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François Simon-Fustier maître du temps

le - - Entreprise de la semaine

François Simon-Fustier maître du temps

Spécialisé dans l'horlogerie ancienne, François Simon-Fustier restaure actuellement les pendules et l'horloge centrale du château de Vaux-le-Vicomte en Seine-et-Marne. Un privilège qui témoigne d'un savoir-faire exceptionnel.

Originaire de Saint-Chamond, François Simon-Fustier est un homme guidé par une passion qui se transmet depuis quatre générations. Au décès de son père, en 1997, il reprend l’atelier et s’installe à la Croix-Rousse, à l’abri des regards. Il se consacre alors à la restauration de pendules et d’horloges anciennes. Au fil du temps, il développe sa clientèle, forme des apprentis, obtient le label Entreprise du Patrimoine Vivant et devient l’unique horloger français titulaire du Brevet de maîtrise supérieure en horlogerie. En 2015, il déménage à Caluire dans un espace de 100 m2 aux normes des manufactures suisses. Au sein de l’atelier toujours sans vitrine, désormais six personnes restaurent ces instruments de mesure du temps passé et présent, objets de famille ou de collection à forte valeur sentimentale. Ils appartiennent à des particuliers, des églises, des musées ou encore des châteaux. Celui de Vaux-le-Vicomte, propriété de la famille de Vogüe, lui a confié la restauration de ses douze pendules et de l’horloge centrale. Pour financer ces travaux, le château organise une campagne de mécénat qui permet aux donateurs d’adopter des pendules.


La rencontre de l’horloger de la Croix-Rousse avec le châtelain de Seine-et-Marne date de 2002, à l’occasion du salon international du patrimoine culturel au carrousel du Louvre. Le premier contact est un peu surprenant mais très vite des liens de confiance se créent entre M. de Vogüe et François Simon-Fustier qui devient le réparateur officiel de la grande horloge et des pendules. Un honneur et une responsabilité. « Toutes les pendules sont de très belles pièces de mobilier signées par des grands maîtres. »
De 29 cm pour la plus petite, la Capucine en marqueterie et laiton, à la plus grande de 90 cm de hauteur, la Tête de poupée en écailles de tortue,  les pendules datent du XVIIe, XVIIIe ou XIXe siècle. Depuis le mois de février, François Simon-Fustier va les chercher quatre par quatre à Vaux-le-Vicomte. « Notre travail est de démonter, nettoyer, rétablir les roulements, redonner au métal son aspect d’origine, faire fonctionner de nouveau les pendules et leurs carillons, au sein de l’atelier mais surtout dans les pièces du château où elles retrouveront leur place initiale. Nous formons alors le personnel du château pour qu’il sache les remonter régulièrement et les remettre à l’heure. Les balanciers seront remis en route par les mécènes dont le nom figurera sur le cartel de chaque pendule adoptée. » Commencée en mars, la restauration des douze pendules sera achevée définitivement en septembre. Elles auront alors toutes retrouvé leur place initiale dans le château dont le cœur battra avec exactitude au rythme ponctuel d’une nouvelle époque.

Un travail de prestige et un devoir de transmission

Que représente une telle mission pour l’horloger de la Croix-Rousse ?
Vaux-le-Vicomte, c’est le prototype de Versailles. Restaurer les pendules est un travail de prestige, lié à l’histoire. Car un château qui n’a plus d’heure est un château qui meurt. On est vraiment dans la symbolique. La famille de Vogüe est très reconnaissante de notre travail, elle s’intéresse à notre métier et à sa transmission.
Comment transmettez-vous ce savoir-faire ?
J’ai créé des fiches de méthodes et de process, puis après avoir étudié l’encyclopédie de l’horlogerie de Diderot et Dalembert, j’ai décidé de réaliser en 3D, la modélisation du mécanisme de l’horloge. Sébastien, un jeune horloger informaticien est chargé, au sein de l’atelier, du développement de cet outil qui permet de reproduire à l’identique les pièces anciennes et de vérifier leur fonctionnement avant toute intervention. Les fabricants suisses l’utilisent pour le développement de la montre. Mais il n’existe pas d’autre atelier au monde avec notre niveau d’horlogerie ancienne qui double la restauration avec la modélisation 3D. C’est un formidable outil de préservation et de transmission de notre savoir-faire.
De quelle manière pensez-vous l’utiliser ?
Au cours d’une conférence, qui aura lieu le 24 juin à Vaux-le-Vicomte, lors du retour de l’horloge centrale, j’expliquerai aux mécènes et aux visiteurs les secrets de cet illustre mécanisme qui marque le temps. Il peut également être exploité par les écoles d’horlogerie et nous être fort utile pour la restauration de deux grosses horloges d’un marché à l’étranger pour lequel nous devrions intervenir.
 




Agnès GIRAUD-PASSOT
Journaliste

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