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Fenêtre ouverte sur le monde de Mathurin Bolze

le 30 janvier 2017 - Gallia VALETTE-PILENKO - Culture

Fenêtre ouverte sur le monde de Mathurin Bolze
Christophe Raynaud de Lage - Fenêtres de Mathurin Bolze

Le Toboggan consacre un « portrait d'artiste » à Mathurin Bolze, l'artiste circassien que tout le monde nous envie, avec la reprise de deux pièces, l'une fondatrice et l'autre récente, Fenêttres et Barons perchés.

« J'en ai marre de vivre à plat, dans ma cabane en bois, je vivrai en volume », c'est à partir de cette phrase tirée du roman d'Italo Calvino, baron perché, que Mathurin Bolze avait dévidé le fil de son inspiration pour son premier solo, très remarqué, Fenêtres, en 2002. Une cabane déglinguée, dans laquelle les objets avaient la tête à l'envers, où le plancher se trouvait à la verticale et où le sol rebondissait. Mathurin Bolze y a affûté ses premières armes et posé les bases de ce qui deviendra sa griffe, un mélange de burlesque et de gravité, de poésie et d'engagement. Bachir, c'est son nom, revient après 15 ans d'absence, et il a changé de visage. Ou bien peut-être est ce son ombre ? Son alter ego ? Son fantôme ? Bref, ce n'est plus Mathurin Bolze, c'est celui qu'il a choisi pour le remplacer dans la reprise du rôle, Karim Messaoudi, un jeune homme diplômé du CNAC de Châlons-en-Champagne, croisé lors d'un stage de trampoline en 2014. Mais la ressemblance est troublante et la pièce toujours aussi magique. Réflexion sur la solitude, le dedans et le dehors, elle éblouit par sa maîtrise de l'agrès, sa virtuosité, sa justesse et son humour et garde toute son acuité seize ans après. D'autant que Karim Messaoudi est parfaitement à la hauteur de la reprise de rôle plutôt ardue que constitue Fenêtres. Une maîtrise qu'il confirme dans le duo "barons perchés" (voir encadré). Sa suite ou son commencement, selon comment on le perçoit. En effet, Mathurin Bolze reprend le fil de Bachir pour lui adjoindre un double, un frère, ou un autre lui-même, dans Barons perchés, créé lui aussi en 2015 et repris pour ce « portrait » d'artiste que lui consacre le Toboggan.
Gallia Valette-Pilenko

Le Toboggan, Fenêtres le 8 février, www.letoboggan.com

Barons perchés

Le temps a passé, la cabane à fenêtres a été retapée, et Bachir n’est plus seul. Flanqué de son double, son ombre, son frère, libre à chacun.e de décider, il retrouve son antre, enlève les draps qui protégeaient les meubles, reprend possession de son espace. Il bondit, il virevolte, disparaît d’un côté, réapparaît de l’autre, allume les lumières puis les éteint. Ce faisant, il renverse tous ses repères et les nôtres avec. Comme Bachir et son double, Barons perchés fait écho à Fenêtres, et interroge, sans en avoir l’air, la question du répertoire dans le cirque contemporain.
Barons perchés le 10, www.letoboggan.com





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