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J.-P. Lac : "Les entreprises sont trop frileuses dans le financement de leur croissance"

le 22 mai 2017 - Jacques DONNAY - Finances

J.-P. Lac : "Les entreprises sont trop frileuses dans le financement de leur croissance"

Convié à un petit déjeuner débat organisé par la Compagnie Régionale des Commissaires aux Comptes et centré sur l'ouverture du capital pour financer la croissance, le Président de Lyon Place Financière et Tertiaire a proposé une lecture sans concession de ce sujet sensible.

Les derniers chiffres qui ont été officialisés sur l’ouverture du capital pour financer la croissance sont très nettement orientés à la hausse. Est-ce un sujet de satisfaction pour vous ?

Certes il y a une amélioration, mais je considère que c’est encore trop peu. Quand on compare ces chiffres au nombre d’entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse 750 K€, le différentiel est encore beaucoup trop important. Il y en a environ 400 000, alors je ne veux pas entendre que moins de 3 000 d’entre elles ont besoin de fonds propres. Et le constat est exactement le même si l’on s’arrête un instant sur les montants engagés. Le ticket moyen c’est à peu près 5 à 6 M€ par opération ; ce sont des petites choses et surtout en masse cela représente trop peu.

En quoi est-ce problématique ?

C’est terrible parce qu’il y a beaucoup d’argent sur le marché et parce que l’industrie du « private equity » s’est considérablement améliorée en France ces dernières années. Des cabinets commencent à se rassembler, à fusionner, donc il y a une amélioration dans l’organisation du métier et dans la qualité de gestion du métier. Mais nous pouvons craindre que l’afflux d’argent et la faiblesse dans le même temps du nombre de sociétés disposées à utiliser le « private equity » conduise à des « pricing » qui ne sont pas les bons, même si nous sommes encore loin de ceux qui sont constatés aux Etats-Unis et au Canada.

Qui sont ces investisseurs ?

L’assurance vie française, tout d’abord. Ce sont 1 600 Md€ qui sont à la disposition des gérants de tous ces fonds et qui cherchent à se placer. Ils ont donc un problème, car ils doivent investir ces fonds intelligemment et notamment faire de la diversification. Ce n’est pas tenable de ne faire que de l’emprunt d’Etat, du côté compartiment A CAC 40, du taux fixe... Au bout d’un moment, il y a une recherche de diversification vers le non coté. La logique est la même pour les fonds d’investissement. Quant au « family office », on voit sa forte progression dans le monde du « private equity » et là aussi il y a de l’argent. Enfin les fonds souverains, qui arrivent de plus en plus en France dans une démarche de diversification internationale, essaient de s’investir en complément de l’industrie du « private equity. »

Votre analyse est-elle la même en région ?

Oui. Il y a un peu plus de 700 entreprises (Ndlr : 58 % sont des PME, 27 % des ETI et 14 des TPE) qui sont accompagnées par des fonds d’investissement en Auvergne-Rhône-Alpes et là encore ce n’est pas suffisant. Quand on voit la masse de besoins de nos entreprises, on ne peut pas être satisfait. D’autant plus qu’Auvergne-Rhône-Alpes est la région française la mieux placée en termes de représentation de l’industrie du « private equity », avec tous les principaux acteurs du marché. Nous avons 70 fonds de « private equity » donc nous devons faire beaucoup plus et beaucoup mieux.





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