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La peau reconstituée par bio-impression 3D

le 01 mars 2017 - Severine RENARD - La Start-up qui change votre quotidien

La peau reconstituée par bio-impression 3D
DR - Amélie Thépot

La start-up lyonnaise fabrique de la peau sur-mesure destinée aux tests d'efficacité des produits cosmétiques, mais aussi bientôt destinée à soigner les grands brûlés.

Amélie Thépot est responsable du contrôle qualité de la banque de tissus et cellules des Hospices Civils de Lyon. Mais la titulaire d’un Doctorat en biologie cellulaire est aussi la présidente de LabSkin Creations. Cette start-up, créée en janvier 2014, propose des modèles de peaux reconstruites réalisés sur-mesure à partir de cellules vivantes. « Nous utilisons une imprimante 3D de notre partenaire 3d.FAB. Nous injectons dans des seringues une bioencre brevetée qui va permettre d’imprimer de la peau en quelques minutes. Il faut ensuite placer l’échantillon en culture pendant 21 jours pour obtenir un modèle fonctionnel avec derme et épiderme. En culture in vitro, il faut compter 45 jours », explique Amélie Thépot.
Cette offre intéresse l’industrie cosmétique pour tester et mesurer scientifiquement l’efficacité d’un produit. « Notre fabriquons de la peau hautement personnalisable. Nous pouvons mettre au point des peaux de toutes les ethnies, de tous les âges, de tous les types… », affirme Amélie Thépot. Clarins, LVMH, L’Occitane… font appel à LabSkin Creations, mais aussi des fournisseurs d’actifs cosmétiques. Un projet dure entre 6 mois et un an ; et la start-up mène généralement 4 à 5 projets en même temps. Son savoir-faire a même séduit le groupe chinois de cosmétique Jala. « Nous avons fabriqué la première peau chinoise bio-imprimée », souligne Amélie Thépot. Un tour de force car être autorisé à piocher dans les banques de cellules en Chine n’est pas une mince affaire.

Hébergée à l’Hôpital Edouard Herriot, l’entreprise emploie cinq personnes et devrait compter 15 à 20 personnes d’ici 5 ans. Indépendante, la start-up apprécie de travailler dans un environnement hospitalier de pointe qui favorise l’émulation. C’est ainsi que LabSkin Creations participe, aux côtés du Laboratoire des substituts cutanés des HCL, du Laboratoire IMoPA et de la plateforme technologique innovante 3d.FAB, à un programme de recherche financé par l’Armée française portant sur l’impression 3D directe sur grands brûlés. « Grâce à un robot avec un bras articulé et à une image modélisée sur ordinateur de la zone à couvrir, il sera possible d’imprimer la peau directement sur le patient brûlé. Les premiers essais sur animaux sont pour bientôt », annonce Amélie Thépot.



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