Fermer la publicité

Entretiens Jacques Cartier : un pont entre Lyon et le Québec

le 21 novembre 2016 - F. Rivier, J. Donnay, S. Borg - Dossiers

Entretiens Jacques Cartier : un pont entre Lyon et le Québec

Du 21 au 23 novembre, les Entretiens Jacques Cartier se tiendront à Lyon mais aussi à Saint-Etienne et à Grenoble. C'est la 29e édition de cet événement dédié à l'innovation, au développement stratégique des échanges et des réseaux entre le Québec et la région Auvergne-Rhône-Alpes. Durant les trois jours, 16 colloques et 9 événements ouverts à tous, plus de 150 experts et 250 conférenciers français et québécois à la rencontre des décideurs, avec l'objectif de « créer de la valeur et détecter des opportunités ».

Organisés chaque année, alternativement en région Auvergne-Rhône-Alpes et au Québec, les Entretiens Jacques Cartier se revendiquent comme « un des plus grands rassemblements de la communauté francophone, rendez-vous incontournable pour tous les décideurs, les chefs d’entreprise, les chercheurs et universitaires, et les acteurs du monde culturel », selon les termes de Frédéric Bove, directeur général du Centre Jacques Cartier, organisateur de l’événement : « Depuis la première édition, en 1987, entre 12 000 et 13 000 personnes sont passés par les Entretiens, outil unique dans le cadre de la coopération bilatérale ».  

Même si la communauté universitaire, scientifique et culturelle est toujours bien présente, l’événement s’est clairement recentré sur l’économie. Rencontres entre les communautés numériques, master classes avec de grands dirigeants québécois, focus sur l’accord économique global entre le Canada et l’Union européenne, regards croisés autour de l’entrepreneuriat en France et au Québec… sont quelques-uns des temps forts de cette édition articulée en 8 « chapitres » : « Santé et sciences de la vie », « Energie et développement durable », « Mobilités, territoires, Smart Cities, « Enjeux sociaux et économiques », « Finances et affaires juridiques », « Numérique et technologies », « Entrepreneuriat », « Culture, art et performance ».

A noter que l’an prochain, le 30e anniversaire des Entretiens Jacques Cartier coïncidera avec les 375 ans de la ville de Montréal qui accueillera l’événement. Plus généralement, Lyon sera a l’honneur dans la capitale québécoise, avec une « fête des lumières » organisée le 15 février, l’installation d’un bouchon lyonnais et la distribution d’une « soupe lyonnaise » pendant le festival de rue.   

Trois questions à…Frédéric Bove, directeur général du Centre Jacques Cartier

Lors de la présentation de ces 29e Entretiens , vous avez insisté sur le fait qu'il s'agissait d'une édition avec beaucoup de « premières fois »… Pouvez-vous préciser ? 

Le Centre Jacques Cartier doit être un animateur de la relation entre le Québec et la région Auvergne-Rhône-Alpes, et ses capitales économiques Lyon et Montréal, en mettant en relation de manière stratégique les acteurs de la recherche et de l’économie en particulier, autour de la notion d’innovation. Pour se faire, il faut que tous les acteurs qui portent l’innovation soient présents. C’est pourquoi, pour la première fois, les pôles finance de la région (Lyon Place Financière) et de Montréal (Finance Montréal) vont se rencontrer, ainsi que les hubs French Tech de la région qui interviendront avec ceux de Montréal et de Québec, ou encore les réseaux de l’entreprenariat féminin… Cela s’ajoute aux thèmes habituels récurrents (développement durable, énergie, mobilité, notamment).

Egalement, pour la première fois, nous aurons un Sommet santé, le 21 novembre, afin de souligner l’importance de ce secteur et la richesse des écosystèmes universitaires et économiques. D’ailleurs, le Centre Jacques Cartier a ramené du Québec le concept du hackathon en santé (Hacking Health) qui aura lieu du 18 au 20 novembre, pour une première fois aussi à Lyon. Je pourrais aussi ajouter comme première fois la mission économique de la chambre de commerce de Montréal.

Au départ très universitaires et culturels, les Entretiens se sont clairement recentrés sur l'économie. Pourquoi ? 

