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Gauvain Sers, en première ligne

le - - Spectacle vivant

Gauvain Sers, en première ligne
© David Desreumaux

Gibson en bandoulière, casquette en velours côtelé vissée sur la tête, le titi parigot part révolutionner la musique française… dans la plus pure tradition.

Gauvain Sers. 27 ballets, une brassée de ballades, une gouaille d’enfer. Tel m’apparaît ce jeune espoir de la chanson, débarqué de sa Creuse natale pour fouler les pavés de Paris quand vient l’heure de se bâtir une carrière. Biberonné à Brassens, Dylan, Ferrat, Young, Leprest, celui qui se destinait au départ à devenir ingénieur choisit de tout plaquer pour faire entendre sa voix. Textes ciselés, timbre affirmé, ses vibratos parviennent jusqu’à l’avenue Wampas, contourne le boulevard Tryo jusqu’à la Rue Ketanou, qui lui ouvrent les portes de la scène et celles, symboliques, de la grande famille de la chanson française. Puis, en octobre 2016, l’appel qui allait changer sa vie : « Il m’a téléphoné 4 jours avant son grand retour au Zénith de Paris pour me confier sa première partie. Gros blanc. On se sent tout bizarre. Et puis cette joie indescriptible qui nous envahit ». Lui, c’est Renaud. L’idole absolue. Celui qui, après écoute de plusieurs jeunes talents, jette son dévolu sur l’auteur-compositeur-interprète et l’invite sur scène, devant plus de 6 000 fans extatiques. Depuis, une soixantaine de dates se sont égrenées sur l’éphéméride. Au fil des concerts, la présence s’affirme, une identité se dessine. Un album prévu pour juin, une tournée en octobre prochain. En première ligne, cette fois. Seul face au micro, accompagné à la guitare par Martial Bort, comparse de toujours. Sa musique ? « Beaucoup de sincérité, un peu d’espièglerie », c’est comme cela qu’il la définit. Dans ces chansons, on trouve de l’amour, des morceaux du banal, quelques pages du quotidien, mais aussi des textes plus engagés. « C’est comme la vie : on s’émeut, on rigole, on pousse un coup de gueule... » Sur scène, ce Gavroche du XXIe siècle se livre en toute confiance : énergique, vivant, sincère. J’en suis tombée par terre, c’est la faute à Gauvain Sers.

À Thou Bout d’Chant, 16 mars




Charlotte ROBERT
Journaliste

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