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Fête des Lumières : retombées tous azimuts

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Fête des Lumières : retombées tous azimuts
Esquisse La Maison Production - Le projet Evolution qui sera projeté sur la Cathédrale Saint-Jean

Du 8 au 10 décembre, dès la nuit tombée, Lyon vibrera à nouveau au rythme de la Fête des Lumières et de ses millions de visiteurs. Si la présence de ces potentiels consommateurs profite directement au tourisme, au commerce et au transport, la Fête des Lumières sert, par ricochet, l'activité et la croissance de multiples autres acteurs économiques. Source d'innovation, accélérateur de croissance, vecteur d'image positive et citoyenne, le plus gros événement de la Ville de Lyon séduit encore.

Malgré son format réduit et un espace limité, la Fête des Lumière 2016 démarrera dans quelques jours. Après l'annulation de l'édition 2015, transformée en une seule soirée hommage aux victimes des attentats de Paris, néanmoins très suivie, la Ville de Lyon s'est donné les moyens d'honorer la fête et d'accueillir les millions de visiteurs espérés (environ 3 millions en 2014).

S'il est difficile de prévoir l'affluence de l'édition 2016, tous les indicateurs sont au vert. " Pour l'instant, le taux d'occupation prévisionnel de nos capacités hôtelières se situe autour de 70 % (NDLR : taux de remplissage des hôtels en 2014 : 84 %). Les réservations devraient s'accélérer sur les derniers jours, mais nous nous attendons à moins de groupes. Nous sommes un pays en état d'urgence : les autocaristes et les voyagistes peuvent avoir des soucis avec leurs assurances pour couvrir leurs clients ", explique François Gaillard, directeur général d'OnlyLyon Tourisme et Congrès.

Des visiteurs captifs dont les dépenses profitent au tourisme, mais aussi aux commerces. " C'est un événement qui peut représenter jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires de nos partenaires ", poursuit-il.
Mais là aussi, difficile d'évaluer les retombées exactes. " La Fête des Lumières contribue à la découverte de notre patrimoine et à la dynamique commerciale. Pour certains de nos adhérents, elle représente des retombées économiques exceptionnelles même si les commerces doivent ouvrir le dimanche ", souligne Frank Delafon, président de Tendance Presqu'île, l'association de commerçants du secteur qui compte 250 adhérents.

Retombées protéiformes

Au-delà du tourisme, du commerce et des transports, la fête est bénéfique pour l'image de la ville et pour ses entreprises. Chacune a sa façon d'utiliser la fête, de la simple opération de mécénat au test d'une innovation en temps réel? D'où une grande diversité au sein du Club des partenaires, l'ensemble des entreprises et des institutionnels qui financent la Fête des Lumières. Là, se côtoient grands groupes industriels et petites PME locales, entreprises de services ou d'intérêt général. " Néanmoins, il y a toujours une cohérence entre l'activité de l'entreprise, son lien avec le territoire et son implication en tant qu'entreprise citoyenne ", souligne Florence Richard, responsable opérationnelle du Club des partenaires. La Fête des Lumières est aussi une formidable occasion de faire émerger des talents artistiques et entrepreneuriaux.

Un champ d'expérimentation des entreprises

Sur la place Bellecour, côté ouest, quatre grands robots joueront tour à tour d'un instrument pour former un orchestre fou. L'œuvre, portée par l'artiste Yves Moreau, est le fruit d'une collaboration entre Assystem, l'Institut des ressources industrielles, Omron Adept Technologie et Philips. En décembre 2013, Sacha Stojanovic, business développeur régional chez Assystem (550 ingénieurs sur le territoire) assiste à une démonstration de robot sur la place Bellecour. " C'était une belle œuvre, raconte-t-il, mais j'ai regretté que ce soient des robots concurrents. Nous disposons de tout le savoir-faire nécessaire en matière de robotique pour mener à bien ce type de projets, cela m'a donné l'idée et l'envie de soutenir une installation du même genre ". Il convainc les équipes du groupe international d'ingénierie et de conseil en innovation de porter le projet tandis que les équipes de la Ville de Lyon sollicitent en son nom les acteurs complémentaires. Ensemble, ils donnent naissance au projet Roboticum, qui sera projeté sur la place Bellecour. Une innovation aux retombées déjà positives puisque la technologie utilisée pour ces robots a déjà été commandée par les Hospices Civils de Lyon et le CHU de Nantes.

