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Emmanuel François : « L'industrie immobilière évolue vers une industrie de services »

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Emmanuel François : « L'industrie immobilière évolue vers une industrie de services »
© SBA - Emmanuel François, président de l'association SBA

Dans le cadre de la 4e édition des Universités d'été « Smart buildings for smart cities », organisée à l'EMLyon début septembre, le président de l'association SBA (Smart building alliance for smart cities) revient sur les enjeux de la transition numérique et son impact sur l'économie des Français.

Le numérique est aujourd’hui omniprésent. Quel impact a-t-il sur le modèle économique existant ?

Nous sommes en train d’évoluer vers une aire numérique illimitée. C’est un énorme défi qui place l'homme au centre du processus de décision. Parce qu'il est informé en temps réel, un citoyen spectateur et consommateur plutôt passif se convertit en acteur consommateur, producteur et responsable. Sans apparaître utopique, il nous faut passer d'un monde aux intérêts individuels à un monde géré par et pour le bien commun, et la tâche s’avérera impossible sans conditions et pré-requis. Nous devons absolument créer une passerelle dynamique entre les mondes professionnel et universitaire. Accompagner la transformation de la société sous l'impact du numérique et modifier les usages qui en découlent. Les prémices de cette mutation se font déjà ressentir, ce qui nous pousse à repenser des modèles acquis depuis des décennies. Nous vivons une véritable période de rupture : inventée il y a 3 000 ans, l’écriture laisse aujourd’hui la place aux supports de cours interactifs, enrichis des apports de chaque élève… Mais l’enseignement est loin d’être le seul domaine impacté : l’économie, la politique, le droit, le social, l’environnement sont tous touchés. Nous le percevrons concrètement d'ici dix ans, date d'entrée dans la vie active des générations de l’an 2000.

D’un point de vue environnemental justement, comment l’industrie automobile compte-t-elle évoluer ?

Nous avons entamé notre capital Terre et les ressources consommées n'ont plus le temps de se reconstituer. Devant la fragilité de la condition humaine, il est impératif de mettre en place des mesures collectives qui permettront d'inverser la tendance. Nous ne pouvons plus vivre comme avant. L’industrie automobile l’a bien compris : elle vit en effet une révolution majeure avec, à court terme sans doute, la disparition du diesel. En parallèle, on assiste à des méga alliances visant à se repositionner sur le véhicule autonome et le véhicule électrique – prenez par exemple le projet Terra E qui s’apprête à concurrencer Tesla en construisant sa propre usine de batteries au lithium-ion. De nombreux politiques ont désormais établi que, d'ici trois ans, la plupart des citoyens auront des informations en temps réel sur leur environnement et sur les conséquences que la pollution ou les particules entraînent sur leur état de santé. Ils n’ont plus le choix s’ils veulent se prémunir d’une attaque en justice d’un collectif de citoyens.

Qu’en est-il de l’immobilier ?

Le secteur bouge. On assiste par exemple à un rapprochement entre Bouygues Immobilier (par le biais de sa filiale Nextdoor) et Accor : l’industrie immobilière évolue vers une industrie de services, vers des espaces pluriels et multi-usages favorisant la santé et le bien-être, la maîtrise de l'énergie et l'utilisation de l'espace. Mais gare, car il reste peu de temps aux acteurs pour s'adapter. D'ici dix ans, 40 % des entreprises actuelles n'existeront plus et la qualité deviendra la notion essentielle pour tout manager. Regardez Deloitte, à Amsterdam : son siège est passé de 100 000 m2 à 40 000 m2 pour le même nombre d’employés, et ce grâce à la construction d’un bâtiment smart. Regardez Icade, qui a réduit la superficie de ses locaux de 40 % en optant pour l'optimisation de ses espaces et le télétravail… Il y a une dévalorisation potentielle de 30 % du parc immobilier de cinq à dix ans pour tous ceux qui n'auront pas engagé leur démarche smart.

Quels sont les autres domaines impactés ?

Les banques. Elles doivent s'investir massivement sous risque d'un crack financier général.

Propos recueillis par Charlotte Robert




Charlotte ROBERT
Journaliste

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