Du moment où vous abordez une notion centrale comme celle de l’innovation, la question des connaissances, de la production et de la transmission de ces dernières sont un enjeu. Dans ce sens, les secteurs universitaires, économiques et institutionnels doivent être convoqués ensemble, tout comme les acteurs qui financent, soutiennent cette innovation et le développement économique. Le Centre Jacques Cartier a à cœur de permettre aux personnes expertes dans leur domaine de se rencontrer afin que tout le monde progresse grâce à l’expérience des uns et des autres. Dans un monde ouvert, où le numérique révolutionne les relations et les systèmes, il est primordial que tous les acteurs qui comptent soient présents, dans un contexte idéal, et c’est ce que proposent les Entretiens Jacques Cartier. D’ailleurs, nous pouvons constater que de nombreuses personnes du Québec et de France font le déplacement pour suivre les échanges.

Selon vous, qui vivez et travaillez essentiellement à Montréal, que peut-on attendre de l'accord CETA qui vient d'être signé ?

C’est un accord qui va fluidifier les relations sur un certain nombre de points précis et donc les faciliter. Il est toujours intéressant de donner un cadre aux relations, et il est certain qu’elles vont s’intensifier. De ce point de vue, il est intéressant de voir que le Centre Jacques Cartier a très tôt parlé de cet accord, de par l’implication directe du président du Centre, Pierre Marc Johnson, mais aussi parce que nous vivons ces échanges depuis de très nombreuses années. Le thème cette année de la conférence entre le barreau du Québec et celui de Lyon est d’ailleurs l’accord CETA. Cette conférence rassemblera des invités de très haut niveau sur cette question.

Enora Guerinel : « De fortes différences dans la culture entrepreneuriale »

Mardi 22 novembre, les jeunes chambres économiques de Lyon et de Montréal proposent une rencontre entre les acteurs de l'entrepreneuriat des jeunes des deux côtés de l'Atlantique. Enora Guerinel, responsable de l'incubateur Ronalpia, présentera la démarche engagée à Lyon.

Quel est le rôle de Ronalpia dans l'accompagnement des jeunes vers l'entrepreneuriat ?

Enora Guerinel : Nous sommes un incubateur d'entrepreneurs sociaux. Cela signifie que nous accompagnons des jeunes et des moins jeunes, hommes et femmes, avec ou sans diplôme. Dans cet ensemble, les jeunes représentent un tiers de notre population d'entrepreneurs. Nous les aidons à passer du stade de l'idée au lancement de l'activité. Cela va de la conception du produit ou des services à la rencontre des premiers clients, en passant par la rencontre avec les premiers financeurs, la constitution de leur équipe...

 Qu'attendez-vous de cette rencontre avec un spécialiste canadien de l'entrepreneuriat des jeunes ?

 E.G. : Une confrontation tout d'abord et des regards croisés sur la perception que nous avons de chaque côté de l'Atlantique en ce qui concerne l'entrepreneuriat des jeunes. Généralement, nous avons la possibilité de faire cette démarche avec d'autres acteurs de l'entrepreneuriat social dans l'Hexagone, en revanche nous connaissons peu les modèles développés à l'étranger. Cette rencontre et cet échange doivent donc nous permettre de voir si les enjeux que nous identifions en France correspondent à ceux qui sont identifiés au Canada. Il y a dans nos deux pays de fortes différences au niveau de la culture entrepreneuriale, et c'est intéressant d'en mesurer l'impact. Enfin nous pourrons échanger sur les dispositifs d'aide. Il y a sans doute des outils que nous n'avons pas identifiés et donc des leçons à tirer de tout cela.

 En attendez-vous des pistes concrètes que vous pourriez explorer rapidement ?

 E.G. : Je ne sais pas si aurons le temps d'aller assez loin dans les échanges pour cela, mais ce type de rencontres ouvre forcément de nouveaux horizons. C'est toujours positif d'envisager les choses différemment, même si les solutions étudiées ne sont pas applicables directement sur le terrain. Ceci étant dit, je ne connais pas l'environnement entrepreneurial du Canada, mais j'ai le sentiment qu'ils ont un temps d'avance sur nous. Comme aux Etats-Unis, l'entrepreneuriat et la dimension d'échec, qu'il intègre, sont vécus d'une façon totalement différente. Cela a forcément un impact sur la démarche des jeunes.

https://www.centrejacquescartier.com/les-entretiens/

 



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide