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Hercule et dark Vador : mythes d'hier et d'aujourd'hui

le 04 novembre 2016 - Gallia Valette-Pilenko - Exposition

Hercule et dark Vador : mythes d'hier et d'aujourd'hui
© Patrick Ageneau

Pour fêter les 20 ans du musée archéologique de Saint-Romain-en-Gal qui n'a jamais été inauguré, le Louvre s'y invite pour quelques mois avec l'exposition Mythes fondateurs, d'Hercule à Dark Vador.

C'est par l'Aphrodite, acquise par le musée archéologique de Saint-Romain-en-Gal en 2012, longtemps prénommée la Nymphe de Sainte-Colombe, que s'ouvre l'exposition Mythes fondateurs, d'Hercule à Dark Vador. Initialement conçue pour la Petite Galerie du Louvre (un espace dédié à l'éducation artistique et culturelle créé en 2015 par le plus célèbre musée du monde), cette exposition retrace l'origine des mythes, mêlant objets archéologiques et objets ethnologiques, anciens et nouveaux, au fil de 90 œuvres, dont une vingtaine exposés spécifiquement pour Saint-Romain-en-Gal à l'occasion de son 20è anniversaire.

Comme cette minuscule statue de Junon, exposée pour la première fois alors qu'elle est dans les réserves depuis l'ouverture du musée en 1996 (voir encadré). On chemine de statue d'albâtre en tablette sumérienne, de couteau d'apparat papou en masque kanaga dogon, des collections du Louvre, de Saint-Germain en Laye, du Quai Branly, à celles des Beaux-arts de Lyon, du musée Africain et d'un petit musée méconnu niché dans les monts du Lyonnais, le musée d'Océanie qui rassemble une collection d'objets récupérés par les Maristes.

À la (re)découverte des mythes de la création du monde, qu'elle soit racontée par les Grecs, les Papous, les Dogons, les Yorubas, les Maoris, les objets, tous plus étonnants les uns que les autres, accompagnent les curieux  dans un périple où ils croisent Orphée, Aphrodite et bien sûr l'incontournable Héraclès plus connu sous le nom d'Hercule mais davantage représenté en Grèce qu'à Rome. Sans parler d'Icare et de son père Dédale ou de héros de notre époque tels Dark Vador ou Superman.

Conçue comme un écrin ou le visiteur se promène entre ombre et lumière, nuit et jour, découpée en quatre grandes sections, cette exposition fait voyager aux quatre coins du monde et de la préhistoire à aujourd'hui. Jamais ennuyeuse, multipliant les supports et les disciplines, statuaire, papyrus, peintures, photographies, elle permet d'admirer des pièces magnifiques comme un très beau tableau de Pieter Huys de 1547, La tentation de Saint-Antoine, un magnifique tiki en pierre, une somptueuse porte dogon, des vases grecs à la remarquable minutie et une installation contemporaine de Marie Péjus et Christophe Berdaguer, 7ème Continent, prêtée par le Musée national d'art moderne et présentée pour la seconde fois seulement dans sa configuration originelle, une demi-sphère lumineuse entourée d'une spirale de fils électriques bancs, telle une planète vue en plongée. À admirer sans modération, sans oublier d'aller faire un tour dans les espaces permanents et sur le site archéologique lui-même, l'un des plus importants lieux gallo-romains de France.


Musée gallo-romain de Saint-Romain-en-Gal, jusqu'au 2 avril

www.musees-gallo-romains.com

Junon

Pour la première fois, la minuscule Junon de 2 cm sort des réserves. Il faut dire que le conservateur en chef M'Hammed Behel, arrivé il y a trente ans, avant même la construction du musée cherchait une grande statue, pour l'avoir vue sur des affiches à l'époque. En fait, elle se cachait dans une boîte d'allumettes. Trouvée sur le site au début des fouilles, il y a cinquante ans, à proximité de la maison des dieux Océan, cette statuette figurait sans doute en bonne place sur un autel domestique, comme on en trouvait dans toutes les villas gallo-romaines de cette époque, ou se portait en amulette. Junon est en effet la déesse de la fécondité, de la maternité et du mariage et a pu être assimilée à une déesse-mère gauloise. Approximativement datée du IIème ou IIIème siècle après J.C., elle est en bronze, représentée avec un miroir dans la main gauche et une patère dans la droite.



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