subir. (…) Je suis dans une logique entrepreneuriale, en devenant un appui, et plus forcément en tant qu'opérationnel. Je continue ainsi à entreprendre et reste ouvert à toute nouvelle aventure si le projet correspond à ce qui m'a toujours motivé : aller vite, construire, développer et créer de la valeur économique mais aussi humaine.

Jean-Michel Bérard, Esker

« Je suis devenu entrepreneur car j'avais la volonté, le fait de piloter mon destin, faire mes propres erreurs… Je l'ai senti lorsque j'étais étudiant. J'avais cette idée de liberté ».

Pierre Gattaz, prédisent du Medef

« Si vous interrogez les salariés, vous n'entendez pas le même discours, les salariés sont attachés à leur entreprise. Les Français font davantage confiance aux chefs d'entreprise pour faire bouger les choses plutôt qu'aux politiques. Cela étant s'il faut réhabiliter les patrons, tous les patrons pas seulement les petits, ce dont je doute, il faut surtout réhabiliter l'économie en faisant de la pédagogie ».

Jean-Frédéric Geolier, Mille et un repas

« Il faut être inconscient pour entreprendre. On n'est pas sûr de réussir. On investit tout, on risque de tout perdre et pourtant, on conserve une espèce d'inconscience joyeuse . Aujourd'hui n'est pas plus difficile qu'il y a 20 ans. Les dirigeants savent garder cet optimisme nécessaire aux entreprises ».

L'ÉCHEC PUIS LE REBOND

Guillaume Mulliez

Si dans les pays anglo-saxons, l'échec fait partie intégrante du processus entrepreneurial, en France il est perçu comme un accident de parcours grave dont il est presque impossible de se remettre.

« Il est nécessaire de valoriser cet échec et de le transformer en rebond » explique Guillaume Mulliez, issu d'une famille de serial entrepreneurs (Leroy Merlin, But, Décathlon, Phildar, …) et président de l'association 60 000 rebonds créée en 2012 et qui accompagne les dirigeants en situation de post-faillite.

La structure intervient à travers trois prismes bien précis inhérents à la liquidation d'une entreprise : traumatismes financier, personnel et familial, l'association soutient l'entrepreneur.

Des séances de coaching permettent d'accepter la situation et de la relativiser ; le parrainage par un chef d'entreprise est l'occasion de réfléchir à un nouveau projet ; sans oublier des ateliers de co-développement avec le groupe d'échange et de développement placés sous le signe de la bienveillance.

« En France, la moyenne d'un rebond est de 8 ans, c'est élevé ! Notre dispositif réduit ce temps à 18 mois maximum ; dans certains cas ce peut-être 6 à 8 mois ».

L'association s'engage jusqu'à deux ans d'accompagnement. « 95 % de personnes partent avant ce terme, 40 % retournent au salariat et 60 % reprennent une activité entrepreneurial » poursuit G. Mulliez.

Ses inspirations ? « Elles sont multiples, le scoutisme, mes échecs, mes réussites et l'envie de valoriser l'entrepreneuriat et mon arrière grand père Louis ». Celui-là même à l'origine de la réussite entrepreneuriale de toute une famille qui embauche aujourd'hui 600 000 personnes à travers le monde et qui avant de lancer son affaire de filature de laine avait fait faillite deux fois.

A LA RECHERCHE DE PATRONS BÉNÉVOLES

Dans le cadre de son expansion et de détection de patrons en difficultés, l'association 60 000 rebonds ouvre trois nouvelles antennes à Clermont-Ferrand, Dijon et Saint-Etienne. « La grande difficulté est de faire venir les entrepreneurs dans notre réseau, a qui nous tendons la main. Nous sommes aussi à la recherche de bénévoles qui ont une activité et qui pourraient animer ces nouvelles antennes. Avis aux intéressés ! »

Développer sa force commerciale, une nécessité

Mal considérée en France, la fonction commerciale reste pourtant l'une des clés du succès économique d'une entreprise. « Combien d'entrepreneurs qui avaient un savoir faire hors pair et qui développaient une forte technicité n'ont ils pas pu se développer en raison d'une lacune commerciale » témoigne Lionel Deshors, co-fondateur de CCLD, cabinet de recrutement spécialisé dans les fonctions commerciales.

Photos : Cyril Capel, à gauche et Lionel Deshors​

Sans client, le produit ne vit pas car ne se vend pas et l'entreprise qui l'a conçue aussi pourrait-on ainsi résumer. Pour autant, trouver le bon profil n'est pas forcément évident « car vendre un produit est une chose mais encore faut-il le délivrer avec justesse et atteindre une certaine rentabilité » poursuit L. Deshors également, président de l'association des Dirigeants commerciaux de France. Avec l'ambition de casser la mauvaise image du commercial « vendeur de tapis » ou expert « du pied dans la porte » Lionel Deshors, à l'instar de ce qui a cours dans les pays anglo-saxons souhaite insuffler une vrai culture commerciale en France.

CCLD, grâce à des méthodes d'assesment center basées sur l'évaluation des compétences d'un candidat incluant des mises en situation et d'autres outils associant des test psychologiques, sélectionne finement des profils en adéquation avec les attentes des entreprises qui le sollicitent. Lionel Deshors note à ce sujet une tendance à recourir à des profils très ciblés compte tenu de parcours d'achats en pleine évolution dans les entreprises. « Ce n'est plus le vendeur qui propose des solutions packagées à l'entreprise mais bien le chef d'entreprise, aujourd'hui plus connecté et donc plus informé qui donne le la. Ce qui implique des commerciaux qui ont une capacité d'écoute forte du client et capables d'animer une équipe autour d'un projet en maîtrisant ses aspects financiers mais également juridiques ».

Selon l'expert en recrutement « le coût direct d'un recrutement raté pour une entreprise est estimé en moyenne à 25 000 € ».




Julien THIBERT
Journaliste

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