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La généalogie successorale à la croisée de l'Histoire et des histoires familiales

le 13 avril 2017 - Severine RENARD - Vie juridique

La généalogie successorale à la croisée de l'Histoire et des histoires familiales
DR - Le bureau lyonnais d'ADD Associés est dirigé par Alexandre Lombard.

Spécialisée en généalogie successorale et recherche d'héritiers, l'étude ADD Associés voit le métier évoluer sous les effets de la mondialisation et de la digitalisation.

Loin de la généalogie familiale qui identifie les ancêtres d’une famille en remontant les siècles, ADD Associés travaille avec les notaires, administrateurs judiciaires, compagnies d’assurance-vie, organismes financiers… « Nous recherchons les héritiers de sang et les légataires inconnus ou disparus, nous certifions les dévolutions successorales, nous représentons les héritiers ou délégataires retrouvés lors du règlement de succession, nous identifions les bénéficiaires des assurances-vie ou les héritiers de titulaires de comptes bancaires en déshérence, nous revendiquons les biens et avoirs pour le compte de familles spoliées… », énumère Alexandre Lombard, directeur du bureau lyonnais d’ADD Associés. Des missions essentielles face à la judiciarisation de la société française.

En France, la généalogie successorale représente 150 entreprises employant 1 000 personnes. « C’est une économie d’un milliard d’euros qui se répartit entre les versements à l’Etat au titre des droits de succession pour 500 à 550 M€, les versements aux héritiers retrouvés pour 300 à 350 M€ et le solde correspond aux honoraires des entreprises », détaille Antoine Djikpa, gérant-associé d’ADD Associés et président des Généalogistes de France. Sur 500 000 décès en moyenne chaque année en France, 15 000 successions requièrent l’intervention de généalogistes. La Loi Eckert de 2014 sur les contrats d’assurance-vie non réglés et les comptes bancaires en déshérence dopent également le marché : ils concernent environ 15 000 dossiers/an.


Et alors que, depuis 2-3 ans, le ministère de la Culture s’est emparé du sujet de la spoliation des familles juives par les nazis, ADD Associés devrait créer un département dédié. « La restitution des œuvres d’art volés pendant la seconde guerre mondiale est un vrai enjeu », insiste le président des Généalogistes de France

Mais c’est surtout l’international et le numérique qui ont changé la donne ces dernières années. « 30 % des dossiers nécessitent une recherche à l’étranger », souligne Antoine Djikpa. Les généalogistes sont en première ligne pour constater les flux migratoires politiques et économiques. « L’Histoire rencontre les histoires individuelles », résume Antoine Djikpa. Pour faire face à cette réalité, ADD Associés a ouvert des bureaux à l’étranger. Mais le maillage territorial en France est tout aussi important pour être présent auprès des partenaires et des héritiers représentés. Pourtant, la place nouvelle et prépondérante des technologies de l’information amène peut-être à moins de déplacements et raccourci les délais.

Les recherches en ligne bouleversent la façon de travailler, mais nécessitent de gros investissements dans la création de bases de données. « Pour faire vivre les données et pouvoir les réutiliser, nous avons investi plusieurs milliers d’euros », confirme Antoine Delabre, gérant-associé d’ADD Associés. Cent millions de données sont ainsi indexées dans la base de l’étude ! Dans ce contexte d’internationalisation et de numérisation, il y a fort à parier que le marché se concentre dans les prochaines années.

ADD Associés digest

Créée en 1990 à Paris avec 3 personnes, l’étude ADD Associés compte aujourd’hui une centaine de collaborateurs dont 27 chercheurs et 14 juristes. Les équipes se répartissent entre les 14 implantations en France (Aix-en-Provence, Bayonne, Beaune, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Lyon, Metz, Nantes, Nice, Paris, Rennes, Rouen, Strasbourg, Toulouse) et les 4 bureaux à l’étranger (Espagne, Maroc, Pologne, Vietnam).
« Nous allons continuer notre développement pour asseoir nos compétences aussi bien au niveau national qu’international », explique Antoine Delabre. Zones ciblées : le Nord de la France, Tours, les pays anglo-saxons, l’Italie et l’Espagne. A Lyon, le bureau dirigé par Alexandre Lombard emploie 4 collaborateurs, dont une recrue récente en la personne d’Alexis Rauber, juriste responsable de secteur, arrivé début février.

ADD Associés réalise un chiffre d’affaires de 17,5 M€ et traite 4 000 dossiers par an. Pour la vérification de dévolutions successorales, un travail d’un à deux mois, facturé au forfait, est nécessaire. Pour la recherche d’héritiers, avec un engagement à gérer le dossier en 6 mois, l’étude se rémunère par un pourcentage de l’actif successoral revenant à l’héritier et par une part variable en fonction du degré de parenté.



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