Fermer la publicité

"Honneur à notre élue", conte cruel de la politique

le 12 avril 2017 - Gallia VALETTE-PILENKO - Spectacle vivant

"Honneur à notre élue", conte cruel de la politique
DR - Honneur à notre élue de Marie N'Diaye, mise en scène de Frédéric Bélier-Garcia

Après trois semaines au théâtre du Rond-Point, la dernière pièce de Marie N'Diaye arrive sur les planches du théâtre des Célestins. Coïncidence troublante du calendrier théâtral !

À deux semaines des élections, Honneur à notre élue de Marie N'Diaye tombe à point nommé. Elle met en scène une femme politique à la probité exemplaire (tiens, tiens!) qui finalement sera déchue. Créée en février dernier au Quai-CDN d'Angers par son directeur Frédéric Bélier-Garcia, la dernière pièce de Marie N'Diaye (prix Goncourt 2009 avec Trois femmes puissantes) prend à contrepied l'image de la politique actuelle. Écrite pendant les dernières élections municipales elle ressemble à une fable moderne où il n'est pas seulement question de politique mais davantage de notre propension à la crédulité et de notre faculté d'oubli.

La scène s'ouvre sur un écran de télévision dans la pénombre et des ombres. Une femme défend son « élue » qui vient de gagner les élections d'une ville portuaire où celle-ci est au service du bien-être de ses habitants. En face, l' «opposant» impeccablement incarné par Patrick Chesnais, et son adjoint Sachs se désespèrent et cherchent des moyens d'enfin empocher le siège. En fait, ils visionnent la scène qui s'est déroulée trois ans et demi plus tôt pour tenter de trouver « quelque chose de franchement dégueulasse à lui jeter dans les pattes ».

Ce seront deux vieux abominables, formidables Chantal Neuwirth et Jean-Paul Muel, qui se prétendent ses parents, alors qu'elle a toujours dit qu'ils étaient morts, qui viendront pourrir son quotidien, son foyer et répandre d'affreuses calomnies sur son compte et ce qu'elle leur aurait fait subir... jusqu'à lui coûter son poste de maire.

Il est ici question de fascination pour le pouvoir, mais aussi de fascination pour la chute puisque l' «élue», impassible Isabelle Carré, ne se défend même pas et accepte la défaite comme une sorte de délivrance. En effet, si la mise en scène joue à fond l'actualité électorale, avec écrans en surimpression et ambiance de soirée d'élections, la pièce de Marie N'Diaye va fouiller plus loin. Tant mieux !

Théâtre des Célestins, jusqu'au 20 avril, www.celestins-lyon.org



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide