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Peinture : Jean Couty en son musée

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Peinture : Jean Couty en son musée
Charles Couty devant le musée consacré à son père

Une école, une médiathèque, un espace aquatique portent le nom de Jean Couty. Manquait un musée. C'est chose faite, grâce à son fils Charles. Le Musée Jean Couty vient d'ouvrir ses portes à quelques mètres de la maison familiale et de l'atelier de l'artiste, face à l'Ile Barbe (Lyon 9e).

« Si tu peux faire un musée, fais-le. Ne m’enterre pas deux fois », confiait, dans un éclat de rire,  le peintre Jean Couty (1907 - 1991) à son fils Charles. « Pour Jean, la peinture était une passion. Il sortait de la maison pour s’imprégner de la Saône dolente, prise sous les glaçons en hiver. En voiture, il s’arrêtait, tirait son carnet de dessin de sa poche. En plein déjeuner, il quittait la table… ». Son épouse Simone,  se souvient : « “Je peins, disait Jean Couty, avec la brosse, les doigts, le nez“. Homme de liberté, il tenait à garder son indépendance vis-à-vis des marchands. Pour ne pas devenir un fabricant de peintures. »

Le musée d’art moderne et contemporain Jean Couty se déploie sur 800 m2 et deux niveaux : au rez-de-chaussée, l’entrée, un bel espace boutique initié par Myriam Couty, épouse de Charles.

Blancheur monacale. Silence habité du flamboiement coloré des toiles. Plus de 150 huiles/toiles, dessins, pastels, fusains montrent l’œuvre  solaire  du peintre. Le parcours chronologique invite le visiteur à découvrir les différentes  périodes et  techniques de l’artiste. De grands formats accueillent l’hôte. « Un résumé des thèmes de l’exposition », explique Charles.

New-York (1977) s’impose par sa verticalité. Mai 68 gronde dans une confusion de police casquée, jeunesse tout feu, tout flamme dans des camaïeux de gris. Le monumental triptyque Les hommes sur le chantier (1976-1978) montre des ouvriers en plein labeur. A l’horizon : des grues sur fond d’échafaudages. Le 8 décembre (1963), vu de la Saône : présence de la lumière à travers la vitre des fenêtres. Venise (1976) et ses gondoles en forme de croissant de lune sombre. Eglise Notre Dame (1962), à la pierre forgée dans la piété. Non loin, des Marie-Madeleine. Huiles sur toile, travaillées dans l’épaisseur d’un médium, où chantent des couleurs primaires sorties du tube - héritage du fauvisme -, prises dans des fondus souvent de gris. « Mon père aimait les orangés incandescents, les bleus toniques », rappelle Charles.  

L’élève de Tony Garnier évoque Lyon en devenir

Les toiles de jeunesse des années 30 laissent la place à des portraits, scènes de genre, natures mortes, églises romanes, chantiers, vues de Lyon. Les Lyonnais reconnaîtront l’Ile Barbe encerclée par la Saône, la fumée des locomotives de la gare de Vaise, la place Saint-Rambert, vue de l’atelier… Mais aussi des paysages de Bretagne, de Crête, ensoleillés.

Parmi les portraits : ceux des parents du peintre, de sa mère, pleins de  tendresse. La grand-mère, prise dans une raideur apparente ; la sœur du peintre Christilla (18 ans) lisant ; à nouveau à 80 ans, en clarisse. Autres visages : ceux d’Afghans souffrants.

Parmi les scènes de genre, retenons La récréation (1947) : quatre petites filles  sous l’œil  de quatre religieuses. L’enfant aux kikis orangés grimace. Avec Le cercle de famille (1962), le regard plonge dans l’intimité d’une famille. Nappe blanche. Pain, vin, nourriture terrestre et spirituelle sont omniprésentes chez Couty. Ses églises romanes  solides s’élèvent, mystiques,  construites par les maçons-bâtisseurs  bourbonnais, ancêtres du peintre.

L’architecte, élève de Tony Garnier, évoque Lyon en devenir. Sous la protection  de la Vierge dorée, quais, rues, places vibrent au soleil, dans la brume, sous la neige. Paysages, parfois sans personnage. Joie offerte d’unepromenade personnelle,  sur toiles. Emotion, éblouissement d’une peinture jamais désincarnée. « Une œuvre est faite pour être montrée. Par ce musée, mon mari vit encore », conclue Simone Couty.  

Musée d’art moderne et contemporain Jean Couty, l, place Henri-Barbusse, Saint-Rambert-l’Ile-Barbe, Lyon 9e, tél. 04 72 42 20 00, www.museejeancouty.fr - Ouvert du mercredi au dimanche de 11 h à 18 h




Fabien RIVIER
Journaliste

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