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Exposition : l'inclassable Raoul Dufy à Evian

le 16 mars 2017 - Brigitte ROUSSEY - Exposition - article lu 29 fois

Exposition : l'inclassable Raoul Dufy à Evian
Raoul Dufy, " Nageuse rouge ", vers 1925, Centre Pompidou

La nouvelle exposition du Palais Lumière « Raoul Dufy, le bonheur de vivre » célèbre un artiste éclectique dont l'aisance et l'originalité du travail permettent de le considérer comme l'un des grands du XXe siècle. Peintre, dessinateur, illustrateur, céramiste, décorateur, créateur de motifs de tissus et de tapisserie, Raoul Dufy (1877-1953) est ce peintre surdoué ouvert à toutes les formes de l'art.

L’homme est sympathique, curieux de tout, heureux de vivre et de travailler.  Volontairement il s’est tenu à l’écart des courants artistiques contemporains pour rester libre ! Toutefois ses premières œuvres se rapprochent de l’impressionnisme puis pendant quelques années, elles témoignent de son admiration pour le fauvisme de Matisse et de son intérêt pour le cubisme de Cézanne.

Après de nombreuses recherches et hésitations, il définit un langage qu’il transpose dans toutes les techniques utilisées : un style à première vue facile qui masque la rigueur de ses préparations ; un dessin parfait allant à l’essentiel et des couleurs vives posées en aplats juxtaposés et souvent dissociés, sur lesquels il dessine ses motifs d’un traits sombre et fluide.

L’exposition présente plus de 200 œuvres regroupées en séquences qui suivent les différentes collaborations développées par Dufy. Au fil des salles, nous pouvons voir de nombreuses étoffes et des robes imprimées de motifs reprenant ses dessins, des tissus que le couturier Paul Poiret utilise dès 1910 pour confectionner ses modèles (Dessin de mode pour Paul Poiret, 1917). En 1912, il dessine pour la société lyonnaise Bianchini-Férier de nombreux modèles pour ses soieries et  ses tentures (Fleurs et éléphants, 1912).

Un peu plus loin, quelques planches de gravures sur bois destinées à l’illustration de textes : Le Bestiaire ou Cortège d’Orphée de Guillaume Apollinaire ainsi qu’un bel ensemble de céramiques vernissées réalisées  en collaboration avec le céramiste espagnol Artigas : Grand vase à décor de nus roses (1925), Jardin d’appartement (1927). Ces céramiques ou « paysages en pot » influencées par l’art japonais étaient très à la mode. Plusieurs esquisses et des tapisseries tissées dans les manufactures de Beauvais et d’Aubusson (Vénus anadyomène, 1940) voisinent avec des projets à l’encre et à la gouache pour des décors de théâtre : Le Bœuf sur le toit (1920) de Jean Cocteau, ou des costumes de ballets (Balanchine).

Au cours de la visite, ne pas manquer d’admirer les études préparatoires à son chef-d’œuvre : le décor du pavillon de l’Electricité et de la Lumière pour l’Exposition internationale de 1937 à Paris : Réduction au 1/10e de l’immense fresque La Fée Electricité (1937). Des photographies et des coupures de presse de l’époque complètent la présentation.

Peintre des fêtes, de la vie citadine, des endroits à la mode, de la mer, du soleil et de la vie, chacune des œuvres de Dufy témoignent du regard émerveillé qu’il a posé sur le monde. Une exposition magnifique à voir absolument !

Palais Lumière à Evian-les-Bains, jusqu‘au 5 juin



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