Un accélérateur de projets entrepreneuriaux

Chaque année, la production des animations de la Fête des Lumières concourt à l'émergence ou à l'accélération du développement des entreprises installées sur le territoire. En 2011, Jonathan Richer et David Chanel, deux jeunes diplômés de l'école d'ingénieurs CPE réunis dans une association, présentent leur premier projet à la Fête des Lumières. Leur credo : réunir une équipe d'ingénieurs professionnels, d'artistes visuels et de développeurs créatifs au service d'un projet artistique. Depuis cette première édition, Theoriz est intervenue 5 fois à la fête lyonnaise et a présenté ses différents projets à Jérusalem, Riga ou Dubaï lors de la déclinaison de l'événement à l'international. En 2014, l'association se professionnalise et devient une SARL (6 salariés, 500 000 € de chiffre d'affaires en 2015) spécialisée dans le design interactif et la recherche et développement artistique. " La Fête des Lumières nous a permis d'expérimenter nos productions à grande échelle. Chaque projet est inédit, mais il est clair que participer à ce bel événement nous a permis de nous faire connaître ", souligne Jonathan Richer. Une visibilité que confirme Matthieu Debay, fondateur de Tetro. Son agence de communication (5 salariés, 2 recrutements en cours, 1,8 M€ de chiffre d'affaires en 2015), bien implantée à Lyon et à Paris depuis 6 ans, présentera son deuxième projet à la Fête des Lumières 2016. " Nous avions le souhait de nous lancer dans un projet créatif qui ne répondait à aucune commande extérieure. Nous nous sommes inscrits dans une logique d'investissement ", explique-t-il. Mise en avant par la Fête des Lumières, ces entreprises émergentes profitent de la notoriété de l'événement pour se faire connaître et être sollicité pour d'autres opérations, plus lucratives. " La Fête des Lumières ne représente que 10 % de notre chiffre d'affaires ", affirme Jonathan Richer. " Nous co-produisons nos opérations en allant chercher des partenaires privés ", poursuit Matthieu Debay. Cette année, son agence présentera une installation qui a déjà été testée à Berlin (près de 15 000 entrées en début d'année) et dont la tournée européenne 2017 est déjà calée.

Pour soigner son image et sa communication

Il y a plusieurs façons d'être un mécène de la Fête des Lumières. Un engagement qui dépasse le simple apport financier. " Les entreprises qui investissent dans la Fête des Lumières font du mécénat culturel. Ce qui implique une responsabilité éthique et un engagement citoyen vis-à-vis de la fête ", insiste Yves Theoleure, président du Club des partenaires et du Mat Electrique, l'un des partenaires fondateurs du club. Une position qui séduit encore les entreprises, souvent fidèle à la manifestation. " Malgré l'annulation de l'année dernière, toutes les entreprises ont continué à nous soutenir. Chaque année, 85 % de nos 85 partenaires signent à nouveau ", poursuit-il.
Et il reste encore un vivier important d'entreprises à convaincre. À l'exemple du Groupe Carrefour (5 000 collaborateurs sur la région), qui vient d'intégrer le club en soutenant l'installation la Fontaine d'Etoile sur la place des Jacobins. " Nous avons choisi de nous associer à une fête qui, à l'image de nos magasins, prolonge le lien social. Proche des habitants, nous souhaitons, en associant notre image à celle d'une place entièrement rénovée, faire un clin d'œil à la rénovation complète de tous nos centres commerciaux régionaux d'ici à la fin de l'année ", explique Hélene Berthelot, directrice de programme chez Carrefour Property. Chez EDF, autre partenaire historique, on utilise aussi la Fête des Lumières pour valoriser ses équipes. Ainsi, l'opérateur, au-delà de son soutien à l'œuvre de Joseph Couturier projetée sur la place des Terreaux, propose à ses agents de devenir volontaire le temps de la fête, une façon citoyenne de répondre à l'appel de 400 volontaires lancé par la mairie de Lyon.

Un plan de sécurité inspiré de l'Euro 2016

La Fête des Lumières durera 3 jours (au lieu de 4 habituellement), de 20 h à minuit. Elle sera restreinte à la Presqu'île, soit un espace circonscrit avec 40 points d’accès identifiés : de la place des Terreaux à la place Bellecour, en passant par le Vieux-Lyon et le théâtre antique de Fourvière. Pour assurer sa sécurité, plus de 700 agents privés, municipaux et d'Etat et un dispositif anti-intrusion (voiture bélier) sont mobilisés, complété par 400 volontaires soigneusement sélectionnés par la municipalité. Pour la première fois dans une manifestation civile, un drone d'observation de l'Armée de l'air transmettra des images précises des mouvements de foule. À ce jour, le plan Orsec n'était pas encore dévoilé. Et par conséquent, impossible d'évaluer le surcoût éventuel lié à la sécurité du site et l'impact d'un tel événement sur les entreprises de sécurité privé.

2,6 M€

C'est le budget 2016 de la Fête des Lumières. Il est financé à 50 % par la collectivité et 50% par 85 partenaires privés ou institutionnels qui soutiennent la manifestation (42 % de participation financière, 28% apport en compétence ou matériel et 21% parrainage de projets artistiques). En 2016, Charvet Industries, Colliers International, Delta Light, Gecina, I Guzzini, Miniwold Lyon, Nacarat et Le Parc des Oiseaux font leur entrée dans le Club des partenaires. De son côté, la Ville de Lyon reverse l'intégralité de ce qu'elle gagne lorsqu'elle apporte son expertise et/ou son conseils dans l'aide à la lumière ou à la conception d'une Fête des Lumières, comme à Quito, Lodz ou Bogota, du 16 au 18 décembre prochain. Cette assistance à la maîtrise d'ouvrage (AMO) représente entre 80 et 100 000 €, à retirer de la contribution de la collectivité locale. 




Stéphanie BORG
Journaliste

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